Vendredi 9 Mars 2018
Rédigé par Thomas Moulin. Modifié le 24 Mars 2018

Le stationnement connecté cherche habitants désespérément


Lancé il y un peu plus d’an en partenariat avec la mairie, le projet collaboratif de la start-up Parking Map, qui cherche à connecter les places de stationnement de l’arrondissement, tarde à prendre de l’ampleur.


Une place de stationnement libre indiquée sur Parking Map (©Thomas Moulin / Dailyneuvième)
Une place de stationnement libre indiquée sur Parking Map (©Thomas Moulin / Dailyneuvième)
«Pour vraiment connecter tout le 9e, il faudrait plusieurs centaines de capteurs», explique Clément Rossigneux, chef du développement de Parking Map. La start-up, domiciliée rue d’Athènes, a fait l’an dernier un pari audacieux : cartographier les places de stationnement disponibles en temps réel, grâce à un capteur installé sur le rebord de fenêtre de quelques habitants du 9e arrondissement

Ces derniers, moyennant une rémunération annuelle de 100 euros, hébergent un boîtier d’analyse d’images, dont le fonctionnement a été validé par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL). Ne remontent aux serveurs de Parking Map que des données anonymisées d’occupation de places : chaque capteur est capable d’analyser entre 50 et 60 mètres de voirie, et de mesurer la taille des éventuels emplacements disponibles.

Toutes ces informations sont disponibles sur une application mobile dédiée, qui compte aujourd’hui plusieurs centaines d’utilisateurs réguliers. Ainsi, une centaine de places des rues Jean-Baptiste Pigalle, Condorcet et de Douai sont aujourd’hui connectées, grâce à l’installation d’une dizaine de capteurs. «Nous sommes encore dans une phase d’expérimentation, nous avons pris le parti d’échantillonner, en connectant des tronçons de rue par-ci par-là», reconnaît Clément Rossigneux. Ce dernier prévoit de déployer dix à vingt nouveaux capteurs d’ici à l’été.

Difficile de recruter des habitants

Le chef de développement de Parking Map n’a pour l’instant pas l’ambition d’étendre le dispositif à toute la capitale. «On s’est rendu compte de la difficulté de recruter les habitants, malgré l’aide de la mairie du 9e et la médiatisation qu’on a pu avoir sur ce projet.» Pourtant la start-up a employé les grands moyens : flyers, communication digitale, courriers aux habitants, … Souvent en vain. «Parmi les volontaires, beaucoup habitent au rez-de-chaussée ou au premier étage, ou bien n’ont pas de stationnement en bas de chez eux.»

De façon générale, le projet est plutôt bien accueilli par les habitants. «Il y a un peu le côté mouchard qui dérange, mais pas tant que ça. Les gens voient bien l’intérêt, même si beaucoup n’ont pas de voiture donc ne se sentent pas concernés.» En effet, seuls 40% des ménages parisiens sont véhiculés. «Les gens qui stationnent en ville ne sont pas forcément les gens qui y vivent», remarque de son côté Philippe Gargov, directeur d’un cabinet de prospective urbaine.

Pas encore de modèle économique

Outre ses difficultés de recrutement, Parking Map n’a de toute façon pas les moyens de financer l’installation de capteurs à chaque coin de rue. «On n’a pas encore trouvé de modèle économique», concède Clément Rossigneux. L’objectif à long terme pour sa start-up : atteindre une masse critique afin de cartographier un espace suffisamment important et créer un mode payant dans l’application. 

«Sur le papier, c’est très séduisant. Mais toutes les applications qui reposent sur la récolte de données auprès des usagers ont le même problème : tant que ça n’atteint pas un effet de seuil, ça ne marche pas», observe le géographe Philippe Gargov. Créé en 2012, Parking Map privilégie encore aujourd’hui la vente de ses solutions de stationnement connecté aux gestionnaires de parkings, comme les centres commerciaux ou les collectivités. 

La voiture dans l'impasse

Le stationnement connecté cherche habitants désespérément
L’enjeu pour ces dernières n’en reste pas moins de taille : une voiture en circulation sur cinq cherche à se garer. «Il n’y a pas de solution miracle. Le principe de ces initiatives est de discerner la place de stationnement disponible mais à Paris, cette dernière reste disponible cinq secondes», constate de son côté Pierre Chasseray, délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes ».  

«Pour réduire la circulation, le problème n’est pas tant de réduire le temps de recherche de place que de réduire le nombre de voitures en circulation», conclut Philippe Gargov. A l’heure où l’usage de la voiture au sein de l’espace urbain est de plus en plus remis en cause, le stationnement connecté ne s’est pas encore affirmé comme une solution crédible à la congestion des centres-villes.
 
Thomas Moulin

Infos pratiques
 


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