Lundi 18 Novembre 2013
Rédigé par Aude Massiot et Cyril Camu. Modifié le 14 Novembre 2014

Systema : de l'art de combattre en méditant


ART MARTIAL - Tous les jours, au cœur de la Petite Arménie, quartier historique de la diaspora arménienne dans l'est du 9e arrondissement, sont organisés des cours de systema (ou СИϹTEMA en russe), un art martial russe inspiré des techniques de combat du KGB.


Un cours de systema, à Cadet. (Photo: Le Daily Neuvième).
Un cours de systema, à Cadet. (Photo: Le Daily Neuvième).

«Le systema n'impose aucune règle ou limite autre que morale», prévient le site internet de la Ligue française de systema, créée par Jérôme Kadian. C'est dans la cave du centre culturel arménien, situé au 17 rue Bleue, que cet instructeur de sport de combat russe organise ses cours. Large d'épaules, plutôt trapu et parlant avec un accent caucasien, il a le gabarit d'un ex-membre des services secrets soviétiques. Et pourtant... Il n'est ni russe, ni membre du KGB, il vient d'Arménie et travaille à Paris dans la sécurité rapprochée.

A 45 ans, il enseigne ce sport depuis 10 ans et y a été initié par Mikhaîl Ryabko et Vladimir Vasiliev, tous deux anciens membres des Spetnaz, groupes d'intervention de l'ex-police soviétique.

 



 

Pour lui, le systema est «un art de survie». Au contraire des autres arts martiaux, il n'existe ni techniques, ni enchaînements précis. Il s'agit de pouvoir réagir à une agression dans la rue, sans perdre son sang-froid. Ne pas détruire l'adversaire, mais le neutraliser. Dans ce but, Jérôme prône le contrôle de sa respiration en toutes circonstances. 

 


Des mises en situation

Jérôme Kadian, l'instructeur de Systema. (Photo: Le Daily Neuvième).
Jérôme Kadian, l'instructeur de Systema. (Photo: Le Daily Neuvième).
«Si je vois les élèves trop tendus, je dois les frapper», explique Jérôme pendant son cours. Dans sa vision, être détendu est l'élément-clé pour ne pas souffrir au combat. «C'est la tension qui amène la douleur. Comme lors d'une crampe», affirme Laurent, 40 ans et adepte du systema depuis 2006. Comme lui, ils sont une quarantaine d'hommes et une dizaine de femmes à suivre les cours de Jérôme avec assiduité. Ce dernier leur propose des mises en situation réalistes : attaques par deux assaillants, étranglements, combats au couteau. 


Pour Laurent, le systema français «doit tout à Jérôme Kadian» car c'est lui qui l'a importé au début des années 2000. Aujourd'hui, il existe de nombreux clubs en France dont les instructeurs viennent profiter de l'enseignement dispensé dans les locaux de la rue Bleue. 

 
A voir les élèves à la fin du cours se mettre en cercle et partager leurs impressions sur l'heure et demie qu'ils ont passé à se battre, on comprend que ce qu'ils apprennent ici «dépasse le cadre des arts martiaux», comme le rappelle Laurent. «Pensez à votre état intérieur» répète souvent l'instructeur arménien, lui qui fait moins office de maître que de figure tutélaire pour cette «petite famille». Surtout que Jérôme ne manque jamais d'humour: «si je prends les coups héroïquement, je vais changer de couleur rapidement. On va m'appeler l'Arménien dalmatien».

Infos pratiques :

- Systema France, Maison de la culture arménienne, 17 rue Bleue, M° Cadet

Contact: Jérôme Kadian, jeromekadian@systemafrance.com

Les cours ont lieu tous les jours (sauf mardi et dimanche) de 12h à 13h30, de 18h15 à 19h45 et de 20h à 21h30

- La salle d'Armes , salle Buffault M° Cadet

Mardi 10h-13h, Vendredi 10h-13h

Pour les adeptes de combat avec «pelles, baïonnettes, manches de pioche, ceintures, escalier, etc.»

 




Vous aimerez aussi
< >

Jeudi 23 Février 2017 - 18:51 Les petits coins du 9e

Jeudi 9 Février 2017 - 12:43 Faire du sport en apprenant la vie


Nouveau commentaire :







La playlist de septembre