Samedi 24 Mars 2018
Rédigé par Clémentine Sabrié. Modifié le 30 Mars 2018

Soirée sensorielle au Studio


Jeudi soir, le Studio ouvrait ses portes sur une soirée dans l'ombre. Le principe : développer les autres sens que la vue à travers des sets de musique, des dégustations et des cours de yoga les yeux bandés.


Le bar du Studio, décoré par le dyptique "Apollo" de Garth Bowden (©Clémentine Sabrié/D9)
Le bar du Studio, décoré par le dyptique "Apollo" de Garth Bowden (©Clémentine Sabrié/D9)


Une vingtaine de personnes discutent autours d’un cocktail dans la pénombre du Studio Club, jeudi 22 mars, pour la soirée « Night Experiments ». Le murmure de leurs conversations couvre à peine la musique électro douce. Quelques trentenaires franchissent la porte vitrée et descendent la volée de marches pour arriver dans le bar, à droite.

A gauche des escaliers, certains se baladent dans la salle de danse. Ils observent les œuvres de l’artiste britannique Garth Bowden. La pièce est garnie d'un grand miroir et de barres de danse le long des murs. Pour l'exposition Momento Mori, six panneaux de bois de tailles différentes percés de trous et de lignes ont été apposés aux murs. Les motifs sont éclairés par des LED placées derrières le bois. Les dessins que forment la lumière ressortent dans la salle éclairée seulement par quelques bougies et la lumière des réverbères de la rue.
 

Exacerber les sens

«Les œuvres sont mises en valeur dans le noir», explique Anne-Charlotte Palmieri, organisatrice des événements et des soirées du Studio. Chaque semaine, une ou deux soirées sont organisées autour d’un thème, mais ce soir est particulier. C’est la première fois que le Studio reçoit dans l'obscurité. «Quand on voit moins, les autres sens sont exacerbés», ajoute Anne-Charlotte.

L'artiste Garth Bowden fait visiter son exposition à une dizaine de personnes. Longiligne, il domine le groupe de sa haute stature. Il aime travailler avec la lumière qu'il trouve «ambiguë». Pour réaliser une partie de ses œuvres, le britannique perce des trous en suivant les veines du bois de manière «organique». «Chaque arbre a une histoire unique, donc chaque œuvre est différente», développe-t-il en franglais.
 



Pour ses travaux plus «géométriques», le plasticien Bowden perce la planche de bois de gauche à droite verticalement. Les trous créés forment un code binaire, qui forme une «matrice». «Cela représente le début du langage, qui commence quand on différencie une chose et une autre», raconte Garth Bowden.
 

Titiller l'ouïe

Les visites de l'exposition s'interrompent et un groupe de quatre musiciens prend place au milieu du bar. Damien, Arnaud, Jean et Arthur forment Dot Legacy. Ce soir, pour leur premier concert acoustique, ils ont adapté leur musique, très rock habituellement, à la sérénité qui règne.
 


Dot Legacy, formé en 2007 au lycée Carnot du 17e arrondissement, a été résident au Studio pendant plusieurs mois avant de partir en tournée en Amérique Latine. Les quatre garçons s'entrainaient dans l'un des studios de musique du sous-sol.

Ce jeudi soir, ils jouent plusieurs de leurs compositions, comme Paramount, Stereo Field of Delay  et VivendoSó. Ils reprennent également des grands classiques tels que Take On Me de a-ha et Wicked Game de Chris Isaak. Damien, le chanteur, qui a gagné un Emmy Award pour son travail d'ingénieur du son sur un autre projet, envoute l'audience de sa voix mélodieuse.
 

Yoga à l'aveugle

Après le premier set des Dot Legacy, une vingtaine de personnes se dirige vers la salle de danse. Des tapis de gym ont été installés au sol. Les participants qui le souhaitent peuvent se bander les yeux pour exacerber leur ouïe, leur toucher et pourquoi pas, leur odorat. La salle est éclairée par quelques bougies et les œuvres de Bowden. Jessica, qui dirige la séance, met une petite musique d'ambiance douce et invite la salle à se détendre. En dehors de la salle de danse, les personnes ne participant pas à la séance sont invitées à chuchoter pour ne pas déranger la relaxation des autres.
 

La salle de danse du Studio est ouverte aux visiteurs pour découvrir quelques panneaux de Bowden (©Clémentine Sabrié/D9)
La salle de danse du Studio est ouverte aux visiteurs pour découvrir quelques panneaux de Bowden (©Clémentine Sabrié/D9)


«C'était la première fois que je faisais de yoga dans le noir ! C'était super cool, très relaxant. Même si ce n'était pas évident au début avec les positions, l'atmosphère a aidé et la prof était géniale», sourit Méline, une étudiante, en sortant de la séance d'une demi-heure.

Les Dot Legacy entament une deuxième session. Héloïse, avocate, et Jean-Baptiste, ingénieur, viennent de s'asseoir tout près du groupe. La jeune femme connait très bien le Studio, puisqu'elle y prend régulièrement des cours de yoga et de danses - hip hop, tango et swing. Son ami Jean-Baptiste l'a suivie car «après le travail, un cours de méditation ne peut faire que du bien

Clémentine Sabrié

Infos pratiques


Le Studio
38-40 rue de la Victoire
Métro : ligne 12, arrêt Notre-Dame-de-Lorette



Vous aimerez aussi
< >

Nouveau commentaire :







La playlist de septembre