Jeudi 2 Novembre 2017
Rédigé par Diane Regny. Modifié le 2 Novembre 2017

Participer aux conseils de quartier : ça donne quoi ?


A quoi servent les conseils de quartier ? C'est à cette question que le Dailyneuvieme répond à l'occasion de leur renouvellement le 23 novembre et ce, pour une durée de 3 ans. Si vous envisagez cette expérience citoyenne, vous avez jusqu’au 12 novembre pour déposer votre candidature.


Carte du 9e arrondissement de Paris avec les zones de chaque conseils de quartier et leurs élus référents (©Mairie du 9ème arrondissement de Paris)
Carte du 9e arrondissement de Paris avec les zones de chaque conseils de quartier et leurs élus référents (©Mairie du 9ème arrondissement de Paris)
«Le conseil de quartier, c’est une structure qui doit être à l’écoute pour informer les habitants de ce qu’on fait mais aussi interpeller l’élu référent ou en tout cas, discuter avec lui», explique Jean-Pierre Plagnard, membre du Collège des habitants de Blanche-Trinité. Ce cinquantenaire, cadre dans la finance, a décidé de participer à la vie citoyenne de son quartier il y a trois ans. Pour lui, c’est essentiellement un moyen de «permettre aux citoyens de se réapproprier leur quartier». 

Les candidats seront choisis par tirage au sort paritaire ce 23 novembre, effectué sous contrôle d’un huissier, avant d’intégrer les conseils de quartier. L’appel aux candidatures est ouvert jusqu’au 12 novembre prochain. A ce jour, 200 personnes ont déjà candidaté pour le collège des habitants et 51 pour le collège des personnalités qualifiées. 

Un élu référent chapeaute le conseil de quartier auquel il est affilié. «Ce n’est pas un PDG mais simplement un élu qui est présent, prend en notes les demandes et se fait la courroie de transmission quand le conseil de quartier veut s’adresser à la mairie ou quand la mairie veut transmettre des informations aux conseils de quartiers», explique Isabelle Vught, déléguée à l’animation locale de la mairie du 9e
 

« Tout se fait par consensus »

Généralement, c’est la coordinatrice des conseils de quartier, Mariella Eripret, qui fixe l’ordre du jour mais le collège des habitants peut décider de parler d’un sujet. «Même si c’était une des craintes, au départ, de l’opposition, il n’y a pas de censure», affirme Isabelle Vught. La pluralité des débats et des propositions dépend de l’investissement des citoyens des conseils de quartier. «Vous créez votre crédibilité par vos remarques, la façon d’apporter les sujets et de les défendre», estime Jean-Pierre Plagnard.

Les conseils de quartier ont un rôle consultatif. «Notre pouvoir est nul, ce n’est qu’un pouvoir de communication et de facilitation», admet Jean-Pierre Plagnard. Chaque conseil possède un budget de 3300€ pour le fonctionnement et de 8000€ en investissement chaque année. «Ça n’a pas été revalorisé depuis très longtemps, ce qui est dommage», regrette Isabelle Vught avant de préciser que le budget d’investissement ne peut pas être transformé en fonctionnement ou l’inverse. Pourtant, les conseils de quartier piochent beaucoup plus dans le budget de fonctionnement puisqu’il permet l’organisation d’évènements comme la Fête du quartier. 

Encourager la vie collective

Participer aux conseils de quartier : ça donne quoi ?
«C’est un lieu d’échange très gai et quand il n’y a pas de fête de quartier, les gens se plaignent», sourit Isabelle Vught, satisfaite de ce «moment de réappropriation de l’espace public». En général, les conseils de quartier essayent d’avoir «une fanfare, une maquilleuse, un babyfoot géant, des tracts, des flyers, des jeux pour enfants» et une association organise un vide-grenier. «C’est un évènement qui a du succès et permet aux gens d’avoir la sensation de vivre dans une ville à leur échelle», abonde Jean-Pierre Plagnard qui regrette que Paris ait si souvent l’image d’une «ville déshumanisée ou d’une ville de touristes uniquement».

Même si les conseils de quartier ont surtout pour but d’encourager les habitants à s’investir plus dans la vie de leur quartier, il leur arrive de porter des projets plus ambitieux. Ainsi, Jean-Pierre Plagnard a encouragé le projet de rénovation de la Place de Budapest. «Ça fait partie des 5 projets qui vont être mis en place. On va mobiliser environ 650 000 euros», développe-t-il.  «Les conseils de quartiers sont très moteurs en termes de budget participatif», confirme Isabelle Vught. «Le budget participatif se fait essentiellement à travers les crédits et il faut trouver les projets, les valoriser et les vendre», ajoute-t-elle.

Les «personnalités qualifiées» elles n’ont pas de statut à part, ce sont simplement des acteurs de la vie du 9ème arrondissement. «Comme les autres, leur rôle est de distribuer des sangrias, d’accrocher des banderoles, de distribuer des tracts, de jouer au babyfoot quand il faut pour lancer les gens…» sourit Isabelle Vught. Les conseils ne sont «pas politisés mais soucieux de la vie collective», précise-t-elle avant d’appeler la jeunesse à se lancer (c’est possible dès 16 ans). «Vous changez les choses dès lors que vous créez un peu de mieux vivre autour de vous» donc «si vous avez vraiment le temps de faire quelque chose qui soit satisfaisant, il faut se présenter», affirme Jean-Pierre Plagnard.  

Infos pratiques

Où ? A la mairie ou en ligne
Pour qui ? Les résidents ou les acteurs du 9e arrondissement
Quand ? Candidatures jusqu'au 12 novembre, tirage au sort paritaire le 23 novembre
Comment ? En remplissant le bulletin de candidature  
Prix ? Gratuit 
  
 
Diane Regny





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