Mercredi 20 Avril 2016
Rédigé par Téo Barbey-Duquil et Marie-Alix Maes. Modifié le 14 Avril 2016

ESMOD PARIS, réussir à tout prix


Avant de devenir designers pour Chanel ou Prada, les élèves de la célèbre école de mode ESMOD Paris doivent tout donner. Un investissement important du point de vue du travail personnel … et des frais de scolarité.


©Marie-Alix Maes/D9
©Marie-Alix Maes/D9
D’Olivier Rousteing, le directeur artistique de la célèbre maison Balmain, à Louis Gerin et Grégory Lamaud, les créateurs de la marque Les Garçons, l’ESMOD Paris, plus vieille école de mode du monde, forme des grands noms de la mode.

Mais dans cette école de mode du 9e arrondissement de Paris, pour ceux qui rêvent de la carrière de leurs idoles, le chemin est long.
Il faut d’abord payer les frais de scolarité : 10 400 euros l'année. Puis, investir dans du matériel nécessaire au travail personnel à la maison. Une machine à coudre et un buste de mannequin, entre autres, sont indispensables à la réalisation des travaux à rendre tout au long de l'année. Des fournitures évaluées à près de 500 euros, que les élèves peuvent acquérir auprès de l’école qui propose un «pack» en début d’année.

Les élèves de l’ESMOD ne peuvent pas bénéficier des bourses du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) car l’établissement est hors contrat avec l’Etat.
L'école n’attribue aucune aide, «sauf en cas d'accident de la vie au cours de la scolarité, à la condition que l'élève soit méritant», précise Christine Walter-Bonini, la directrice générale d'ESMOD.
L'école propose simplement des prêts bancaires avantageux ou des concours avec de grandes entreprises avec, à la clef, un parrainage couvrant une partie des frais de scolarité.

©Marie-Alix Maes/D9
©Marie-Alix Maes/D9
Autour d'un café, Jade*, jeune parisienne de 18 ans en première année de Stylisme designer mode,  concède timidement que c'est «un investissement important». Ce sont ses parents qui l'assument, «même si, au départ, ils n'étaient pas très favorables» sourit-elle. Pour les soulager, elle essaie de prendre à sa charge le coût de certaines fournitures en faisant des baby-sittings sur Paris. Christine Walter-Bonini, admet un coût «certain» mais assure que «ramené au nombre d'heures, ce n'est pas pour rien».

Victoria, une autre élève de première année, vient, elle, du Nord-Pas-de-Calais. Si elle évoque quelques «doutes» avant de se lancer dans cette voie, elle assure que ses parents l’ont toujours soutenue et poussée et elle ne regrette pas du tout. «Je ne me voyais pas faire autre chose!» s’exclame-t-elle. Les deux étudiantes, au style vestimentaire étonnamment classique, rêvent de devenir modélistes pour le prêt-à-porter de maisons de luxe. «Dior, Chanel dans l'idéal» osent-elles sans encore y croire vraiment. «A terme, j’aimerais lancer ma propre marque», livre Victoria, les yeux pétillants.

Mille heures de cours à l'année

Entre les cours de stylisme, de modélisme et de marketing, «travailler à côté est presque impossible» affirment-elles de concert. La charge de travail est lourde et ne leur laisse pas assez de temps libre pour assumer un job étudiant. «A Noël il y a eu des défections. Personne ne s’attendait à travailler autant !», insiste Jade.
Près de mille heures de cours sont assurées dans l'année, contre environ cinq cent à l’Université. Selon Christine Walter-Bonini, dans les six classes de première année, on observe en moyenne «deux à trois départs, soit parce qu'ils se sont trompés de voie, soit parce qu'ils n'avaient pas bien imaginé la complexité de ces métiers». Si la sélection à l'entrée est large, des examens en stylisme et modélisme sanctionnent le passage en deuxième année. 
©Téo Barbey-Duquil/D9
©Téo Barbey-Duquil/D9

Même si l’école jouit d'une bonne réputation dans le milieu de la mode, l’avenir professionnel des jeunes recrues motivées reste assez flou. Pour sa part, l’ESMOD communique peu sur son taux d’insertion professionnel. «On nous prévient d’emblée que percer dans le style, c’est très dur. En revanche dans le modélisme c’est plus facile…à condition d’être douée!», souffle Jade. 

*Les prénoms ont été changés

Infos pratiques
ESMOD Paris
12 rue de la Rochefoucauld
Ligne 12 Trinité d'Estienne d'Orves
01 44 83 81 50

 
Téo Barbey-Duquil

Marie-Alix Maes
 



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