Mardi 21 Février 2017
Rédigé par Julien Da Sois. Modifié le 27 Février 2017

Veggietown, le paradis des végétariens et des véganes


Après Chinatown (13e arrondissement), voici Veggietown, le nouveau quartier végé de la capitale, situé entre le 9e et le 10e arrondissement. Avec 3% de végétariens et véganes en France en 2016*, ces nouveaux modes de vie font de plus en plus d’adeptes, au point d’avoir maintenant un espace dédié à Paris.


Au printemps 2016, la carte de Veggietown prend place au sein du dossier consacré à la "végéconomie" du magazine de l'Association Végétarienne de France, Alternatives Végétariennes. ©Alem Alquier
Au printemps 2016, la carte de Veggietown prend place au sein du dossier consacré à la "végéconomie" du magazine de l'Association Végétarienne de France, Alternatives Végétariennes. ©Alem Alquier
Un quartier regorgeant de boutiques de cuir et de fourrure devenu en quelques années le repaire des végétariens et des véganes. Bienvenue à Veggietown, le nouveau végé-quartier de Paris niché entre le 9e et le 10e arrondissement. Rien qu’autour des rues de Paradis et du Faubourg-Poissonnière se concentre une vingtaine d’enseignes végétariennes (ne proposant aucun plat qui contienne de la chair animale) et véganes (excluant tous les produits issus de l’exploitation animale). 

L’initiative d’une association

C’est l’Association Végétarienne de France (AVF) qui a inventé le surnom de «Veggietown». Au printemps 2016, l’AVF publie comme tous les trimestres son magazine Alternatives Végétariennes, dans lequel se trouve une carte du paradis végé. «Nous avions le sentiment que notre bureau, situé rue d'Hauteville, se trouvait au cœur d'un quartier en pleine effervescence en termes d'offre végétarienne et végane, explique Elodie Vieille Blanchard, présidente de l’association. Nous avons donc répertorié tous ces établissements, réalisé une carte et donné le nom de Veggietown à cet endroit, pour nous approprier un peu les lieux. Il s'agissait d'un projet spontané, qui a ensuite donné de la visibilité à ce quartier.»

Les mairies des 9e et 10e arrondissements n’ont eu aucune influence dans la constitution de ce végé-quartier. «La mairie du 10e n’a pas publié de tribune pour encourager l’implantation de ce type de commerces. Mais personne ne voit ces nouvelles installations d’un mauvais œil, c’est au contraire un signe de dynamisme commercial pour l’arrondissement», note Léa Vasa, élue écologiste du 10e chargée notamment de l'économie sociale et solidaire et du développement durable.

D’autant plus que Veggietown apporte un surplus de vitalité économique aux 9e et 10e arrondissements. Les végétariens et véganes de tout Paris, et même d’ailleurs, se pressent maintenant dans ces deux arrondissements à l’heure du déjeuner ou du dîner. Léa Vasa le confirme : «Les gens viennent d’assez loin pour venir dans le quartier.» Illustration avec Medge, une jeune végane habitant Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine (92), qui se «rend souvent à Veggietown pour tester les différents restaurants du coin»
L'un des établissements phares de Veggietown : Woodies, un coffee shop végé-friendly situé au 51, rue de Paradis (10e arrondissement). ©Julien Da Sois/D9
L'un des établissements phares de Veggietown : Woodies, un coffee shop végé-friendly situé au 51, rue de Paradis (10e arrondissement). ©Julien Da Sois/D9

Une population plus sensible aux enjeux environnementaux

D’autres enseignes végétariennes et véganes existent ailleurs à Paris, mais c’est dans les 9e et 10e arrondissements qu’il y en a le plus au mètre carré. Selon Elodie Vieille Blanchard, «le style du quartier, assez jeune, branché, avec une clientèle de bureau pour les restaurants, à la recherche d'alternatives saines, a favorisé l'éclosion d'un certain nombre de ces établissements». Le développement de restaurants végétariens et véganes dans ces arrondissements peut également s’expliquer par leur ancrage politique en faveur de l’écologie.

«L'émulation créée par les premiers commerces végétariens et véganes a ensuite stimulé chez les restaurateurs la volonté de proposer des plats sains, souvent bio et avec des options végétariennes et véganes», analyse la présidente de l’association fondée en 1995 et comptant 5 000 adhérents en 2016. Pour Léa Vasa, ce sont également les clients qui poussent les restaurants traditionnels à proposer des plats végés. «A force d’être sollicités par les consommateurs qui demandent de plus en plus une option végétarienne ou végane sur la carte, les commerçants adaptent leurs menus», explique-t-elle.

Le restaurant My Free Kitchen, situé en plein milieu de Veggietown, illustre bien les propos de l’élue écologiste. Carole, la gérante des lieux, raconte : «Nous sommes passés d’un établissement un peu végane-friendly à une carte à 70% végane, ce qui est énorme. Et c’est une pure adaptation à la clientèle.»
My Free Kitchen est un restaurant bio sans gluten et sans lactose de Veggietown, proposant de nombreuses options végétariennes et véganes. ©Julien Da Sois/D9
My Free Kitchen est un restaurant bio sans gluten et sans lactose de Veggietown, proposant de nombreuses options végétariennes et véganes. ©Julien Da Sois/D9

Un point noir : les prix

Des consommateurs comblés par la présence d’options végétariennes et véganes dans les cartes des restaurants de Veggietown, mais parfois refroidis par les prix. Louise, une carnivore curieuse rencontrée chez My Free Kitchen, confie qu’elle «aime bien essayer ces nouveaux genres de restaurants», mais concède que «c’est très cher».

Des tarifs élevés que Carole, la gérante du restaurant, justifie par «le remplacement des produits». Autrement dit, ce ne sont pas les fruits et les légumes qui sont les plus coûteux, mais les aliments utilisés pour remplacer les substances d’origine animale. Ces substituts végétaux sont souvent plus chers que les denrées qu’ils sont censées remplacer dans l’assiette. Des produits qui restent tout de même beaucoup moins onéreux que les vestes et autres manteaux vendus chez Kalogiannis Fourrures et Sylvie Schimmel, les deux dernières grandes boutiques de cuir de Veggietown.

*3% en 2016 contre 2% en 2012 selon un sondage OpinionWay pour le magazine Terra Eco
Julien Da Sois



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