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Mercredi 23 Mai
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Patrick Eudeline de la rue des Martyrs à Michael Jackson


Patrick Eudeline de la rue des Martyrs à Michael Jackson

Patrick Eudeline (photo), écrivain, n'habite pas le 9e arrondissement par hasard. Son dernier roman, publié aux éditions Grasset, a pour titre "Rue des Martyrs". Interview de cet enfant du rock.


Avec sa silhouette longiligne, ses Ray Ban vintage et son look d'authentique rockeur, Patrick fait un peu figure de rescapé. Depuis Asphalt Jungle, le premier groupe de musique Punk en France dans les années 70, il  est toujours aussi passionné et anti-conformiste.

Enfant issu d'un milieu bourgeois, Patrick se souvient que son père était scandalisé par la vie débridée de Pigalle et des prostituées qui animaient les rues du quartier. Dès l'âge de 11 ans, pour fuir une vie formatée et trop lisse, Patrick se laisse transporter par la musique. Les Rolling Stones, les Beatles, Jimmy Hendricks et bien d'autres construiront sa vie, faite de plaisir et de révoltes.

Même s'il a écrit pour un grand nombre de quotidiens et magazines, notamment Libération, Nova, Actuel, Rock & Folk, Patrick ne se considère pas comme un journaliste ou un critique musical. "Je ne fais ni de journalisme, ni de critique. Je suis un fou d'écriture. Il faut une expérience intime avec la musique pour écrire dessus et c'est ça qui m'intéresse. J'ai beaucoup de respect pour les musiciens", souligne-t-il. Interview.

Êtes-vous toujours aussi passionné de musique? Qui vous fait encore vibrer?

Patrick Eudeline: Je dois l'avouer, la musique d'aujourd'hui ne m'intéresse pas trop. Ce sont des années pauvres, c'est un fait. J'écoute beaucoup de jazz des années 40 et la musique des années 60. Les groupes de rock d'aujourd'hui me dépriment profondément. Je n'ai pas envie de critiquer. Je suis plus attiré par les chanteuses comme Camille , Emily Loizeau ou Madeleine Peyroux.

Comment expliquez-vous cette pauvreté dans la création?

PE: Il y a une sorte de formatage. C'est tout le système qui se veut de plus en plus conformiste. On n'encourage ni la création ni la découverte. Vu les enjeux financiers, on cherche des formules déjà éprouvées. Dans le monde de l'édition, dès que c'est un peu trash, on s'interroge. Virginie Despentes, Vincent Ravalec, Michel Houellebecq ou Nicolas Rey auraient aujourd'hui du mal à exister. 

Et pourtant, il y a la possibilité aujourd'hui d'exister et de se faire remarquer sur Internet...

PE: Internet est un miroir aux alouettes. C'est de la démagogie. Personne ne viendra vous chercher sur Internet. Je suis contre Internet car on pille la création. La loi Hadopi est mal foutue mais on n'a pas trouvé mieux. On m'a déjà tué sur Internet (dit-il avec colère)! J'étais annoncé comme mort. Vous imaginez si ma mère apprenait cette nouvelle ainsi? Il est très difficile de maîtriser sur la toile l'information vous concernant.

Que pensez-vous du tapage médiatique autour de la mort de Michael Jackson?

PE: La mort sanctifie. Pour une star, cela me semble normal. Il n'y a rien de choquant. J'irai même jusqu'à dire que je suis surpris car beaucoup d'horreurs ont circulé à son sujet. La pire injure pour une vedette est l'indifférence.

Votre roman, dont le titre est "Rue des Martyrs" a-t-il un lien avec le 9e ?

PE: La fin du roman se passe rue des Martyrs. C'est une fiction autour de la vie d''un chanteur rock qui claque la porte et disparait de la scène pour revenir... J'ai besoin de plonger mon héros dans un monde réel. Je connais à la perfection le 9e arrondissement comme les lieux évoqués dans mon livre. Je suis très pointilleux. Je suis fétichiste et j'ai l'obsession du détail. Je ne supporte pas une erreur.

Avez-vous des lieux que vous aimez particulièrement dans l'arrondissement?

PE: Ils sont nombreux, entre l'Hôtel Amour rue de Navarrin ou Corso, avenue Trudaine. J'aime particulièrement le restaurant "Au Palais du grand moghol". C'est le premier restaurant indien qui a ouvert à Paris, rue Gérondo.

Quels sont vos projets après ce roman?

PE: J'écris actuellement des chansons pour une chanteuse mais je ne peux pas citer son nom. Je prépare un disque aux tonalités blues et jazz qui sortira en octobre/novembre. 

Propos recueillis par Katia Kermoal 

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Katia Kermoal
           

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Publié par Le Daily Neuvième le 09/04/2012 à 19:08 | 0 Commentaire