Jeudi 1 Décembre 2016
Rédigé par Octave Odola. Modifié le 6 Décembre 2016

L’antenne de la discorde


L’opérateur téléphonique Free prévoit d’installer une antenne de téléphonie mobile sur un immeuble d’habitation du boulevard de Clichy à Paris. Mais les habitants du quartier s’inquiètent de l’émission d’ondes téléphoniques puissantes, potentiellement dangereuses pour les enfants d’une crèche voisine de la future installation.


Une antenne-relais. ©WikimediaCommons
Une antenne-relais. ©WikimediaCommons
La tranquillité de Charivari, une petite crèche située 12, rue Fromentin est menacée depuis le projet d'installation d'une antenne-relais mobile Free à quelques dizaines de mètres de là, au 43, boulevard de Clichy, tout près du Moulin Rouge dans le 9e arrondissement de Paris.
 
Le quatrième opérateur téléphonique national veut installer cette antenne depuis le début de l'année 2015. L'avis d'installation défavorable émis par la mairie du 9e en mai 2015 et les protestations du collectif43santé, un groupe de riverains, ne semblent pas émouvoir l'opérateur. Malgré un deuxième avis défavorable de la mairie en septembre dernier, Free semble décider à passer en force.

Une situation que ne peut pas accepter Natacha Zervas, membre active du collectif de riverains et habitante de l'immeuble du 43 : «Les habitants du 43 et les parents de la crèche se mobilisent contre la mise en place de cette antenne, le collectif est en train de grossir», explique-t-elle. Le collectif43santé est également adhérent de l'association Robin des Toits, partisane de l'application du principe de précaution en matière d'ondes téléphoniques

Une pétition, plusieurs opinions

Le 43, boulevard de Clichy, lieu de l'implantation de la future antenne. ©Collectif43santé
Le 43, boulevard de Clichy, lieu de l'implantation de la future antenne. ©Collectif43santé
Avec l'aide des Robins des Toits, le collectif a lancé une pétition, qui a déjà recueilli plus de mille signatures (papier et web). Manon Bisbal, auxiliaire de puériculture de la crèche, a signé la pétition l'année dernière, lorsqu'elle a commencé à travailler rue Fromentin : «Si les ondes téléphoniques sont ressenties dans la crèche, je ne peux que m'opposer au projet», déclare-t-elle. Marcia, aide-éducatrice chargée d'accueillir les derniers parents venus chercher leur enfant et de fermer la crèche, abonde dans le sens de sa collègue : «Avec des enfants aussi jeunes, le projet est forcément préoccupant.»

Si l'opposition au projet parmi les salariés de la crèche est unanime, l'avis des parents est plus nuancé. Benjamin Helbert, jeune père de famille venu chercher sa fille quelques minutes avant la fermeture de la crèche, n'a pas signé la pétition : «Je n'en ai pas parlé avec d'autres parents. Je ne possède pas assez de recul sur le risque potentiel de l'antenne pour savoir si c'est réellement dangereux, on le saura peut-être dans vingt ans», admet-il.

Blaise Lavigne, un autre parent, lui non plus pas signataire de la pétition, semble néanmoins plus sensible aux doléances du collectif : «Ça ne me poserait aucun souci de signer la pétition pour m'opposer à la mise en place de l'antenne-relais. Avant que les ondes ne soient officiellement reconnues dangereuses, faisons en sorte que le problème n'existe pas.»

Free n’est pas très coopératif

L'émergence de nouvelles antennes-relais Free est le signe d'un changement de stratégie globale chez l'opérateur. Depuis le mois de juin dernier, Free s'est engagé auprès de l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes à faire évoluer sa politique de partage de réseaux. A partir de janvier 2017, Free ne pourra plus être hébergé sur les réseaux d'Orange, il devra progressivement compter sur ses propres réseaux, pour être totalement autonome à l'horizon de l'année 2021.

C'est une des raisons qui pourrait expliquer le manque de coopération de Free sur le dossier de la crèche rue Fromentin. L’opérateur ne prend pas le temps de dialoguer avec le collectif43santé : «Ils ne répondent pas aux courriers qu’on leur adresse, ils sont extrêmement pressés d’agir», confie Natacha Zervas.

L’absence de dialogue conduit à des règlements judiciaires des affaires d’antenne, pas systématiquement en faveur des grands opérateurs. Le tribunal administratif de Lille a ordonné le démontage d’une antenne-relais Free dans une commune du Nord-Pas-de-Calais à la suite d’une plainte d’un collectif de riverains. De quoi donner des idées au collectif43santé. 
 
Octave Odola




1.Posté par J Pierre le 02/12/2016 09:25
Les experts prétendent qu'il n'existe aucun danger si les niveaux d'exposition sont respectés.
Soit ils mentent et il faut immédiatement démonter toutes les antennes installées en France, soit il s'agit d'une peur irraisonnée et exagérée des voisins et il faut alors poser l'antenne.

2.Posté par Helmi le 05/02/2017 04:11 (depuis mobile)
Merci pour cet article ! je viens souvent dans le quartier et je n''étais pas du tout au courant. Enfin du bon journalisme de "proximité"

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