Vendredi 17 Novembre 2017
Rédigé par Julien Hélion et Louis Belin. Modifié le 22 Novembre 2017

A la Cigale, le tango en bleu de travail


Pour sa première à la Cigale, le quatuor Tangomotán a défendu avec conviction hier soir son nouvel album, "Défense d’afficher", et fait frissonner le public parisien. Le D9 vous raconte.


Tangomotán en loge avant le concert. De g. à dr. : Jules (dessin), Marion (bandonéon), David (violon), Blanche (contrebasse) et Leandro (piano). © Louis Belin / D9
Tangomotán en loge avant le concert. De g. à dr. : Jules (dessin), Marion (bandonéon), David (violon), Blanche (contrebasse) et Leandro (piano). © Louis Belin / D9

«J’espère que vous aimez le tango !», lance d’entrée Marion Chiron, au bandonéon. Comme ses comparses David Haroutunian (violon), Blanche Stromboni (contrebasse) et Leandro Lacapère (piano), elle porte un bleu de travail. «Une référence aux ouvriers argentins du XIXème siècle, qui, sortis de l’usine, attendaient les prostituées, explique Léandro. Un hommage aux invisibles, aux sans-voix. D’ailleurs, samedi 18, il y a une marche sur l’Elysée et je vous invite à…» Blanche l’interrompt, mimant la gêne : «Oui, oui, oui… On joue ?»

Et Tangomotán joua. Dès les premières notes, le public parisien se laisse emporter par les sonorités envoutantes. Les quatre instruments se mêlent et s’entremêlent, des regards entendus s’échangent, des sourires s’affichent pour offrir un concert à la fois sensuel et révoltant, révolutionnaire et langoureux. Tangomotán n’exige pas une grande connaissance du tango, le groupe emprunte à divers horizons musicaux et accroche l’oreille par son sens aigu du rythme et de la mélodie, comme sur Sabado ou A los amigos.

Sur scène, les titres s’enchaînent avec facilité, interrompus parfois par un court sketch. Les musiciens offrent au tango une seconde jeunesse. «Tangomotán, c’est actuel, c’est social, c’est engagé !», résume Blanche Stromboni. La prestation est acclamée par la foule qui, à coups de bravo et de hourra, réclame et obtient un rappel.

«Tangomotán, c’est la révolte, le feu, le rêve»


Jeudi 16 novembre, une Cigale comble a accueilli le groupe Tangomotán et, en première partie, le rockabilly des Howlin' Jaws. © Louis Belin / D9
Jeudi 16 novembre, une Cigale comble a accueilli le groupe Tangomotán et, en première partie, le rockabilly des Howlin' Jaws. © Louis Belin / D9

Il faut dire qu’il est difficile de ne pas succomber aux charmes de ces nouveaux maîtres du tango. Les morceaux Je dis Aime, Pata ancha ou encore Rien que le monde, autres temps forts de la soirée, nous invitent à déambuler dans les rues de Buenos Aires, à y boire un verre de vin ou, plus simplement, à apprécier le spectacle dans un des fauteuils en velours rouge de la mythique salle du Boulevard de Rochechouart.

A la performance musicale s’ajoute la poésie des dessins à l’encre de Chine de Jules Stromboni. Réalisés en direct pendant le concert, ses coups de pinceau suivent le rythme des coups d’archet. Ils racontent tantôt une histoire d’amour impossible entre un jeune CRS et un-e révolutionnaire fougueux-se, tantôt une course effrénée dans les rues mal famées de Buenos Aires.

Tangomotán, c’est «le défi, la révolte, l’élégance, le feu, l’intuition, le rêve», selon les membres du groupe. Tangomotán, c’est la vie. Une vie haletante, qui nous prend lorsque l’on ferme les yeux pour écouter un solo de contrebasse. Une vie passionnée qui semble s’échapper dans la chaleur des bras d’une prostituée, sur le titre Traicion. Une vie que l’on a peur de perdre lorsque l’on voit la violence des dessins projetés dans la pénombre de la salle.

Hier, à la Cigale, le groupe Tangomotán a fait trembler les planches avec humour, sensualité et révolte. Une soirée sans fausse note.


Infos pratiques :



La Cigale 
120, boulevard de Rochechouart
Lignes 2 (Pigalle ou Anvers) et 12 (Pigalle)
 



Vous aimerez aussi
< >

Dimanche 10 Décembre 2017 - 17:00 Le 9e de Johnny

Dimanche 10 Décembre 2017 - 13:12 Sheila, l'autre idole des jeunes


Nouveau commentaire :







La playlist de septembre