Dimanche 8 Mars 2015
Rédigé par Maïté Hellio. Modifié le 15 Mars 2015

Le coup de cœur du libraire : Les forêts de Ravel, de Michel Bernard


Ce mois-ci, Christophe Aveline de la librairie Saint-Paul a eu le coup de foudre pour « les forêts de Ravel » de Michel Bernard. Un roman inspiré de la vie du célèbre compositeur français ou la preuve que les atrocités de la guerre peuvent faire germer des chefs-d’œuvre.


©Maïté Hellio
©Maïté Hellio
Sur la couverture du livre, une photographie en noir et blanc, légèrement colorisée. Sur le cliché, un homme au regard sombre, direct, profond. Un éclair de génie musical. Cet homme, assis au piano, c’est le jeune Ravel. Michel Bernard a décidé de lui consacrer un roman. « Ce n’est pas une biographie », avertit Christophe Aveline, « mais un récit sur Ravel ». « C’est le musicien Ravel qui m’a fait découvrir l’écrivain Michel Bernard », plaisante le libraire. Selon lui, c’est un double intérêt, pour la musique classique et pour les terres de Lorraine, qui a poussé l’auteur à se pencher sur le destin du compositeur du début du XXème siècle. « Le livre est remarquablement bien écrit. C’est poétique et profond, sans lever le voile du mystère de Ravel », avance-t-il.

Le lecteur rencontre Maurice Ravel alors qu’il s’apprête à partir pour le front en 1916. « Il était de constitution fragile. Il a donc dû insister pour être engagé dans l’armée, par élan patriotique je suppose », explique le libraire. Bien que privé de son piano, Ravel continuer d’être hanté par la musique dans les tranchées. « A Verdun, il engrange toutes les impressions morbides : le canon, la boue, l’odeur de la mort. Il en fera à la fin de la guerre son humus pour féconder ses œuvres », décrit Christophe Aveline. L’expérience  de la guerre va transformer l’érudit virtuose, jusque là  habitué aux mondanités parisiennes, en épicurien fréquentant des gens simples.

Le lecteur accompagne Ravel tout au long de son processus de création, jusqu’à sa mort à Montfort l’Amaury en 1937. On assiste ainsi à la genèse des chefs-d’œuvre que sont le Concerto pour la main gauche, le trio en la majeur pour piano et violons ou encore le Tombeau de Couperin. Il n’est pas nécessaire de connaître l’œuvre de Ravel pour apprécier le roman qui est avant tout l’histoire d’un homme, plus précisément l’histoire « d’un homme et d’un artiste qui ne font qu’un », d’après Christophe Aveline. Les amateurs du compositeur de l’Enfant et les sortilèges et du Boléro ne seront pas non plus déçus. « Bien que passionné de musique classique j’ai découvert de nouvelles facettes de Ravel dans ce roman », souligne le libraire. Un Ravel complexe donc, difficile à déchiffrer, à l’image de ses partitions parsemées de notes.

Infos pratiques :
Librairie Saint-Paul
28, rue de Châteaudun
01 45 48 44 00
Métro 12 Notre-Dame-de-Lorette
Ouverte du mardi au vendredi de 10h30 à 19h30- le lundi et le samedi de 11h à 19h30



Nouveau commentaire :







La playlist de septembre