Lundi 29 Juillet 2013
Rédigé par Bérénice Robert. Modifié le 14 Novembre 2014

Le Printemps détruit par un incendie


SÉRIE D'ÉTÉ (5/9) – 28 septembre 1921, 7h45. Le feu prend au rayon ameublement du quatrième étage. La rumeur se propage rapidement parmi les Parisiens matinaux... Le Printemps est en feu!


Le Printemps, aujourd'hui. (Photo: Le Daily Neuvième)
Le Printemps, aujourd'hui. (Photo: Le Daily Neuvième)
«Hier, soudain, le roi de pourpre s’est réveillé.» Le ton du Petit Parisien est théâtral, à la mesure de l’événement. Ce 29 septembre 1921, la nouvelle annexe du Printemps, encore fermée au public, n’est plus qu’une carcasse vide et noircie. Elle a été ravagée la veille au matin par un terrible incendie.

Les curieux se pressent sur les lieux

7h45, le feu prend au rayon ameublement du quatrième étage. Déjà, on aperçoit les premières flammes. Sur place, il n’y a que les veilleurs de nuit et les pompiers civils de garde. Le personnel, lui, n’est pas encore arrivé. Mais la rumeur se propage rapidement parmi les Parisiens matinaux: «Le Printemps est en feu!». Les curieux arrivent en masse, l’infanterie en personne est appelée en renfort pour les contenir. Les «intrépides» pompiers sont à pied d’œuvre, et les jets d’eau fusent. Problème: la pression est insuffisante pour contenir le foyer. La grande verrière s’effondre dans un fracas épouvantable, les vitres explosent.

«Les plafonds s’écaillent»

«Peu à peu, la vaillance et le dévouement admirable des combattants ont raison de la rage des flammes», écrit Le Petit Parisien. A midi et demi, les soldats du feu maîtrisent la situation. Les journalistes de L’Echo de Paris en profitent pour pénétrer sur les lieux, malgré l’interdiction. Et tombent sur un paysage de désolation: «Meubles, tapis, objets d’art ne sont plus que des décombres noirs, calcinés. […] Les plafonds s’écaillent et laissent choir des gravats.» Aucune victime n’est à déplorer.

L’origine du sinistre est encore peu claire. Le Petit Parisien parle d’un court circuit, L’Echo de Paris évoque en plus «l’imprudence d’un fumeur». Les dégâts sont considérables. Le montant du préjudice atteindrait 60 à 80 millions de francs. M. Laguionie, gérant de la société des magasins du Printemps, parle d’une «catastrophe qui anéantit quinze ans de travail et d’efforts acharnés». Mais les salariés peuvent respirer: «Pas de chômage», promet-il. Coïncidence troublante: quarante ans auparavant, le Printemps avait déjà été la proie des flammes. Et à cette époque, le sapeur Havard y avait laissé la vie.

L'OEIL DE L'EXPERT
Major Didier Rolland, historien des Sapeurs-Pompiers

«A la suite de cet incendie, des notables ainsi que les journaux dénoncent l’action du Régiment, des accusations qui sont sans fondement. L’arrivée tardive des pompiers sur les lieux s’explique par le fait que les pompiers de l’établissement ont cru pouvoir maitriser ce feu. Pourtant cet incendie a mis en évidence la faiblesse des moyens hydraulique des sapeurs-pompiers lorsqu’ils doivent faire face à de tels sinistres. Trois ans plus tard, le Régiment était doté d’un fourgon équipé de pompe grande puissance conçu par la firme Somua.
Et à la place de "
aucune victime n'est à déplorer", il faudrait mettre "parmi les décombres, on découvre le corps d'un jardinier du Printemps. C'est la seule victime à déplorer".»


>> La mort d'Emile Zola, l'assassinat de la même Crevette... Découvrez les autres épisodes de la série d'été Neuf grandes affaires au coeur du 9e !



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