Le journal qui s'intéresse à ceux qui vous intéressent- 22 rue des Martyrs, 75009 Paris - Contact: dailyneuvieme@gmail.comMercredi 23 Mai
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Renaud Czarnes, le passant du 9eEnfant (et adulte) du 9e, le journaliste des Echos Renaud Czarnes publie son premier roman, "Un passant ordinaire". La belle histoire sucrée-salée d'un étudiant dilettante, porté par le jazz et ses amis, dont la vie va basculer, pour le meilleur et peut-être le pire.
"Seuls les poissons morts suivent le courant." Calude n'est pas mort - pas encore -, mais s'est endormi, et se laisse porter.
Au gré d'une erreur de boîte aux lettres qui a donné du relief à son Claude natal ou d'un lendemain pour finir une thèse sur Céline. Au gré de ses amitiés - attachantes - pour travailler à des chroniques de disques, dans une triperie de la rue Lepic et battre, médiocrement, du jazz. Au gré du hasard pour renconter l'amour. Qui fait bien les choses, juste avant de balancer un vilain crabe sur sa route. Alors, vite, remonter le courant. Ne plus donner dans le demi-fond, mais passer au sprint. "Qu'est-ce que je ferais si..." Cette idée de roman, "qu'est-ce que je ferais si...", Renaud Czarnes la porte depuis ses 20 ans (il en a 46), mais a attendu encore vingt ans pour s'y atteler. A la façon de Calude, son "passant ordinaire" ? "Je n'en ai pas le physique - son héros laisse aussi son poids varier au fil de l'eau -, et j'en suis à un stade plus sophistiqué pour la critique musicale" corrige-t-il dans un sourire. Et il n'est pas vraiment dilettante, journaliste aux Echos depuis onze ans (la politique, après la culture et l'économie), critique de jazz, mais aussi photographe (peut-être une expo avenue de Trudaine en septembre). Sans oublier la publication prochaine de Art et comédie, saynètes "à la façon Roland Dubillard", et le projet d'un deuxième roman qui devrait être une satyre politique et sociale du monde de l'entreprise (dont il donne ici un avant-goût en racontant un séminaire édifiant). Et, lui, il a fini sa maîtrise de lettres avec Céline. "User le soleil" En revanche, comme Calude, Renaud Czarnes est passionné de jazz et en parle d'abondance - vite, écouter ses incontournables -, et batteur. Un batteur qui, au cours de ce récit à la première personne, va troquer ses balais "à l'effet soyeux sur la caisse claire" contre des baguettes...mais en se gardant surtout de faire résonner la grosse caisse du pathos. Fort d'un sens aiguisé de la formule, d'un humour caustique ou poétique, Renaud Czarnes nous fait sourire, rire, même au plus sombre. Et nous rappelle l'urgence, une fois le livre lâché, "d'user le soleil". Au pied de la butte Au rang des personnages attachants de ce roman, Montmartre, "qui n'a plus rien de bohême, béhème peut-être", et le 9e, "longtemps un arrondissement à la population vieillissante, devenu bourgeois avec l'arrivée des crèches et la hausse des loyers, mais pas plus bohême". Renaud Czarnes y a vécu toute son enfance entre rues des Martyrs et de la Tour d'Auvergne, "le 9e, c'est mon cimetière à moi". Mais aussi sa vie, aujourd'hui du côté de la rue Blanche. Un lieu. "La rue des Martyrs et ses commerces, même si je déplore ce travers qui consiste à s'enticher de ce qui veut authentique alors qu'on est dans le surfait et le contrefait. La rue Frochot, où j'aimerais habiter. Drouot, où j'ai découvert le monde fascinant des salles des ventes." Un souvenir. "Le cirque Médrano, démoli au profit d'un immeuble, énorme verrue. Le confiseur du milieu de la rue des Martyrs." Un restaurant. "Je n'y vais pas beaucoup". Un commerce. " Les boutiques de fringues et de bijoux de la rue Victor Massé, même si c'est pour femmes. La boutique de photo Elle et lui, rue Condorcet. La Baguetterie, à l'angle des rues Pigalle et Massé, où j'ai passé beaucoup de temps. Et Plus de bruit, rue de la Rochefoucauld, boutique de disques d'occasion tenue par un type sensationnel, la mémoire du Rock !" Ce qu'il faudrait préserver. "Les vieilles salles de concert, Les Folies bergères. Mais j'ai beaucoup regretté qu'on élargisse les trottoirs rue des Martyrs, la circulation est encore plus difficile ! Sans compter les modifications des sens de circulation, sous la pression des écologistes. Tout ça doit marcher, puisque j'ai vendu ma voiture... Mais il y a un équilibre à trouver, il ne faudrait pas devenir une ville sanctuaire." Un endroit pour écouter du bon jazz. "Pour les lieux permanents, ça reste la rue des Lombards et le New Morning." Emmanuelle Cohendet
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Le Daily Neuvième est édité par SurCom, SARL au capital de 8000 euros. RCS Paris. Siège social: 22 rue des Martyrs, 75009 Paris, tél: 06.29.54.42.50. Gérante et directrice de la publication: Katia Kermoal. Commission paritaire: 0512 W 90401.
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