Mercredi 21 Mars 2012
Rédigé par Le Daily Neuvième. Modifié le 3 Décembre 2014

Avec Aurore Davezac Lahoud, la dorure à la feuille d'or


Après avoir poussé la lourde porte d'un immeuble imposant du square Moncey, dans un calme absolu, nous avons rencontré Aurore Davezac Lahoud, une restauratrice de bois anciens et doreur à la feuille d'or. Découverte de ce métier d'une rare minutie.


Avec Aurore Davezac Lahoud, la dorure à la feuille d'or
Le carnet de feuilles d'or, entre les mains d'Aurore, est précieux et fragile. La feuille, de quelques centimètres carrés est à elle seule toute une histoire. Entre la restauration de cadres anciens et leurs dorures ou la création de tableaux à la feuille d'or sur verre, Aurore joue de patience et de précision dans ses gestes avec ce matériau noble. 

La mince pellicule d'or frémit comme un être vivant. Du fait de sa légèreté, elle se chiffonne, se détend puis prend sa place sur le support.

Elle ne se laisse caresser que grâce à une palette, un large pinceau soyeux, dont les poils ont été légèrement enduits de matière grasse. Dans ses créations de feuilles d'or sur verre, Aurore utilise l'eau comme adhésif. Elle permet de coller la feuille sur le verre.

Dans son travail de dorure d'un cadre, par exemple, Aurore décape et nettoie, avec un fer, le bois de tout ce qui est craquelé et des impuretés du temps. Cette première étape est longue car la feuille d'or doit être déposée sur un support parfaitement lisse et propre.

Restaurer un cadre peut nécessiter un moulage et un façonnage au blanc de Meudon, une très fine poudre de plâtre qui servira à combler les parties manquantes de l'objet. "Plusieurs couches sont généralement  nécessaires et il faut poncer très méticuleusement le bois pour respecter la forme initiale", explique Aurore. Cette étape s’appelle la "reparure". La pâte est associée à de la colle de peau de lapin, ingrédient incontournable de son métier.

L'étape suivante, que l'on appelle "l'assiette", consiste à apposer une couche d'argile rouge et de colle de peau de lapin que l'on retravaille sur le bois avant de poser la feuille. Un instrument composé à son extrémité d'une agate va permettre par frottement de l'or sur le bois de le brunir.

"Ce métier de dorure est un peu en perte de vitesse. Il nécessite trop de temps et de patience. Mais cela fait partie de notre patrimoine et de notre richesse culturelle", résume Aurore qui a été pendant plusieurs années scénographe auprès de Richard Peduzzi.

Découvrir le site d'Aurore



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