Mardi 20 Février 2018
Rédigé par Paul Idczak. Modifié le 11 Mars 2018

Yarol Poupaud, ça gratte dans le 9e


Les multiples projets du dernier guitariste de Johnny Hallyday s’orientent autour d’un point névralgique : le 9e arrondissement. Rencontre électrique.


Yarol Poupaud, le 25 janvier au Bus Palladium (©Paul Idczak/D9)
Yarol Poupaud, le 25 janvier au Bus Palladium (©Paul Idczak/D9)
«Ma première fois sur la scène de l’Olympia, c’était inoubliable !» En évoquant ses grands moments vécus dans le 9e, Yarol Poupaud a des étoiles dans les yeux. Le musicien vit dans l’arrondissement depuis dix ans avec sa compagne, l’ex-mannequin Caroline de Maigret, et leur fils Anton, 11 ans. Cela fait en réalité trois décennies que le guitariste arpente les hauts lieux musicaux du nord de Paris. Pas étonnant, donc, qu'il nous accueille au Mansart, un bar situé à deux pas de chez lui.

De la terrasse, on aperçoit le Moulin Rouge, qui brille au bout de la rue Pierre-Fontaine. Le quotidien parisien de Yarol Poupaud s’oriente autour des lieux, entre 18e et 9e, dans des artères qui prennent vie une fois la nuit tombée. «Je viens beaucoup ici, l’ambiance est géniale, avoue le musicien aux cheveux frisés. Mais j’adore aussi le Pigalle Country Club 

Le Bus affiche complet

Ces lieux ne résonnent néanmoins pas autant dans l’esprit du guitariste que le Lautrec, rue Pigalle, aujourd’hui rénové. Un bar quasi fait maison («C’était des potes à moi qui avaient aménagé la cave !») où l’artiste a vécu des dizaines de soirées inoubliables, la guitare en bandoulière : «C’était magnifique, il faisait super chaud, il y avait des tonnes de gens, même jusque dans la rue…»

C’est une des particularités des concerts de Yarol Poupaud : une foule d’habitués s’y masse, trustant les trottoirs menant à l’intérieur de salles pourtant loin d’être les plus grandes de la capitale. Le Bus Palladium fait partie de ces endroits où Yarol et Black Minou groupe créé aux côtés de son frère, l’acteur Melvil Poupaud ont leurs aises. «C’est un lieu historique du rock parisien», reconnaît le guitariste. Il a commencé à fréquenter le Bus à la fin des années 80. A l’époque, il y joue avec FFF, qui commence à se faire connaître à l'international. En 1993, la formation gagne «un Bus d’Acier», prix annuel jadis remis au Bus Palladium  pour récompenser le groupe français de l’année. «C’était l’âge d’or de Pigalle», se souvient le musicien, qui a également composé la bande originale du film portant le nom du club, sorti en 2010.
 



Guitariste, compositeur, chanteur, producteur… Yarol Poupaud ne fixe pas de limites à ce qu’il crée. « Je reste musicien avant tout », tempère-t-il. Car ce qui le motive et le fait vibrer, c’est la scène (« Les concerts, c’est vital pour moi ! »). Dans les années 2000, il s’est pourtant éloigné des feux des projecteurs pour se consacrer à la production. Aujourd’hui, il avoue sans broncher que ce rôle n’était pas fait pour lui : «J’ai arrêté de produire d’autres artistes parce que ça ne leur rendrait pas service». Sa maison de production Bonus Track Records, basée dans le 9e, sert désormais uniquement à produire la musique de FFF et Black Minou, les groupes du guitariste.

Johnny et Johnny

«Je suis bien embêté quand on me demande quel genre de musique je fais !» A tout moment en effet, écouter la musique de Yarol Poupaud, c’est l’assurance de naviguer entre les genres. «J’aime la soul, le funk, le blues, le rock, le jazz, la musique africaine, berbère…», énumère-t-il. Avec Black Minou, il se plaît notamment à reprendre des classiques en concert, comme Gimme Some Lovin des Blues Brothers. Logique pour celui qui « essayait de repiquer les plans de Chuck Berry et d’Eddie Cochrane » lorsqu’il apprenait à manier la guitare. Ado, le concert à l’Olympia de l’interprète de Johnny B. Goode le marque d’ailleurs durablement et lui donne envie de «jouer sur cette scène mythique».

Trois décennies plus tard, il passe à un autre Johnny, en devenant directeur musical de l’Idole des jeunes. Deux hommes liés par un amour de la scène, du rock, du blues, mais aussi du 9e arrondissement, où Johnny Hallyday est né et a grandi. «J’aurais adoré connaître le quartier dans les années 50 et 60, l’atmosphère devait être incroyable à l’époque», avoue Yarol Poupaud à l’évocation de la Bande de la Trinité.

Avec Johnny Hallyday, qu’il a toujours admiré (« Sa force, c’est d’avoir toujours su se réinventer »), le guitariste réoriente vers le rock les compositions et les concerts. Un mouvement qui s’est fait de lui-même, reconnaît Yarol en riant : «Je n’ai pas eu besoin de beaucoup brusquer Johnny pour qu’il revienne à ses origines musicales !» Fidèle à ses habitudes d’ «anti-puriste», Yarol Poupaud laisse dès son arrivée les musiciens de Johnny s’exprimer comme ils le souhaitent. « J’avais envie que chacun amène une touche personnelle dans la couleur du concert, qu’ils ne se contentent pas de jouer ce qu’on leur demande», révèle-t-il. 

La relation entre Johnny et Yarol Poupaud en une vidéo :




On en revient invariablement à la scène. Le 25 janvier dernier au Bus Palladium, Yarol Poupaud a rejoué pour la première fois depuis la mort de Johnny Hallyday. Normal, le live est «une drogue» soignant les maux d’un soliste dont le Graal serait de jouer «au Madison Square Garden» de New York. En attendant que ce (lointain) rêve se réalise, le guitariste prépare le premier album de Black Minou («il sortira cette année ») et n’a, au fond, qu’une seule vraie envie : «Continuer à faire de la musique et à donner du plaisir aux gens !»

Paul Idczak



Infos pratiques

Où voir Yarol Poupaud jouer dans le 9e ?
FFF au Bus Palladium, 15 mars 2018. 
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