Lundi 14 Juillet 2014
Rédigé par Julien Moro. Modifié le 14 Novembre 2014

On a retrouvé le premier terrain de basket d'Europe, rue de Trévise


HISTOIRE - Depuis 120 ans, ce foyer héberge des étudiants et des jeunes travailleurs. Du premier match de basket-ball européen au 150e anniversaire des YMCA, retour sur les principaux événements qui ont marqué le lieu.


Sur ce terrain a été joué le premier match de Basket-ball en Europe (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Sur ce terrain a été joué le premier match de Basket-ball en Europe (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Alors que la rentrée approche, nombreux sont les nouveaux étudiants à la recherche d'un toit dans Paris. Pour ceux qui souhaitent éviter les studios de la taille d'un placard, il existe les foyers, moins chers (voir infos pratiques) et plus conviviaux. Le 9e arrondissement de la capitale a le sien.

Le foyer de Trévise est géré par l'association UCJG  (Union chrétienne des jeunes gens ou YMCA en anglais). Très actif sur le continent américain, les YMCA sont plus célèbres en France pour la fameuse chanson des Village People que pour leurs activités associatives. Pourtant, c'est bien dans l'Hexagone que ce mouvement de jeunesse a vu le jour. L’association a posé ses valises en 1893 à Paris au 14, rue de Trévise. Depuis plus d'un siècle, elle propose des chambres pour étudiants et jeunes travailleurs dans ce lieu chargé d'histoire.

Terre de basket-ball

C’est dans le gymnase situé au sous-sol du bâtiment qu’a été disputé le tout premier match de basket-ball en France et en Europe. Inventé seulement deux ans plus tôt par James Naismith, professeur au collège YMCA de Springfield dans le Massachusetts (États-Unis), le sport a fait sa première apparition sur le vieux continent dans ce foyer, alors que l’UCJG de Paris venait à peine d’investir les lieux.

Le gymnase est d'ailleurs monté de façon identique à celui du collège de Springfield, dans lequel s'était joué un an plus tôt le premier match de basket-ball en public. Grâce à des fonds américains, les éléments du complexe sportif ont été acheminés par bateau directement depuis l'autre côté de l'Atlantique. 

Cette plaque a été installée en 2005 pour les 150 ans des YMCA (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Cette plaque a été installée en 2005 pour les 150 ans des YMCA (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Dès lors, le lieu prend une dimension historique. Désormais classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, le parquet est protégé et n’a pas été changé depuis son origine. Pour autant, le terrain reste utilisé fréquemment et les résidents disputent encore régulièrement des matchs de basket-ball.


«On a de la chance de pouvoir jouer en plein Paris même si c'est vrai que le terrain n'est plus trop praticable», commente Rémy, 20 ans, habitant du foyer. 


Le parquet en 1893 (dr) et en 2014 (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Le parquet en 1893 (dr) et en 2014 (©DailyNeuvième/Julien Moro)

L'attraction du quartier

L’immeuble, dessiné par l’architecte Bénard disciple de Gustave Eiffel, abritait également un restaurant, une bibliothèque, la première piscine privée de Paris, une salle de spectacle et même un bowling. Dès les premières années suivant sa création, ce bâtiment, véritable complexe multidisciplinaire, est devenu le centre névralgique du quartier.

«Les employés des bureaux alentours déjeunaient tous ici», raconte Sylvie Wolf, actuelle directrice de la maison. À l'époque, on se bousculait dans les couloirs du foyer: «Vous savez pourquoi il y a une rampe de chaque côté du grand escalier? C'était pour que les hommes et les femmes puissent s'appuyer en lisant le journal quand ils faisaient la queue pour aller manger.»

La seconde rampe servait de soutien aux personnes qui attendaient l'ouverture du self-service (©DailyNeuvième/Julien Moro)
La seconde rampe servait de soutien aux personnes qui attendaient l'ouverture du self-service (©DailyNeuvième/Julien Moro)
Aujourd'hui ces espaces n'existent plus ou sont à l'abandon. Petit à petit, le 14 rue de Trévise a perdu de son attrait. La piscine, le bowling et le restaurant ont fermé en 1965. Les raisons? Trop d'argent dépensé dans l'entretien et des nouvelles normes de sécurité de plus en plus restricitves. S'ensuit une période moins glorieuse pour le centre UCJG. 

La piscine au XIXème siècle (dr) puis en 2014
La piscine au XIXème siècle (dr) puis en 2014

Sauvé de justesse

Malgré ces fermetures, le foyer continue son activité principale: l'accueil des étudiants et jeunes travailleurs. Mais la maison tombe dans l'oubli et une gestion catastrophique conduit le conseil d'administration à envisager une fermeture totale. «C'est en 1994 que le conseil m'a demandé de prendre les rênes du foyer, se souvient Sylvie Wolf. Au début, je ne voulais pas car le lieu semblait être une ruine». Finalement, elle prendra le contrôle du bâtiment et réussira à relancer le fonctionnement du foyer.

«Quand je suis arrivée, il n'y avait plus qu'une douzaine de résidents, quasiment aucun ne payait le loyer et les chambres étaient dans un état pitoyable. Il a fallu rénover une chambre après l'autre et surtout trouver de l'argent, car les caisses étaient désespérément vides», témoigne-t-elle aujourd'hui.

Les YMCA fêtent leurs 150 ans à Paris

Des résidents du foyer avec le T-shirt de l'association (dr)
Des résidents du foyer avec le T-shirt de l'association (dr)
C'est dans ces lieux que les YMCA du monde entier ont souhaité se réunir pour célébrer le 150e anniversaire de l'organisation, en 2005. «Quel challenge! se rappelle la directrice du foyer. On a dû s'occuper de 450 invités pendant une semaine. Heureusement, les résidents ont accepté de m'aider, ils ont été adorables».

Ainsi le foyer a retrouvé sa superbe et n'a pas perdu son objectif premier: offrir une chance aux habitants de rencontrer des gens et de disposer d'un toit en plein Paris. Dans le livre d'or qu'elle arbore fièrement, Sylvie Wolf aime relire les messages affectueux des anciens résidents, comme celui-ci: «F-O-Y-E-R: F comme Fraternité, O pour Oasis au sein de Paris, Y comme Yeux de tendresse et d'amitié, E pour Éternité entre les résidents et R comme Repère pour tout inconnu à Paris». 

Infos pratiques:
Foyer UCJG  
14, rue de Trévise
Prix des chambres :
- double: 395 euros par mois
- petite: 450 euros par mois
- moyenne: 470 euros par mois
- grande: 503 euros par mois
M° 7 Cadet ou 8 et 9 Grands Boulevards


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