Dimanche 22 Mars 2015
Rédigé par Maïté Hellio. Modifié le 12 Avril 2015

[L’histoire du 9e] La première des frères Lumière dans la ville-lumière


La première projection publique des inventeurs du cinématographe eut lieu au Grand Café, boulevard des Capucines, le 28 décembre 1895. Un jour souvent considéré comme celui de la naissance du 7e art.


Les séances de cinématographe Lumière connaissent repidement un vif succès au Grand Café
Les séances de cinématographe Lumière connaissent repidement un vif succès au Grand Café
Ils sont nombreux à s’affairer boulevard des Capucines en cette soirée de décembre 1895, à quelques jours du réveillon du Nouvel An. Au numéro 14, sur la vitrine du Grand Café, on peut lire sur une affiche colorée un message énigmatique : « le cinématographe Lumière ». Quelques passants y jettent un œil mais peu s’arrêtent. Ils ne sont qu'une trentaine de badauds à franchir la porte du café, poussés par la curiosité. Les journalistes ont été conviés à la projection. Aucun n’a répondu à l’invitation.

Après avoir payé un franc, le public est dirigé vers le Salon indien du Grand Café. Là, un opérateur s’active autour d’une boîte en bois qui diffuse de la lumière. C’est le fameux cinématographe des frères Lumières. Soudain, le mur d’en face prend vie. Des hommes et des femmes sortent d’un pas vif d’une usine.
 

VIDÉO. Sortie des Usines Lumières
 

La Sortie des ouvriers de l’usine Lumière est le premier court-métrage diffusé par Auguste et Louis Lumière au public. Ce soir-là, il ouvre le bal d’une séance qui dure environ vingt minutes et comprend plusieurs « vues », comme on appelait les films à l'époque. Ces séquences, qui durent de 40 à 55 secondes, mettent en scène des épisodes de la vie quotidienne : l’Arroseur arrosé, le Repas de bébé, la Pêche aux poissons rouges, Le Voltigeur…


VIDÉO. L'arroseur arrosé

Georges Méliès, spectateur de marque

Parmi le public du premier soir figurent de prestigieux invités : le directeur des Folies Bergères, celui du musée Grévin mais surtout Georges Méliès, alors directeur du théâtre Robert Houdin. Ce dernier parle en termes très élogieux de l’invention des frères Lumière : «J’ai été épaté. Tout à coup, les personnages se mirent en mouvement. Quelques minutes après, on vit un train s’avancer, prêt à traverser la toile pour atterrir dans l’auditoire. Nous étions tous absolument stupéfaits.» Immédiatement, l’artiste s’aperçoit du potentiel du cinématographe et désire l’acheter. Il en propose dix mille francs. Auguste Lumière décline l'offre en ces termes : «Remerciez-moi. Je vous évite la ruine car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial.» Le succès qui s’ensuit dément largement cette prophétie. La création surprend ses créateurs.

Conquis par la nouvelle attraction, le public ne tarde pas à se précipiter pour assister aux projections des frères Lumières. L’information circule grâce au bouche-à-oreille et, en moins d’une semaine, le Salon Indien remplit sa pièce de cent vingt places. La file d’attente, sur le trottoir du café, atteint parfois trois cents mètres. Le Grand Café multiplie les séances et accueille jusqu’à 2 500 spectateurs par jour. Les films seront projetés au Grand Café pendant plusieurs années avant de faire le tour des grandes villes de France, puis du monde.



Infos pratiques:
Le Grand Café Capucines
4 boulevard des Capucines
01 43 12 19 00
Ligne 8 Opéra





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