Jeudi 5 Novembre 2015
Rédigé par Marie-Alix Maes. Modifié le 8 Novembre 2015

Le coup de coeur du libraire : Les Prépondérants d'Hédi Kaddour


Christophe Aveline, de la librairie Saint-Paul, nous fait découvrir Les Prépondérants d'Hédi Kaddour, son coup de coeur du moment.


© Marie-Alix Maes/D9
© Marie-Alix Maes/D9
«C'est un vrai roman: épique, avec une intrigue, du suspense et de nombreux personnages» déclare d'emblée Christophe Aveline.
Année 1920, Nahbès, ville fictive du Maghreb, est gouvernée par le Cercle des Prépondérants qui réunit les colons français. Mais l'arrivée d'une équipe de tournage américaine vient perturber l'équilibre qui régnait entre colons et autochtones. «Il est très intéressant de voir s'opérer la modification des rapports humains, sociaux et économiques» souligne le libraire. Tout équilibre établi est susceptible d'être remis en cause, ce qui créé un suspense constant pour le lecteur.

Dans ce roman documenté, Hédi Kaddour promène son lecteur dans le monde d'après 1914, du Maghreb à l'Europe, en passant par les Etats-Unis. Ce long voyage nous dévoile un monde en mutation, dans lequel on perçoit déjà la montée des nationalismes africains et européens ainsi que les prémices du monde moderne.
 

Une analyse des relations humaines

Selon Christophe Aveline, l'intérêt du roman se situe également dans les rencontres entre le clan des femmes et celui des hommes. Se mêlent alors histoires de séduction, d'amour, de pouvoir et de religion.
Ce qui a plu au libraire, c'est la découverte progressive des personnages: «Au départ, ils sont un peu des prototypes, puis tout s'écroule. On part sur des clichés, qu'ensuite les rapports humains remettent en cause». La place des femmes est particulièrement questionnée. Seraient-elles porteuses d'évolutions et de révolutions? Les hommes se méfient de celles qui souhaitent s'affirmer et accéder à la culture. 


© Marie-Alix Maes/D9

La culture tient également une place importante dans ce roman. L'accès des populations autochtones au savoir, à l'art et à la culture est très présent.
Hédi Kadour brosse deux magnifiques portraits de Berlin et Paris, épicentres de la cultures en Europe. «Les cinéphiles apprécieront ce roman, dans lequel les références cinématographiques sont très présentes», mentionne le libraire.

Christophe Aveline recommande Les Prépondérants (460 pages) à toute catégorie de lecteurs.
Passé à côté du Prix Goncourt le 3 novembre dernier, bien que retenu parmi les quatre finalistes, Hédi Kaddour peut tout de même se targuer d'avoir reçu le Grand prix du roman de l'Académie française pour Les Prépondérants, le 25 octobre. 
Marie-Alix Maes
 
 



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