Jeudi 30 Mai 2013
Rédigé par Sarah Bakaloglou et Constance Bénard. Modifié le 14 Novembre 2014

Le Nestor Burma de Nicolas Barral


INTERVIEW - Le huitième tome du célèbre détective Nestor Burma est paru le 15 mai. Le dessinateur Nicolas Barral a adapté Boulevard...Ossements, dont l'intrigue se situe dans le 9e arrondissement...


Nicolas Barral reprend Nestor Burma (Photo: Le Daily Neuvième)
Nicolas Barral reprend Nestor Burma (Photo: Le Daily Neuvième)
Nicolas Barral est dessinateur de bandes dessinées depuis une quinzaine d'années. La maison d'édition Casterman a fait appel à lui pour illustrer les aventures de Nestor Burma, détective imaginé par Léo Malet. Il prend la suite du célèbre dessinateur de BD Tardi, qui avait mis en images cinq albums sur les aventures de Nestor Burma. Cette nouvelle édition, Boulevard... Ossements, dont l'intrigue se passe dans le 9e arrondissement, est le 22e titre de la série. Interview.


Pourquoi avez-vous choisi d'adapter le roman Boulevard...Ossements?
- J’ai voulu adapter Boulevard…Ossements car c’est un Nestor Burma rigolo, avec de l’action. J’avais besoin de cela car j’aime dessiner des scènes où il y a du mouvement, contrairement peut-être à Tardi qui préfère les gros plans, ou des plans simples. J’aime les plongées, les contre-plongées, et tourner autour des personnages comme avec une caméra. Moi qui suis né dans le 10e, cela m'a permis de découvrir le 9e arrondissement.

Comment avez-vous fait pour dessiner les lieux du 9e alors que l’intrigue a lieu dans les années 50?
- J’ai utilisé la «méthode Tardi», c’est-à-dire que j’ai fait un repérage photo très précis. Avant tout, j’ai pris en note tous les lieux que j’avais besoin de dessiner pour illustrer l’intrigue. Ensuite, je suis sorti et j’ai parcouru l’itinéraire avec mon appareil photo. Mais bien sûr, j’ai recomposé à ma manière. J’ai aussi fait des recherches Google pour retrouver des images des lieux à l’époque. Il fallait par exemple que je m’inspire de vrais intérieurs, pour que ça ait l’air réel. J’ai donc cherché des commerces aux décors atypiques et crédibles pour mon histoire. J’ai même photographié des vitrines, des portants avec des vêtements…


Comment ont réagi les commerçants du 9e chez lesquels vous vous êtes rendu?
- Lorsque je disais pourquoi j’étais là, ils étaient plutôt contents, flattés. Tout le monde connaissait au moins la série. S’ils ne connaissaient pas la BD ou Tardi, cela leur rappelait au moins Guy Marchand, l’acteur. J’ai découvert des intérieurs superbes, Art déco, des portes en bois sculptées…

Avez-vous découvert des lieux qui vous ont plu?
- Oui, un passage qui mène du boulevard Montmartre à la rue de la Grange-Batelière. Il s'agit du passage Gouffroy, juste en face du passage Verdeau. De façon générale, c’était vraiment plaisant d’être dehors, car mon métier me permet peu de sortir . Et puis il y a un autre lieu qui me plaît dans le 9e, c’est le Grand Rex. C’est un endroit où j’ai des souvenirs. Enfant, je réussissais parfois à y traîner mes parents. Je me souviens d'un cracheur de feu qui m’effrayait. Mais il y avait aussi la «féérie des eaux» avant les spectacles: je me souviens de fontaines magnifiques qui coulaient sur fond musical. 

Quel regard a porté Tardi sur vos illustrations?
- Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et nous avons beaucoup discuté mais il a été très peu directif: il a dû considérer que j’étais «grand». Notre discussion la plus houleuse a porté sur le dessin d’un robinet. Effectivement, les mitigeurs, ce n’était pas tellement d’époque!



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