Widgets Magazine
Le Daily Neuvième, le journal qui s'intéresse à ceux qui vous intéressent

Le journal qui s'intéresse à ceux qui vous intéressent- 22 rue des Martyrs, 75009 Paris - Contact: dailyneuvieme@gmail.com

Mercredi 23 Mai
2:17

Payer plus... pour fumer plus !

Dans le 9e comme ailleurs, la hausse du prix du tabac ne devrait pas avoir d'effet dissuasif. Au contraire, le tabagisme est en augmentation, notamment chez les plus jeunes.


Si les clients sont pafois rares, c'est la pluie, pas la hausse !
Si les clients sont pafois rares, c'est la pluie, pas la hausse !
"Il manque 30 centimes..." "Ah ? Voilà..." La cliente du Bar Tabac Le Balto, à l'angle des rues Henri Monnier et Victor Massé, fait l'appoint, prend son paquet et tourne les talons en constatant que cette nouvelle hausse du prix des cigarettes ne changera rien à ses habitudes.

"C'est ce qu'ils nous ont tous dit "confirment les buralistes du 9e que nous avons visités, un 9e où, comme ailleurs, on a tout au plus fait ses provisions la veille. "La seule chose qui va changer, c'est leur porte-monnaie."

Certains clients et buralistes croient que la hausse de 6% a été voulue par l'État (qui empochera quoi qu'il en soit 660 millions de recettes en plus), d'autres par les fabricants.

"Mes commerciaux m'ont dit que c'était Malboro qui l'avait voulue parce qu'ils perdaient des parts de marché." La marque au cow-boy pourrait avoir des surprises : "Pour la dernière hausse, beaucoup de clients n'ont pas diminué leur consommation, mais ils ont changé de marque, pour une moins chère." Qui reste moins chère.

"Une reprise explosive"  chez les collégiens et lycéens parisiens

"Tout de même, relève à son tour le patron du tabac Tour d'Auvergne, un paquet peut atteindre 6 euros ! C'est une somme! Si vous convertissez en francs, il n'y a pas si longtemps, pour le même prix, on achetait ses clopes, mais on pouvait aussi manger ou boire un coup!"

Reste que les associations s 'attendaient à un effet dissuasif quasiment nul, voire pervers, ces 6% étant pour eux insuffisants.

Selon une étude de  l'Office français de prévention du tabagisme auprès des collégiens et lycéens parisiens, "si la consommation a baissé dans les années 2003-2004, elle connaît en 2008-2010 une reprise explosive avec le deuxième plan cancer dont la section tabac a probablement été plus écrite par les lobbyistes du tabac et le ministre du Budget que par la Ministre chargée de la santé et dont la présentation publique par le président Nicolas Sarkozy en 2009 a été faite de façon à minimiser autant que possible l’effet bénéfique à la santé des rares mesures prises, en particulier l’augmentation des prix du tabac."

Emmanuelle Cohendet
           

Commentaires

1.Posté par Randall le 11/11/2010 02:42
L'Office français de prévention du tabagisme râle surtout parce que l'on lui rabote de généreuses subventions lui ayant permis de mener grand train, pour faire pression sur la politique du gouvernement notamment. Avec nos impôts donc.

Le problème, c'est que les résultats de cette association, fer de lance de la lutte anti-fumeurs, laissent à désirer : un million de fumeurs en France en plus en 2010 par rapport à 2005. Peut-être que l'OFT, qui dénigre toutes les approches qui ne sont pas médicalisées (il faut bien favoriser les traitements pharmaceutiques...), y est pour quelque chose, non ?

Et dire qu'il faut sans cesse augmenter le prix pour cacher son ignorance et son impuissance, ce n'est pas valeureux de sa part. Augmenter les prix, c'est taxer plus les pauvres, ceux qui souffrent et fument le plus.

2.Posté par Ludé le 11/11/2010 13:20
" Augmenter les prix, c'est taxer plus les pauvres, ceux qui souffrent et fument le plus."

Bien s'il y a bien un domaine où je ne vous suivrais pas, c'est bien cette remarque que je trouve, pardonnez-moi, vraiment stupide. Le tabac n'est pas indispensable pour vivre (c'est même l'opposé !), on peut franchement s'en passer, il "suffit" de ne pas commencer.

Manger sain, en revanche, c'est indipensable à la vie alors si les "pauvres" - comme vous dite - se plaignent de la cherté des aliments je veux bien, mais pas le tabac.

Perso je suis pour un paquet à 10 € minimum.

3.Posté par Randall le 11/11/2010 15:45
Oui c'est une saloperie, mais un fumeur se passera de manger plutôt que de tabac. Une étude avait été faite à la fin de la guerre en Allemagne dévastée : la tabac au marché noir passait avant la nourriture. Durant la guerre de 14-18, les officiers au front demandaient d'abord du tabac, avant la popote. Les exemples abondent, sans parler des sdf, quasiment tous fumeurs, bien que dans la dèche.

On peut distinguer deux cas :
1°) Celui des fumeurs réguliers
2°) Celui de l'entrée dans le tabagisme
Dans ces deux cas, le prix n'est pas une barrière malheureusement.

Dans le cas des fumeurs réguliers, on constate que 50 % des chômeurs, a priori désargentés, sont fumeurs. Leur situation, au lieu de les inciter à cesser la cigarette, les incite à rester fumeur. Plus on est pauvre, plus on fume. Parce que fumer est une façon de survivre dans les temps difficiles. C'est pour vous une illusion mais vous ne pouvez pas dire le contraire d'un fait avéré partout.

Augmenter le prix n'incite pas à arrêter comme le dit avec justesse le Daily Neuvième, qui a peu de chance d'être subventionné par Big Tobacco... Une enquête de La Provence montrait que 8 % des webacteurs fumeurs disait que l'augmentation va les inciter à arrêter. Et il y a loin de l'envie au passage à l'acte. Ils arrêteront... demain !!

Concernant les jeunes, le prix n'a pas d'importance vraiment, sauf pour les parents qui financent. Le prix en fait réfléchir quelques uns, certes, mais on ne se met pas à fumer en allant chez le buraliste acheter un paquet. On commence en groupe en taxant un(e) pote, puis on finit par en acheter : on est déjà dépendant alors, accro à vie. On ne dit pas assez aux jeunes que la première cigarette peut rendre dépendant. Cela relève de l'éducation, du rôle des parents, des modèles de réussite qu'on propose aux jeunes. Pour eux aussi la vie est dure.

Un dernier argument pour la route : la ministre de la santé attribue l'augmentation de un million de fumeurs supplémentaires entre 2005 et 2010... à la crise. La crise, le manque d'argent, a fait croitre le tabagisme : 90 % du gain entre dans les coffres profonds de l'État.



4.Posté par Ludé le 11/11/2010 15:49
OK, pas mal. Au moins c'est argumenté. Merci.

Celà dit il faut faire quoi ? Baisser le prix du tabac ?

5.Posté par Randall le 11/11/2010 17:21
"Faire quoi ? Baisser le prix du tabac ?" Bonne question !

La crise a eu pour effet une augmentation du nombre de fumeurs : en Angleterre c'est évident aussi. Il est possible qu'en taxant moins les gens en difficulté on favorise leur abstinence à venir. Les autres ont de toute façon plus de facilité à arrêter... Bref on surtaxe les pauvres pour favoriser les riches : l'INPES a bien montré (en 2009) que les politiques anti-tabac n'avaient pas impacté les pauvres, seules les classes sociales aisées ont réduit leur tabagisme.

Un paquet de cigarettes sur cinq fumé en France échappe aux taxes françaises, et alimente des circuits parallèles, genre mafieux. Au Québec, la contrebande, c'est 40 % des mégots ramassés à la sortie des lycées. Ici aller au métro Barbès : "Malboro, malboro, 3 € !"

Il est probable que prix actuel est optimisé pour les rentrées fiscales. On les réduirait en augmentant les taxes, comme l'a constaté le Canada. En réduisant les taxes, les canadiens ont augmenté les revenus ! Le prix français est donc dépendant du prix du tabac dans les pays voisins, qui sont actuellement tous inférieurs au prix en France.

Je crains aussi que l'état de nos finances nous ait rendu dépendants (accro) aux recettes fiscales sur le tabac : on ne peut plus s'en passer, la rechute serait rapide, à la première occasion. Ne nous faisons pas d'illusion, ces taxes c'est comme une drogue pour nos fonctionnaires et autres médecins hospitaliers. Le système de santé est le premier à avoir besoin de ces revenus, et il est toujours plus gourmand, pour notre santé dit-il. Est-ce que les non fumeurs sont collectivement prêts à payer plus d'impôts pour réduire les rentrées fiscales du tabac ? Qui est prêt à une cure de désintoxication ?

6.Posté par Arthur le 12/11/2010 12:17
Je confirme les études sur l'incitation financière. On arrête pas la drogue parce que son prix monte. Par contre, véritable question: comment ne pas commencer? Avec l'alcoolisme chez les jeunes, nous avons là deux questions de santé publique majeures.

Nouveau commentaire :
B i u  QUOTE  URL







DERNIERS COMMENTAIRES

Mon email:


Cliquez pour voir ou diffuser une petite annonce gratuite sur Le Daily Neuvième


Le Daily Neuvième on Facebook





Le Daily Neuvième est jumelé avec:

 

Vidéo à la Une
Philippe Katerine à la Galerie des Galeries
Publié par Le Daily Neuvième le 09/04/2012 à 19:08 | 0 Commentaire