Dimanche 15 Janvier 2017
Rédigé par Elian Delacôte. Modifié le 17 Janvier 2017

Le livre dont vous êtes (peut-être) le héros


Dans son livre "La dernière rue de Paris", la journaliste américaine Elaine Sciolino remonte la rue des Martyrs à la rencontre des Parisiens qui la font vivre. Elle dresse une galerie de portraits étonnante, dans laquelle vous risquez de vous reconnaître...


La rue des Martyrs conserve son âme commerçante  ©Ruedeparis.com
La rue des Martyrs conserve son âme commerçante ©Ruedeparis.com
Qui n’a jamais rêvé de voir apparaître le nom de sa ville, de son quartier ou de sa rue dans une œuvre littéraire? Certainement pas Elaine Sciolino, une journaliste américaine qui a décidé de consacrer un livre entier à l’endroit où elle habite: la rue des Martyrs. Intitulé La dernière rue de Paris, l’ouvrage est une ode aux petites et grandes histoires de cette rue et ses habitants, qui conservent leur charme d'antan.

Mais qui sont ces «Martyrs»? Elaine Sciolino ne garde pas longtemps le secret. Saint Denis (le premier évèque de Lutèce), accompagné de ses acolytes Rustique (ça ne s’invente pas) et Eleuthère, a été décapité vers la fin du III e siècle pour ses croyances religieuses.

Le martyr aurait ensuite remonté la rue, portant sa tête dans ses mains, pour venir mourir quelques kilomètres plus loin, près de l’actuelle basilique de St-Denis. Une scène à faire pâlir les scénaristes de The Walking Dead (si vous souhaitez briller en société, sachez que cela s’appelle la céphalophorie).

Voir la ville autrement

Les martyrs de la rue éponyme ©Wikipedia
Les martyrs de la rue éponyme ©Wikipedia
A l’image de Saint Denis quelques siècles plutôt, l’écrivaine (qui a toute sa tête) nous invite à déambuler sur les près de 900 mètres de la rue des Martyrs à la rencontre des badauds, riverains et commerçants qui en font l’un des endroits les plus vivant de la capitale.

Une rue étroite, jalonnée d’échoppes, de bars, de cafés et de boutiques, dans un quartier particulièrement apprécié des touristes. Elaine Sciolino a passé plus d’un an à la rencontre des gens qui se trouvent derrière ces vitrines. En somme, l'écrivaine rend hommage à tout ce qu’une américaine pourrait rêver de la capitale française. A travers une enquête micro-journalistique, elle renvoie l’image d’un Paris désuet.

Un Paris-village, où tout le monde se connaît, où les boutiques d’artisans (aux additions salées) côtoient les bars branchés. Et c’est peut-être là l’erreur de l’américaine, qui tombe parfois dans une vision romantico-mélancolique un peu caricaturale (le livre est également destiné au public américain). 
 

Une image un peu trop carte-postale. Ici peu avant la place Lino Ventura  ©CreativeCommons/D9
Une image un peu trop carte-postale. Ici peu avant la place Lino Ventura ©CreativeCommons/D9
Qu’importe, Elaine Sciolino a réussi son Paris : nous faire voir différemment nos quartiers, nos rues. Prendre le temps de regarder chaque façade, chaque porte, chaque voisin différemment. Une invitation à retrouver le plaisir de déambuler, sans prise de tête.
 
La Dernière rue de Paris
Elaine Sciolino
Editions Exils
224 pages
2016

Elian Delacôte
  



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