Vendredi 9 Mars 2018
Rédigé par Clara Robert-Motta. Modifié le 13 Mars 2018

Les femmes, absentes des rues du 9e


Le neuvième arrondissement a organisé plusieurs activités pour la journée internationale du droit des femmes ce 8 mars. Dont une balade, qui devait mettre à l'honneur les femmes du 9e.


Micgel Güet s'arrête devant les lieux où ont vécu des femmes connues du 9e arrondissement. Il raconte leurs histoires à la douzaine de personnes venues pour la "balade-flânerie". (© Clara Robert-Motta / D9)
Micgel Güet s'arrête devant les lieux où ont vécu des femmes connues du 9e arrondissement. Il raconte leurs histoires à la douzaine de personnes venues pour la "balade-flânerie". (© Clara Robert-Motta / D9)


À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la Maison des associations du 9e arrondissement a mis en place des ateliers ouverts au public pour mettre en lumière les femmes. Durant cette journée, Michel Güet, guide du Patrimoine, a proposé une « balade-flânerie » sur le thème : « Les femmes connues et méconnues du 9e. »

« Derrière tout grand homme, il y a une femme. » explique le guide en guise de d’introduction. « Ou plusieurs » pouffe un septuagénaire. Une douzaine de personnes, majoritairement des plus de 60 ans, même si on l’on compte quelques exceptions, suivent Michel Güet rue Pigalle, rue Chaptal ou encore rue de la Bruyère raconter l’histoire de femmes connues dans ces lieux. Pourtant pour chaque femme qu’il présente, c’est deux hommes qu’il fait connaître. « D’ailleurs Jean Renoir habitait là, il a une plaque à son nom. »

« Quand on parle des femmes, on parle encore des hommes. »

Chantal et Dominique viennent de l'Essonne (91). Pour la journée internationale des droits des femmes, les deux amies voulaient faire une activité ciblée en l'honneur de cette journée. Elles sont un peu déçues : « Quand on veut parler des femmes, on parle encore des hommes. Chacune était la muse de l’un ou la maîtresse de l’autre. » Il est vrai que la visite a été écourtée par la pluie et que le fascicule que Michel Güet a réalisé regorge de plus d’informations sur les femmes du 9e que durant la balade (voir bibliothèque d’images en dessous). Toutefois cette expérience témoigne de la difficulté de parler des grandes femmes de l’Histoire.

Portraits tirés de "Femmes connues et méconnues dans le 9e", réalisé par Michel Güet avec la participation des membres des Conseils de Quartiers et de la MVAC du 9e. Tous droits réservés.

Ce n’est pas une surprise, peu de femmes sont présentes dans les livres d’histoires. Des initiatives font lumière sur des femmes aux parcours et qualités remarquables, à l’instar de la page Tumblr Invisibilisées. Pourtant, c’est la première année que des lycéens étudient l’œuvre d’une auteure (Madame de la Fayette – La Princesse de Montpensier) pour le baccalauréat littéraire.

"L'espace public n'a jamais été pensé pour les femmes."

Pour Michèle Riot-Sarcey, historienne du féminisme, que la balade consacrée aux femmes ait fait la part belle aux hommes s’explique. « Les historiens ne sont pas fourbes, s’ils ne parlent pas des femmes, c’est avant tout parce que l’espace public n’a jamais été pensé pour les femmes. Elles ont été assujetties au domestique, donc à la maison […] on leur a appris à être de bonnes mères mais pas de bonnes citoyennes. »

L’espace public est masculin, cela se retrouve jusque dans le nom des rues. Dans le 9e arrondissement, seules 8 rues sur 192 portent des noms de femmes, un faible chiffre qui se retrouve à l’échelle de Paris : seulement 5% des rues portent des noms féminins.


Clara Robert-Motta



Vous aimerez aussi
< >

Nouveau commentaire :







La playlist de septembre