Vendredi 5 Décembre 2014
Rédigé par Alexis Patri. Modifié le 4 Décembre 2014

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La bibliothèque Chaptal a accueilli samedi 28 novembre la compagnie 10 doigts et son spectacle de contes en français et en langue des signes. L’objectif est de donner aux enfants de 2 à 5 ans le goût du livre.


Olivia Le Divelec (à droite) a été formée à l'International Visual Theatre, dans le 9e. ©Alexis Patri/D9
Olivia Le Divelec (à droite) a été formée à l'International Visual Theatre, dans le 9e. ©Alexis Patri/D9
Certaines mains claquent, d’autres papillonnent. Sous la coupole de verre de la bibliothèque Chaptal, même les applaudissements sont bilingues. Le spectacle est composé de lectures de contes pour enfants. Il est entièrement produit en français et en langue des signes française (LSF). Dans le public, bien sûr, des familles sourdes ou bilingues, mais pas seulement. Parmi la cinquantaine de spectateurs, la plupart est simplement venue écouter ces contes. Les comédiennes Olivia Le Divelec (fondatrice de la compagnie 10 doigts) et Clémence Colin captivent les enfants pendant 45 minutes alors que les plus jeunes n’ont pas deux ans.

«Donner vie aux livres»

Le spectacle s’ouvre sur une lecture… silencieuse. Page après page, les découpages jaillissent du livre pop-up. Avant chaque nouvelle histoire, le livre doit être trouvé, dissimulé dans le décor comme un trésor précieux. Au-delà d’une simple lecture, la création de la compagnie 10 doigts a une véritable dimension théâtrale. Le meilleur moyen d’attirer l’attention des enfants.  Pour Olivia Le Divelec, le couple parlé-signé «donne vie aux livres».
D’autant que la langue signée de Clémence Colin n’est pas celle du quotidien. La comédienne adapte une langue déjà très expressive aux besoins de la scène, et amplifie ainsi les évènements du récit. L’objectif est de donner aux enfants l’envie d’aller vers les livres. Les enfants entendants ne comprennent pas forcément que les gestes de Clémence sont la parole de d’Olivia, mais ce n’est pas le plus important. 





Les deux comédiennes rappellent que le but n’est pas de sensibiliser à la surdité. La compagnie, propose des ateliers de sensibilisation, très différents de ce spectacle. Le plus important dans les lectures de contes, c’est «l’égalité entre les enfants», souligne Clémence Colin. Ils profitent de l’histoire ensemble, la comprennent en même temps, rient au même moment. Et partagent «une culture commune», celle du livre.
 



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