Mercredi 29 Novembre 2017
Rédigé par Thomas Moulin. Modifié le 2 Décembre 2017

Le plus vieux terrain de basket du monde bientôt restauré


En 1893, le gymnase du 14 rue de Trévise accueillait le premier match de basket sur le sol européen. L'Union Chrétienne de Jeunes Gens de Paris (UCJG), propriétaire des lieux, cherche à financer la rénovation de la salle, qui pourrait débuter d’ici à deux ans.


Le gymnase de l'UCJG, un lieu au cachet unique et chargé d'histoire (©ThomasMoulin/D9)
Le gymnase de l'UCJG, un lieu au cachet unique et chargé d'histoire (©ThomasMoulin/D9)
Plus d'un siècle après son installation au 14 rue de Trévise, l’Union Chrétienne de Jeunes Gens de Paris (UCJG) souhaite entreprendre la rénovation de ses locaux. Affiliée au réseau mondial des Young Men’s Christian Association (YCMA), l’organisation veut se donner les moyens de continuer à accueillir et former les jeunes du monde entier. Une campagne de collecte de fonds sera lancée en 2018 pour entamer la remise en état du bâtiment d’ici la fin de la décennie. Et en particulier celle de sa salle de basket-ball, symbole de l’héritage sportif laissé par le mouvement protestant américain. 

FRISE. L'histoire de la plus vieille salle de basket du monde


L’objectif de l’UCJG est de restaurer le gymnase à l’identique. «De toute façon, il n’aura jamais l’habilitation d’un gymnase actuel, mieux vaut préserver son authenticité», juge Sylvie Manac’h, la directrice de l’association. D’autant que le parquet parisien est devenu le plus vieux du monde depuis que la salle de Springfield (Massachusetts), où le Canadien James Naismith a inventé le basket-ball en 1891, a brûlé dans un incendie. 

Une rénovation coûteuse

D’origine, la surface a besoin d’être remise à neuf. Posées à bâtons rompus, les lattes du parquet, très épaisses, se détachent à certains endroits. La faute aux effets du temps et à l’humidité provenant d’une rivière souterraine qui s’écoule depuis Montmartre. Traitement du bois, installation d’une nouvelle chape, nettoyage des planches pour ensuite les poser à leur place initiale… une opération titanesque dont le montant est estimé à 80 000 euros. Une gageure pour une association à but non lucratif, qui ne touche aucune subvention publique. 

Le parquet est fortement endommagé et presque inutilisable pour les basketteurs en herbe (©ThomasMoulin/D9)
Le parquet est fortement endommagé et presque inutilisable pour les basketteurs en herbe (©ThomasMoulin/D9)
L’UCJG ne peut compter que sur des fonds privés, les revenus liés à son centre d’activités et la redevance payée par ses résidents, plutôt faible en comparaison des tarifs d’hébergement proposés à Paris. Une campagne de financement participatif sera lancée l’an prochain pour faire appel à la générosité de ses donateurs et des passionnés de la balle orange. L’organisation compte aussi sur les institutions du basket-ball, aussi bien nationales qu’internationales. La ligue de basket américaine (NBA) serait même prête à s’investir, selon la directrice de l’UCJG.

La visite du New York Times

D’où l’intérêt de susciter l’attention de l’opinion publique. «Ne pas faire mieux connaître le terrain, c’est manquer de soutien pour le remettre en état», observe Sylvie Manac’h. Depuis quelques mois, les médias sont nombreux à la solliciter. Le New York Times a même visité la salle en avril dernier. Inscrit en 1994 au répertoire supplémentaire des monuments historiques, le gymnase est depuis quatre ans ouvert au public lors des Journées européennes du patrimoine.

L’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 représente une autre opportunité de valoriser ce lieu emblématique. Sylvie Manac’h n’exclut pas de collaborer avec le Comité National Olympique du Sport Français (CNOSF). «L’intérêt pour nous serait de participer à l’organisation d’événements. On est prêts à réfléchir à tout cela car les JO entrent tout à fait dans l’esprit du mouvement YMCA.» Ce dernier a participé au développement international des Jeux Olympiques modernes, en étroite collaboration avec Pierre de Coubertin. 

Un lieu de vie et de tournage prisé

Fidèle à l’approche holistique des YCMA, l’UCJG veille à développer chez ses jeunes un équilibre entre les plans spirituel, intellectuel et physique. «C’est un lieu pour apprendre, rencontrer les autres et devenir un adulte responsable», résume Sylvie Manac’h. Au quotidien, le gymnase est toujours utilisé par les 46 pensionnaires du foyer et des associations qui donnent des cours de sport mais pas seulement.

La salle est souvent louée pour des événements sportifs, des shootings de mode et des tournages. La location est facturée 1200 euros la journée. Cet été, l’équipe du prochain long métrage de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur - dont fait partie Vanessa Paradis - est venue tourner une scène dans ce sous-sol chargé d’histoire. Il y a une dizaine de jours, le studio Golden Moustache a profité à son tour de ce cadre exceptionnel. 

DIAPORAMA. Visite de la plus vieille salle de basket du monde


Infos pratiques :
Union Chrétienne de Jeunes Gens de Paris (UCJG)
14, rue de Trévise, 75009 Paris
01 47 70 90 94
Métro : Cadet (ligne 7) - Grands Boulevards (lignes 8 et 9)

 
THOMAS MOULIN



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