Mardi 31 Janvier 2017
Rédigé par Anne Thirion. Modifié le 14 Février 2017

Un samedi qui sauve


Dans le cadre de la journée «Samedi qui sauve» organisée par la mairie de Paris, la mairie du 9e a mis à disposition de la Croix-Rouge sa salle du Conseil. L'objectif ? Former gratuitement les habitants du quartier aux premiers secours.


En cercle, une quinzaine de personnes de tous âges écoutent les instructions d’une formatrice de la Croix-Rouge. « Il faut continuer le massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des secours ». Les apprentis-secouristes s’exécutent et massent énergiquement les mannequins en plastique. Mises en place il y a un an en réponse aux attentats de Paris, les formations de "Samedi qui sauve", organisées par la mairie de Paris, permettent d'être formé aux premiers secours classiques (diplôme PSC1) et de savoir réagir en cas de situation d’urgence telle qu'une fusillade de masse.

Deux heures pour sauver des vies

Les élèves apprennent à faire une réanimation cardio-respiratoire sur des mannequins. ©Anne Thirion/D9
Les élèves apprennent à faire une réanimation cardio-respiratoire sur des mannequins. ©Anne Thirion/D9
Une vidéo en 3D est d’abord présentée à l’assistance. Une femme arrive sur les lieux d’une fusillade. Elle appelle les secours avant de venir en aide aux victimes en attendant l’arrivée des pompiers. Les élèves débriefent ensuite en petit groupe avec un formateur, l'occasion de poser des questions sur ce qu’ils ont vu avant que la formation ne commence. On leur apprend à prendre en charge les blessés : les mettre en position d’attente, faire une compression, les maintenir éveillés le plus longtemps possible. Ils apprennent aussi les bases de la pose d'un garrot mais les formatrices mettent en garde : «C’est vraiment en dernier recours, si vous avez plusieurs blessés à traiter en même temps, car c’est dangereux pour le blessé.» La formation n'a duré que deux heures mais elle permettra peut-être de sauver des vies. 

Des demandes en constante augmentation

Dans la salle, tout le monde semble plutôt satisfait. Beaucoup assistent à leur première formation de secourisme, comme Gini : «Je me suis inscrite dès le début, ça fait longtemps que je voulais en faire une.» Ou Valérie, venue avec ses trois enfants âgés de 10, 13 et 18 ans : «J’ai trouvé que c’était important de leur apprendre les premiers réflexes.» Les enfants sont ravis. Simon, l’aîné, ajoute toutefois que cette formation doit être entretenue pour être efficace. Son avis est partagé par la Croix-Rouge qui préconise un rappel tous les ans. Selon Adeline, formatrice de l’association dans le 9e, les stages ne désemplissent pas depuis les attentats : «A tel point que l’on manque de formateurs.»

Suite aux attaques terroristes, les attentes ont changé : «Avant, les principaux stages qu’on faisait étaient imposés à certains professionnels, comme les conducteurs de taxi. Les participants n’étaient donc pas forcément attentifs. Maintenant on a des gens très motivés et impliqués face à nous, ils posent beaucoup de questions », explique-t-elle avec un grand sourire.

Ce samedi, 116 personnes ont pu être formées dans le 9e. Une fréquentation satisfaisante selon la Croix-Rouge, qui a même dû refuser des participants sur la dernière session de la journée.

Infos pratiques :
La Croix-Rouge propose deux types de formations aux premiers secours : PSC1 et IPSEN.
Comptez entre 50 et 60€ pour la première et entre 15 et 20€ pour la seconde.
Infos complémentaires et inscriptions sur paris09.croix-rouge.fr

Anne Thirion
 



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