Dimanche 19 Avril 2015
Rédigé par Maïté Hellio. Modifié le 19 Avril 2015

Le coup de cœur du libraire : La Petite Lumière d’Antonio Moresco


Florence Raut-Trouillard, de La Libreria, nous fait découvrir la prose italienne avec le roman solaire d’Antonio Moresco, La Petite Lumière.


La libraire conseille le roman à bon nombre de ses clients. ©Maïté Hellio
La libraire conseille le roman à bon nombre de ses clients. ©Maïté Hellio

Nichée rue du Faubourg Poissonnière, La Libreria est un petit morceau d’Italie accommodé à la sauce parisienne. Au rez-de-chaussée, de la littérature francophone. Au sous-sol, des œuvres en italien. Florence Raut-Trouillard a posé ses valises pleines de livres ici, il y a six ans, après de nombreuses années passées à Rome. Elle nous présente son coup de cœur, «un roman qui l’a cueillie» : La Petite Lumière d’Antonio Moresco (« La Lucina » en version originale). «Je l’ai lu en une soirée. Je suis tombée en amour», raconte la libraire.

 «Je ne veux pas en dire trop pour ne pas gâcher la surprise au lecteur», annonce d’emblée Florence Raut-Trouillard, énigmatique. C’est l’histoire d’un homme solitaire, seule âme qui vive dans un hameau à l’abandon. Perdu dans les bois, il se plaît à contempler la nature, les animaux qui l’entourent et à errer, durant de longues balades nocturnes. Au coucher du soleil, chaque soir, le héros aperçoit une petite lumière. Une faible lueur qu’il distingue au loin sans savoir d’où elle émane. Le héros veut atteindre cette lumière et s'y emploie tout au long du roman.
 

Pour écouter un extrait de La Petite Lumière lu par Florence Raut-Trouillard, cliquez sur l'icône rouge de l'image.



«Il ne se passe pas grand-chose dans les faits. Pourtant, on est totalement happé par le récit, par ce personnage qui fait des rencontres étonnantes : un chien errant, un berger persuadé que ses chèvres ont été enlevées par une soucoupe volante», s’amuse la libraire.

Le roman, paru en Italie en 2013, a été traduit en français en septembre dernier. Antonio Moresco écrit depuis une quarantaine d’années et est connu en Italie, mais c’est la première fois qu’il est traduit dans la langue de Molière. « C’est un des grands auteurs contemporains italiens », estime Florence Raut-Trouillard. «La Petite Lumière est ainsi l’une de ses œuvres les plus accessibles. C'est un auteur exigeant.»

Un poison distillé tout au long du livre

Le livre est, selon les mots de l’auteur, une «petite lune», tombée d’une œuvre plus ambitieuse de Moresco, Les Incréés. Dans une lettre placée au début du roman, l’auteur définit La Petite Lumière comme «une petite créature siamoise qui a grandi jusqu’au moment où elle a voulu se détacher du corps plus grand dans lequel elle était initialement lovée.»

Le succès du livre tient à son ton, à la fois tendre et loufoque. «Il y a un humour très pince-sans-rire, parfois décalé», souligne Florence Raut-Trouillard. Pourtant, l’atmosphère du roman se fait parfois inquiétante. «Il y a une sorte de poison distillé tout au long du roman. Mais c'est un poison très agréable, à la fois vénéneux et lumineux.» Cette lumière naît de l’écriture sublime d’Antonio Moresco, décrivant la nature luxuriante qui prend peu à peu possession du hameau.

La libraire a tenu secrète la fin du roman. Le seul élément qu’elle nous révélera est que «si la fin n’est pas heureuse, elle est juste.»




 
Maïté Héllio



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