Vendredi 31 Mars 2017
Rédigé par Clarisse Matta. Modifié le 31 Mars 2017

Scènes intemporelles de la vie conjugale


Laëtitia Casta et Raphaël Personnaz jouent les protagonistes de Scènes de la vie conjugale au Théâtre de l’Œuvre jusqu’au 30 avril. Tiré du célèbre film de 1973 d’Ingmar Bergman, ce spectacle pose des problématiques intemporelles, sans forcément toucher tous les publics.


© Théâtre de l'Oeuvre
© Théâtre de l'Oeuvre
«Je viens de renouveler le bail». Johan, 36 ans, est cynique, un peu moqueur. Marianne, elle, plus douce et inquiète. Ils sont jeunes, beaux et mariés depuis dix ans. Un couple moderne et modèle. Lui universitaire, elle avocate, ils ont deux filles, partent en vacances à Biarritz et sont amoureux. Pourtant, dans le huis clos de leur appartement, les spectateurs assistent à un questionnement permanent, aux interrogations d’un couple qui ne sait plus vivre ensemble. Jusqu’au jour où Johan assène le coup final, tombé amoureux d’une jeune femme de 23 ans, Paula. Il part vivre à Rome avec elle, laissant femme et enfants derrière lui. 20 ans dans la vie d’un couple qui se déchire mais ne cesse jamais de s’aimer.

Une entrée réussie dans l’intimité du couple

Tiré du célèbre Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman, ce récit captive et met mal à l’aise. Dans un Théâtre de l’Œuvre petit et serré, mis en scène très sobrement par l’auteur et réalisateur Safy Nebbou, le spectacle donne presque une sensation de voyeurisme tant les scènes sont intimes. Pour Charlotte, comédienne de 30 ans, cette mise en scène sert le spectacle : «C’est très simple mais vraiment efficace pour le récit, à mon sens il n’y a vraiment pas besoin de plus».

Le texte a plus de 40 ans mais semble nous rappeler que les questionnements et les ressorts des relations humaines sont intemporels.

Pull rose, pantalon beige et chignon : Laëtitia Casta est une Marianne discrète, touchante, un peu niaise. Presque irritante de naïveté, elle propose un jeu fin, qui va de la femme dépendante à la femme libérée. Face à elle, un Raphaël Personnaz bluffant qui arrive à nous faire détester le Johan égoïste et vicieux, et à avoir de la peine pour le Johan immature et fragile. Un couple de comédiens qui fonctionne et irradie. «Ils sont très justes tous les deux», juge Charlotte. «Au début je trouvais ça un peu mou mais finalement ils nous entraînent dans l’histoire.» 

Touchant sans être universel

Dans la salle, Bérénice Béjo, Stéphane de Groodt, Laurent Ruquier... en ce mercredi soir, le tout Paris est venu voir cette pièce au casting gratiné.

Clothilde, photographe de 26 ans, a aimé la pièce mais se sent un peu éloignée des problèmes abordés : «Je n’ai jamais été mariée. Du coup, j’ai eu un peu du mal à ressentir leurs émotions, leurs tiraillements intérieurs», confie-t-elle.

Ingmar Bergman dépeint des problématiques de couple universelles. Mais elles concernent des hommes et des femmes mariés, ou en concubinage depuis longtemps... Il est compliqué de rester insensible devant la fragilité des personnages, mais difficile de s’identifier à leur quotidien sans en connaître les ressorts.  

Clarisse Matta
 



Informations pratiques

Scènes de la vie conjugale : jusqu’au 30 avril au Théâtre de l’Œuvre.
55 rue de Clichy 75009 Paris.
Métro ligne 13 : Liège. Bus 68 et 81 arrêt Liège.

Mise en scène de Safy Nebbou. Avec Laëtitia Casta et Raphaël Personnaz.
1e Catégorie 42 € / 2e Catégorie  32 € / 3e Catégorie 19 € / Jeunes - 26 ans 10 € le soir même (selon disponibilité). Du mercredi au samedi à 21h le samedi et dimanche à 17h
Tel : 01.44.53.88.88

 



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