Mercredi 28 Mars 2018
Rédigé par Marie Fiachetti. Modifié le 8 Avril 2018

Pollution sonore : les habitants du 9e en ont plein les oreilles


Hier soir, l'observatoire du bruit en Ile-de-France Bruitparif et le conseil de quartier Blanche-Trinité organisaient une réunion publique d'information à l’école de Clichy sur la pollution sonore. L'occasion pour les habitants d'en apprendre plus sur ce phénomène, mais aussi d'exprimer leur mécontentement sur ces bruits qui leur gâchent la vie.


Les nuisances sonores engendrent une dépréciation des biens immobiliers selon Bruitparif. ©MarieFiachetti/D9
Les nuisances sonores engendrent une dépréciation des biens immobiliers selon Bruitparif. ©MarieFiachetti/D9

Paris est une ville bruyante, et les habitants du 9e arrondissement ne disent pas le contraire. Venus en nombre hier soir à l’école de Clichy, ils ont fait entendre leur mécontentement lors d’une réunion publique d’information sur la pollution sonore. Celle-ci était organisée par l’observatoire du bruit en Ile-de-France Bruitparif et le conseil de quartier Blanche-Trinité. À écouter Fanny Mietlicki, la directrice de l’observatoire qui s’exprimait lors de cette réunion, la grogne des habitants du 9e semble être justifiée : «L'Organisation mondiale de la santé classe le bruit en deuxième place des causes environnementales nocives, derrière la pollution atmosphérique. Le bruit peut avoir de multiples conséquences sur le corps humain : perte de l’audition, sensation auditive anormale, troubles du sommeil, anxiété, irritation, stress ou encore manque de concentration.»

Dans le 9e, ces effets poussent certains habitants à bout. Leur colère porte sur deux facteurs de pollution sonore en particulier : la circulation et le tapage nocturne causé par les clients des bars et restaurants, qui s'accumulent parfois sur les trottoirs.

Fêtards et fumeurs sans gêne

Françoise habite rue Pigalle depuis vingt ans. Chaque année, dès l'arrivée des beaux jours, elle est systématiquement dérangée par les clients d'un restaurant en bas de chez elle: «Depuis l'arrivée du nouveau gérant, c'est infernal. Dès qu'il fait beau, il recommence à ouvrir les fenêtres, à poser ses tables dehors. Le bruit dure jusque tard dans la nuit, deux heures voire trois heures du matin ! Pourtant les deux autres restaurants de la rue ne dérangent personne, ils demandent à leurs clients d'être discrets quand ils sont dehors. Ici, c'est bien une question d'incivilité.» Comme pour Françoise, le manque de courtoisie des clients, qui sortent boire et fumer et s'approprient parfois l'espace public, excède les habitants. «Paris est une ville festive, touristique, elle ne veut pas devenir une ville morte», souligne Fanny Mietlicki. «Mais il y a des riverains qui aspirent à vivre et dormir paisiblement et cela doit être respecté.»

Alors, que faire quand les clients d'un commerce font du tapage nocturne et dérangent les riverains ? A Paris, les autorisations d'ouverture des bars et restaurants sont diverses mais fixent généralement la fermeture de ces établissements aux alentours de 2 heures du matin. Pour autant, le tapage nocturne reste interdit. Si des clients présents sur la voie publique sont trop bruyants, il est conseillé de contacter le commissariat central de l'arrondissement. « La brigade de nuit patrouille le soir et effectue régulièrement des contrôles », explique Alexis Govciyan, le premier adjoint à la maire du 9e. « Nous attachons beaucoup d'importance à la prise en compte des difficultés des habitants et des commerçants. Il nous arrive de convoquer les riverains, les gérants, et le commissariat afin de faire le point, car c'est souvent une question de médiation. Si le problème ne se règle pas, on peut aller jusqu'à une fermeture administrative de l'établissement. »

«Entre le bruit des moteurs et des klaxons, c’est l’enfer»

Outre les nuisances liées aux personnes dans les rues, les habitants du 9e se plaignent beaucoup du bruit causé par la circulation. La rue de Clichy et la rue Blanche en sont les principales victimes dans le 9e arrondissement. Géraldine habite rue de Bruxelles. Depuis quelques temps, le carrefour avec la rue de Douai est devenu invivable : «Il y a des feux de signalisation, donc à chaque redémarrage, c'est infernal», raconte-t-elle. «Et puis il y souvent des embouteillages : entre le bruit des moteurs et les klaxons, c'est vraiment l'enfer.»

INFOGRAPHIE. La pollution sonore à Paris

©MarieFiachetti/D9
©MarieFiachetti/D9

Pour résoudre le problème de la pollution sonore due à la circulation, la mairie de Paris a déjà envisagé plusieurs solutions, comme notamment la pose prochaine d'un bitume anti-bruit, qui absorbe le bruit de roulement des pneus. Prévu également, un réaménagement des grands axes de circulation pour les désengorger. Du côté de la RATP, l'adoption de bus hybrides ou électriques a permis d'améliorer la situation. La mairie a aussi mis en place des zones 30km/h dans plusieurs quartiers. Une transition progressive, qui a déjà affecté la rue Blanche dans le 9e. A noter cependant que les mesures effectuées par Bruitparif ont montré que le passage en zone 30 ne résolvait pas vraiment le problème, comme l'explique Fanny Mietlicki : «L'amélioration sonore ne se ressent vraiment que la nuit, moment où les voitures roulent le plus rapidement. La journée, la différence n'est pas vraiment audible.»

Carte de l'indicateur de bruit dû à la circulation Lden, exprimé en décibels, sur une journée complète dans le 9e arrondissement entre 2012 et 2016. ©JonathanGrelier/D9 avec ©Bruitparif
Carte de l'indicateur de bruit dû à la circulation Lden, exprimé en décibels, sur une journée complète dans le 9e arrondissement entre 2012 et 2016. ©JonathanGrelier/D9 avec ©Bruitparif

A l'issue de la réunion, les habitants de l'arrondissement présents n’étaient pas pleinement satisfaits : pour eux, le plus gros problème lié à la circulation, c'est celui des motos. «On paye un nouveau revêtement, on abaisse la limitation de vitesse, mais finalement rien n'est fait contre les motos ! C'est sans espoir !», grommelle un habitant. Géraldine non plus n'a pas été complètement convaincue : «Le bruit dans le 9e est un phénomène qui s'amplifie depuis des années, on en parle beaucoup mais on a l'impression que finalement, aucune solution vraiment efficace n'est proposée.»

Marie Fiachetti

Infos pratiques :

Liste des recours publiée par la mairie du 9e en cas de nuisances sonores : https://www.paris.fr/services-et-infos-pratiques/prevention-et-securite/la-lutte-contre-les-incivilites/nuisances-sonores-4818

Carte entière de l'indicateur de bruit Lden par Bruitparif : https://carto.bruitparif.fr/
 




1.Posté par villière le 29/03/2018 10:48
J'habite le 9ème depuis 1979. L'arrondissement n'a jamais été aussi bruyant. J'habite sur cour et je ne vais donc pas parllé du bruit de la circulation mais bien du voisinage. Actuellement nous ne dormons qu'une nuit sur deux. Le comportement incivil de la majorité des jeunes occupants, célibataires, colocataires, airbnb et autres stagiaires occasionels n'a d'égal que l'agressivité dont ils font preuve à vous répondre si jamais vous vous permettez de leur faire une réflexion. L'idée que faire du "bruit" est interdit seulement en période nocturne est toute à fait courante. Le vacarme récurent à grand renfort de sono, hurlements et nuisances diverses en période nocturne est généralement justifié par un bout de papier laissé dans le hall avec mention "excusez nous pour le bruit....." Une autre source de nuisances due au "turn-over" impressionant de locataires et propriétaires en tout genre sont les travaux. En 10 ans de résidence dans l'immeuble j'essuie les 20ème travaux et tout ce qui va avec: le plastique, le plâtre dans les parties communes, l'ascenseur en panne et les massues, perceuses et autres ponceuses dès 7h du matin, sans préavis. TROPc'est TROP!!!

2.Posté par Bernard-Bonnefoy le 29/03/2018 16:03
Nous habitons sur passage privé (Passage des Deux Sœurs), donc moins impactés a priori par la circulation, toutefois, les scooters et autres 2 roues qui pétaradent volontairement la nuit réveillent des milliers de gens sur leur passage sans être jamais inquiétés par la police (?)
Mais il y a une nuisance sonore extrêmement puissante lorsque l'on habite (et dort) aux étages supérieurs, ce sont les VMC en toiture, qui créent une rumeur violente et permanente 24h/24, 7 jours/7 en toutes saisons, à tel point que l'on doive faire poser des triples vitrages et ne plus jamais dormir les fenêtres ouvertes de toute sa vie ! J'ai fait venir plusieurs fois les services de la préfecture pour mesurer, de nuit et en journée, mais ils n'ont aucun pouvoir sur les responsables car ils doivent les prier d'arrêter les VMC quelques minutes pour mesurer la différence avec l'ambiance sonore "normale", or les responsables des immeubles concernés REFUSENT de laisser exécuter ces mesures, et pour cause ! Tant que l'on n'aura pas de moyens légaux de contraindre ces entités (telles que Le Logement Français), rien ne pourra se faire.
De plus, de petites bandes de dealers squattent régulièrement ce passage "privé" et bavardent fort en faisant leurs petites affaires et en écoutant du rap sur leurs portables, en éclatant régulièrement de rire toute la nuit. Lorsque l'on appelle la police, elle ne vient pas en prétextant qu'elle n'a pas le code ni les moyens d'accéder.
Le trafic a, pas seulement dans les "quartiers sensibles", de beaux jours devant lui. Mais nous ne voulons que LE CALME...

3.Posté par villière le 29/03/2018 16:30
Evidemment les VMC!!!!!!!!les toilettes électriques du voisin et le lave linge la nuit....que dire?

4.Posté par BERNARD-BONNEFOY Danielle le 29/03/2018 16:57
Je ne parle pas des petites VMC de salles de bains, qui ne gênent guère, mais des énormes monstres collectifs en toitures qui font un vacarme comme un autocar en stationnement sous vos fenêtres qui fait tourner son moteur. Ce sont de véritables tours (très laides en plus) qui défigurent le fameux paysage des toits de Paris que notre maire Delphine Bürkli souhaitait inscrire au patrimoine. Hélas, bien amoché le patrimoine...

5.Posté par Barbier le 29/03/2018 21:00 (depuis mobile)
Dans le 9eme depuis 17 ans. J’avais fait poser des double vitrages (niveau rue de Douai rue Blanche) et n’arrivant plus à dormir depuis l’arrivée du pub Roy’s avec ses clients agglutinés sur les trottoirs parfois une quarantaine buvant bière dehors

6.Posté par Barbier le 29/03/2018 21:04 (depuis mobile)
Nous avons du changer et poser des triples vitrage... Certains propriétaires ont dû vendre leurs biens. Rien y fait sans compter les jours de match. Arrêtez de remplacer les rares commerces par des restaurants et qui n’apporte aucun avantage pour les

7.Posté par Barbier le 29/03/2018 21:07 (depuis mobile)
résidents. La laverie de la rue de Douai devient un restaurant et idem pour la boutique bio (fermée) remplacée par un restaurant d’huitres... et quand les trottoirs de la rue Blanche vont être élargies on se demande bien qui va en profiter ? une fois

8.Posté par Barbier le 29/03/2018 21:12 (depuis mobile)
de plus les motos, et les restaurants qui vont élargir leurs terrasses au détriment des riverains. Donc nous on paye pour être pigeon !!! C’est comme le soit disant agrandissement du jardin de la place À. Max,
Aucun intérêt ni avantage !!! Gaspi !!!

9.Posté par villière le 30/03/2018 10:55
Je reprends le discours de Max et je suis totalement d'accord. Des restaurants comme s'il en pleuvait! La rue Cadet qui était il n'ya pas si longtemps encore un marché extraordinaire est devenue une allée à resto. Les seuls survivants et résistants sont la mercerie,le fleuriste, le fromager, les boulangeries, 2 marchands de primeurs, la boucherie chevaline et le marchand de couleur. Les bistros bien sur. Pour combien de temps?

10.Posté par Bernard-Bonnefoy le 30/03/2018 14:26
Je crois que le prédécesseur n'est pas Max, mais il parlait du square Adolphe Max, un peu plus bas que la Place de Clichy.
Cela dit, le sujet est la pollution sonore. Moi je trouve que la rue Cadet, ça va encore... En revanche, certains de ses bâtiments arrière donnent sur mon passage et, comme déjà évoqué, leurs toitures sont pleines de tours de ventilation, horribles et extrêmement bruyantes.
Espérons que la mercerie, le bazar et les boulangeries vont résister... mais c'est que notre quartier devient une espèce de Disney Land, où les touristes (asiatiques principalement) viennent se poser (en rb&b entre autres) pour aller remplir aux Galeries des valises de Vuitton et Chanel en détaxe en inondant les trottoirs d'une foule compacte en vénération à la consommation !

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