Lundi 13 Avril 2015
Rédigé par Clémence Bauduin, Damien Bourdeilh, Albin Duvert, Stéphane Faure . Modifié le 15 Avril 2015

A la croisée des chemins de fer


Le 9e arrondissement plonge passionnés et passants dans l’univers du modélisme ferroviaire grâce à six boutiques. Un commerce lié à une position historique entre trois grandes gares parisiennes, qui se doit d’évoluer.


Chez les maquettistes ferroviaires de la rue de Douai, à côté des belles locomotives sont vendus décors et figurines. ©Stéphane Faure/D9
Chez les maquettistes ferroviaires de la rue de Douai, à côté des belles locomotives sont vendus décors et figurines. ©Stéphane Faure/D9

Entre le métro Liège et la place de Clichy, la devanture d’Au Pullman transporte les curieux sur un quai de gare. La façade inox du magasin tranche dans le paysage de la rue d’Amsterdam. Le décor de la boutique reprend à l’identique un wagon de l’Etoile du Nord. A l’époque, ce train, une légende de l’histoire ferroviaire, reliait Paris à Amsterdam en passant par Bruxelles. Au Pullman est aujourd’hui la plus ancienne boutique en France spécialisée dans le maquettisme ferroviaire. Ouverte en 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle s’est installée à deux pas de la gare Saint-Lazare et n’a jamais bougé. Le quartier est à juste titre prisé des maquettistes ferroviaires. Niché entre Saint-Lazare et les gares du Nord et de l’Est, le 9e arrondissement concentre la plupart des boutiques spécialisées de la capitale. «Le pôle d’attraction originel était la gare Saint-Lazare. Les premiers magasins se situaient dans le passage du Havre. La Maison du train et le Pélican étaient deux enseignes réputées à l’époque», se souvient Claude Fontaine, gérante de Trans-Europ Trains, autre boutique située rue de Douai. L’histoire du maquettisme n’a plus de secret pour elle. C’est même une histoire de famille. «Ma mère travaillait au Pullman mais en 1961, elle a décidé de monter sa propre affaire. J’ai pris la relève.»

 

SON. Claude Fontains, gérante de Trans-Europ Trains

Jusqu’à 8.000 euros

Au Pullman, l’histoire est presque similaire. En 1993, Lucien Dumazeau, ancien employé de chez Marklin, un fabricant allemand de trains miniatures, décide de reprendre le magasin de la rue d’Amsterdam. Depuis, Wenceslas, son fils, a pris les commandes en perpétuant l’esprit originel. Dans les vitrines, les locomotives et les wagons trônent en bonne place. «Les clients peuvent trouver des trains de toutes les époques, des locomotives à vapeur aux répliques du TGV», explique Katia, employée depuis cinq ans. Deux types de modèles existent. «Il y a des maquettes en laiton, plutôt destinées à être exposées, et d’autres modèles conçus pour rouler sur des circuits. Les détails sont moins précis afin de faciliter la mobilité des trains.» Les prix vont d’une cinquantaine d’euros à 2.500 euros pour la plus grosse locomotive. «Certaines pièces, sur commande, peuvent grimper jusqu’à 8.000 euros», complète Katia. Sur les présentoirs, les marques françaises sont en retrait. Nombre de maquettes ont été créées par des fabricants allemands ou autrichiens, mais l’essentiel de la production est aujourd'hui fabriquée en Chine et dans les pays de l’Est. Quant à Jouef, marque phare des trains miniatures en France, elle a été rachetée en 2004 par Hornby, un fabricant anglais.

Des magasins qui luttent

Même si le 9e conserve encore six maquettistes ferroviaires, leur nombre diminue avec le temps. Les boutiques historiques du passage du Havre, comme La Maison du train, ont baissé le rideau voilà déjà quelques années. «Les magasins ne trouvent pas forcément de repreneurs. C’est aussi une passion qui coûte cher, avec une clientèle assez âgée et qui ne se renouvelle pas toujours», explique Katia. «En période de crise, ce sont toujours les loisirs qui trinquent en premier. Au fil des ans, ça devient de plus en plus difficile», complète Claude Fontaine de Trans-Europ Trains. Les spécialistes du train miniature subissent aussi la concurrence d’Internet, en particulier sur les prix. «On essaye de lutter à notre façon, en apportant notre présence physique en magasin et nos conseils.» Les vendeurs accompagnent les clients tout au long du projet: construction du circuit, installations électriques et maîtrise des commandes. Les petites boutiques proposent aussi un service de réparation. Au Pullman, un technicien se charge de réparer les maquettes endommagées ou de les nettoyer. «Les clients nous déposent deux à trois machines par jour.» Mais ce jour-là, ce sont plutôt des maquettes flambant neuves qui sortent de la boutique. Des trains qui quittent le 9e arrondissement pour débuter leur voyage, au bonheur des collectionneurs.

 


Retomber dans une passion qui a bien changée

A 66 ans, Alain retrouve ainsi sa passion d’enfant: le maquettisme ferroviaire. «J’ai commencé par un petit train sur la table de la salle à manger. Puis j’ai laissé tomber ça en grandissant.» Plus de trente ans après, le vieil homme a ressorti ses trains des vieux cartons. «J’ai recommencé parce que maintenant, je suis à la retraite.» Une passion qui lui prend du temps: «Il faut faire le circuit, toutes les installations électriques pour les feux rouges, les embranchements et toutes les décorations. Pour l’instant, j’ai deux ou trois locomotives et les trains sont assez petits par rapport à ceux des grands collectionneurs.» Car depuis ses locos de jeune homme, le visage du modélisme ferroviaire a bien changé.
 

Pour se remettre sur les rails, Alain est allé demander de l’aide aux boutiques du 9e: «Aujourd’hui, on a des trains digitaux. Ça a bien évolué. Il faut des consoles électriques et je ne sais pas gérer tout ça», reconnaît-il. Au Pullman, les techniciens sont à son écoute: «Je suis venu. J’ai donné les mesures de mon plateau. J’ai dit ce que je voulais et on me l’a fait par ordinateur. Je suis revenu plusieurs fois apporter mon circuit et le valider.» Alain ne cède toutefois pas complètement aux nouvelles technologies et veut réadapter ses anciens modèles. Quant aux décors, il privilégie le naturel: «J’étais en vacances à la montagne et j’ai ramené un sac d’écorces de bois à peindre pour faire des rochers sur ma maquette». L’occasion de mettre sa créativité au service de sa passion.
 
CARTE. Les magasins de modélisme ferroviaire du 9e




Clémence Bauduin

Damien Bourdeilh

Albin Duvert
Stéphane Faure



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Mardi 13 Février 2018 - 14:04 Quelle fleur offrir à la Saint-Valentin ?



1.Posté par Rafal le 25/09/2017 22:49
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