Lundi 2 Juin 2014
Rédigé par Nassima Ouaïl. Modifié le 14 Novembre 2014

Vanupié, 34 ans, de l'agence de pub à la chanson dans le métro


Dans une autre vie, Vanupié était concepteur- rédacteur dans une agence de pub. Aujourd’hui, ce chanteur de reggae vit sa passion dans le métro. Récit d'une métamorphose.


Vanupié / ©Nassima Ouaïl
Vanupié / ©Nassima Ouaïl


Vous avez certainement déjà rencontré Vanupié  à Pigalle, en quête de son futur instrument de musique, ou en train de chanter dans le métro, pieds nus, à Châtelet ou ailleurs... Ce natif de Gif-sur-Yvette, qui arbore, à 34 ans, un look de rasta et de longues dreadlocks blondes, traîne souvent dans le 9e. «Quand j’étais ado, mon père m’emmenait dans les magasins de musique là-bas», lance le chanteur, lunettes de soleil sur le nez. «C’était ma sortie du week-end !» 

Vanupié -ou «va-nu-pieds» (personne qui vit dans la misère)- ne nous donnera pas son vrai prénom. Mais il accepte de nous raconter son parcours. Petit déjà, il baigne dans la musique, avec un père guitariste. «À 3 ans, je lui volais sa guitare et vers 8 ans, j’ai eu la mienne». Il habite alors à Annecy, et rêve de devenir musicien. «Mais mes parents préféraient que je fasse un "vrai" métier».

"Beaucoup de travail, mais pas de vie"

Ce vrai métier, il le décroche après avoir intégré une école de publicité en alternance, à Paris. Assistant directeur artistique, concepteur-rédacteur, le jeune homme gagne sa vie dans les plus grandes agences parisiennes, malgré un bac raté. «Lorsque je travaillais à Pigalle, le midi, j’allais essayer des guitares et je me mettais à jouer avec l’assistant du magasin de musique», se souvient-il en tirant sur sa cigarette. «L’ambiance était cool en agence, on travaillait beaucoup, on s’amusait, mais nous n’avions pas de vie.» À 25 ans, le décès de son grand-père va l'inciter à se poser des questions sur sa vie ainsi que sur sa véritable passion.

Rencontre avec le reggae-soul

Du jour au lendemain, Vanupié arrête son job dans la publicité et voyage aux quatre coins du globe pendant deux ans. Europe, Amérique Latine...et surtout les Caraïbes. «Je me suis posé, retrouvé avec moi-même et j’ai réfléchis à ce que je voulais faire vraiment», confie cet amoureux de la nature. «Pour certains, lâcher un si bon boulot, c'est de l’inconscience» raconte son actuel manager Marc Mourguiart. «Pour lui, c'était plus qu'un besoin et il l'assume.»

Lors de petits concerts, il se fait repérer par une maison de disque, puis sort un premier album, qui marche plutôt bien. «Cela ressemblait à du Sanseverino », plaisante-t-il. Un style éloigné de sa musique actuelle: «je n’avais pas envie de me professionnaliser dans la chanson française.» Ce qui l’attire vraiment, c’est Bob Marley, découvert très jeune. Il va dès lors se lancer dans ce qui lui tient à cœur: le reggae-soul.
 

Le métro, une «super salle de répét»

Vanupié, station "Châtelet-les Halles" / ©Nassima Ouaïl
Vanupié, station "Châtelet-les Halles" / ©Nassima Ouaïl
Pour remplir des salles, il faut se faire connaître. Vanupié se tourne alors vers les castings pour les musiciens du métro de la RATP (Espace Metro Accords). Après une session d'auditions, les essais sont concluants. «Je suis un V.I.P maintenant!», blague t-il. Les gens s’arrêtent de 5 à 15 minutes, écoutent un petit moment, applaudissent, et repartent. 

Son rituel: une heure de méditation sur place avant de chanter. Pour lui, le métro est une «super salle de répét'», un «super baromètre». Sa voix mélodieuse, envoûtante et sa nonchalance détonnent avec le rythme et l’agitation des couloirs des chemins de fer parisiens. «Je dois clairement ma notoriété au métro», affirme le jeune homme en tripotant ses dreadlocks. «Le métro m’a rendu humble. J'ai d’ailleurs le même trac que lorsque je suis sur une grosse scène.»

Un dernier disque qui parle d'amour, de voyages et de liberté

«En tous cas, je conseille à tous les musiciens de faire le métro. Même les gens connus. Tu apprends des choses que tu n’apprends pas ailleurs.»

Fin 2013, le chanteur sort “Freebirds ”, un album réalisé avec l'aide de Flox, un compositeur de reggae britannique que Vanupié adulait, plus jeune.  Le gamin qui volait les guitares de son père a aujourd'hui réalisé ses rêves. «Je me sens libre à 100%», glisse-t-il en guise de conclusion.

                                                                                                                

Infos Pratiques
Vanupié Officiel
Facebook: facebook.com/VanupieOfficiel
Twitter: @VanupieOfficiel

 

Concerts à venir en France:
8/06: Festival les petites folies en Pays d’Iroise - Lampaul-Plouarzel, Porspaul (29)
20/06: Solo Fest - Mondeville (14)
27/06: Red Party - le Chato'Do - Blois (41)
04/07: (trio) Festival de la Bouchure - Commentry (03)
05/07: (trio) Pyrene Festival - Bordes (64)
16/07: Festival Relâche / Les Vivres de l'Art - Bordeaux (33)
17/07: le Bibam Bar - St Jean de Luz (64)



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1.Posté par Dermoum Hassiba le 23/12/2017 11:07 (depuis mobile)
Bravo.
Faire le choix de '''' se vivre''''
Faire sa voix et ne pas subire.
Tout un art !!!

2.Posté par Dermoum Hassiba le 23/12/2017 11:08 (depuis mobile)
Bravo.
Faire le choix de '' se vivre''
Faire sa voix et ne pas subire.
Tout un art !!!

3.Posté par Marie le 14/07/2018 16:01
Pourquoi un français qui chante toujours en anglais? Il faut penser à ceux qui ne le parlent pas... Ce jeune homme va se produire dans ma ville la semaine prochaine, alors après avoir regardé sur YouTube ses prestations pour me faire une idée.... et bien je ne me déplacerai pas . Des histoires auxquelles je ne suis pas invitée dans mon propre pays....!

4.Posté par laurent le 18/10/2018 18:05
Très bon nouveau chanteur et compositeur, Il chante en anglais c'est son choix, mais il va bientôt être un peu obligé de faire un mix. La Broussaï groupe populaire français chante en français, et le reggae français eh bien ça le fait et même très bien.

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