Mardi 21 Janvier 2014
Rédigé par Zoé Leroy. Modifié le 14 Novembre 2014

Portrait de candidat: Benoît Schneckenburger, la tête la première


MUNICIPALES 2014 - Docteur en philosophie, garde du corps de Jean-Luc Mélenchon et ceinture noire de karaté, Benoît Schneckenburger, 42 ans, est désormais aussi candidat du Parti de gauche dans le 9e.


On a rendez-vous à 17h au café-bar Les Petit Gros, avenue de Trudaine. Il se pointe, dénoue son écharpe rouge, et commande un café. Peu de place pour les banalités, il plonge très vite dans le cœur du sujet.  
 
«Le logement, c’est l’un des gros enjeux du 9e. On doit réquisitionner les logements vides et baisser le prix des loyers.» Sa crainte: la gentrification, «il faut réinjecter de la mixité». Il regrette que les commerces de proximité soient remplacés par des franchises «à cause du prix de loyers» inabordables pour des particuliers. «On n’a pas besoin d’un Zara dans tous les quartiers de Paris s’emporte-t-il depuis 2000, le prix d’un T3 a augmenté de 500 euros, qui peut se payer ça ? Ici, les amis de mon âge, ils se barrent, ils n’ont plus les moyens.»
 
Il habite dans le 10e, «juste à côté du 9e». Cet épicurien sautille d’une idée à l’autre, vite, très vite. En moins d'une dizaine de minutes, il aborde le problème des crèches et de la santé, la privatisation des parkings, des Autolibs et des Vélibs, mais aussi la vie nocturne, autre enjeu important du 9e: «Il faut favoriser le dialogue plutôt que les pétitions interposées et aider financièrement les établissements à s'insonoriser, en contrepartie ils gèrent le bruit à l’extérieur.» 

Couteau suisse

Benoît Schneckenburger est étonnant. D’abord il connaît le prix du ticket de métro. Ensuite il est multifonctions. Couteau suisse du Parti de gauche depuis sa création en 2008, il est membre du secrétariat national en charge de la formation des militants, responsable national du service d’ordre, garde du corps de Jean-Luc Mélenchon «à l’occasion». En formation permanente, il est également docteur en philosophie, professeur au lycée Turgot à Paris et auteur de cinq ouvrages
 
Pour l‘heure, son parti est crédité à 5% dans la capitale. Il balaie le sujet: «C’est juste un sondage.»  Sur le ralliement du PCF au PS, il se dit «déçu». Il lève les yeux au ciel: «Il faudra qu’on m’explique la logique. Comment peut-on dénoncer jour après jour l’austérité du gouvernement et se retrouver sur une liste du PS? C’est schizophrène.» Et une alliance avec les verts? «Nous sommes encore en discussion. S’ils tirent les mêmes conclusions sur la politique actuelle du gouvernement, on les accueille à bras ouverts!» Hollande justement, en un mot? «Social-libéral. Il ne se rend pas compte à quel point il déçoit l'espoir qu'il a fait naître. On n‘a pas le droit de faire campagne sur le changement pour faire ça.» 

Anarchiste, PS, Front de gauche

Benoît Schneckenburger grandit en banlieue parisienne à Colombes. Une famille peu politisée qui votait «vaguement à gauche». Un père DRH chez Renault et une mère engagée dans la vie paroissiale. Lui, il est d’abord anarchiste à la sortie du lycée, un mouvement qu’il quitte assez vite: «Je me suis rendu compte que les groupuscules libertaires d’extrême gauche rejouaient les mêmes relations de pouvoir qu’ailleurs, simplement elles étaient niées.» Il rejoint alors les socialistes «pour peser à gauche dans le parti majoritaire», mais là aussi, il se lasse vite. Jugeant la position du PS intenable lors de l’expulsion des sans papiers de l’Eglise Saint-Bernard en 1996, il part.
 
Ce fan de vieux romans policiers, relit actuellement Machiavel. La légende raconte que, pour se détendre, il discute de matérialisme aléatoire en se promenant à Paris avec Jean-Luc Mélenchon. Il confirme: «Les gens n’y croient pas, mais à un moment faut vider la soupape.» 
 
1m75 et 65 kilos à vue de nez, docteur en philosophie et responsable du service d'ordre du parti, on s’étonne forcément. Il lance un regard, l’air de dire «Et alors?» «Vous savez, c’est un poste politique. On a un service d’ordre mixte qui va du mécanicien au docteur en astrophysique. C’est à l’image du parti.» conclut-il. 
 


 



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1.Posté par Jean-Paul Renoux le 21/01/2014 14:49
Merci !
Excellente interview d'un excellent militant et candidat,
il va être la surprise de ce scruti dans le 9è

2.Posté par Benoît le 21/01/2014 21:03
Bonjour Chère Zoé, pouvez-vous s'il vous plaît m'indiquer où se trouve la rue de Trudaine ?
D'avance Merci

3.Posté par leeloobs le 22/01/2014 01:02
si j'ai bien compris il habite pas dans le dixième : et il ne connait pas grand chose a notre arrondissement ! Aucune propositions concrètes BOF BOF,

4.Posté par Bo le 22/01/2014 10:48
Mais pourquoi est-il candidat dans le 9ème !?

Il habite dans le 10ème et sort des banalités énormes du genre "il faut favoriser le dialogue".

5.Posté par Sophie Leroseau le 24/01/2014 14:36
C'est le genre de candidat pour qui on vote parce qu'on a éliminé tous les autres. Bof bof aussi.

6.Posté par Benoît le 24/01/2014 23:23
Bonjour Chère Zoé, pouvez-vous s'il vous plaît m'indiquer où se trouve l'avenue de Trudaine ?
D'avance Merci

7.Posté par Pedro le 27/01/2014 15:56
Le Parti de Gauche est le seul à demander une loi pour la baisse réelle des loyers à Paris.
Les loyers ont doublé depuis 1997, mais pas nos salaires. Donc, je suis pour. Quoi qu'on en dise, il faut que ça cesse cette folie.

8.Posté par habitante le 01/02/2014 07:37
mon dieu, encore un utopiste la tête dans les nuages, qui n'y connaît rien à l'économie. Fuyons!
mieux vaut une bonne mère de famille, la tête sur les épaules, à la tête de cet arrondissement.

9.Posté par Rupcic le 20/05/2017 16:36
Belle photo fondue dans le noir, on dirait du "Soulages".
Faites appel à un photographe et contactez moi, vous serez soulagé.
Philippe Rupcic, ancien militant PCF et depuis 2012, ami de JLM.
Ceinture noire de judo 2ème dan à - de 20 ans et devenu photographe.

10.Posté par Rupcic le 20/05/2017 16:47
Cher Benoît,

L'avenue Trudaine est parallèle au boulevard Rochechouart qui mène à l'est à Barbès et à l'ouest vers Pigalle.
Voilà pour l'état des lieux de la circonspection.
Cordialement.
Philippe Rupcic

11.Posté par Rupcic le 20/05/2017 17:06
Ou plutôt circonscription, lapsus linguae qui incite à la prudence.

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