Lundi 11 Avril 2016
Rédigé par Marie-Alix Maes. Modifié le 10 Avril 2016

Le Phono Museum en quête de visiteurs


Le musée du son enregistré, dans le 9e arrondissement de Paris, est menacé de fermeture en raison de lourdes dettes accumulées envers son bailleur. L’occasion de découvrir un musée inédit qui peine pourtant à trouver son public.


Le Phono Museum présente des appareils à enregistrer et à diffuser la musique du XIXeme siècle à aujourd'hui. ©Marie-Alix Maes/D9
Le Phono Museum présente des appareils à enregistrer et à diffuser la musique du XIXeme siècle à aujourd'hui. ©Marie-Alix Maes/D9
Niché dans le 9e arrondissement de Paris, à deux pas du Sacré-Cœur, le Phono Museum est l’un de ces lieux insolites dont Paris a le secret. Le musée du son enregistré, unique en France, abrite une collection de phonographes, gramophones et autres machines à diffuser de la musique. Petits ou grands, composés de un, deux voire trois pavillons laissant s’envoler du son, ces instruments aussi beaux qu’inédits vous plongent dans une histoire musicale qui remonte à 1878 avec la première machine d’Edison.

Cet incroyable patrimoine culturel est pourtant aujourd’hui menacé. Faute d’avoir perçu une subvention sur laquelle il comptait, le Phono Museum pourrait fermer ses portes. En effet, il ne peut soutenir les charges du loyer demandées par le bailleur Paris Habitat. Le montant des dettes s’établit donc aujourd’hui autour de 50 000 euros.

L’association qui gère le musée se démène désormais pour rallier à sa cause. Jalal Aro, conservateur du musée déclare avoir obtenu le soutien de la Mairie du 9e et de la Mairie de Paris en la personne de Bruno Julliard, premier adjoint en charge de la culture. 

Outre les discussions avec le bailleur pour trouver une solution pérenne et éventuellement revoir le bail, l’association des collectionneurs a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule. 31 381 euros sur les 30 000 demandés ont été récoltés. «A travers la mobilisation, nous voulons envoyer un signal positif à Paris Habitat pour montrer que nous ne baissons pas les bras, que le musée ne peut pas fermer!», soutient le conservateur. 

Les premiers phonographes portables. ©Marie-Alix Maes/D9
Les premiers phonographes portables. ©Marie-Alix Maes/D9
L’association cherche à faire des personnes des «acteurs du sauvetage du musée», en proposant le don plutôt que l’adhésion, qui contraint à un renouvellement annuel de la participation. De plus, sur la somme récoltée, seuls six mille euros seront alloués à la dette tandis que le reste servira au fonctionnement et développement de l’établissement, afin de motiver davantage les donateurs.

Opération séduction pour attirer les visiteurs

Au-delà des ennuis de loyer, le musée peine à se remplir. «Nous ne sommes pas encore assez connus. Au début nous avons parié sur le bouche à oreille et la découverte de notre musée par hasard au gré des balades. Malheureusement cela n’a pas assez fonctionné…», déplore le conservateur. Le Phono Museum qui a ouvert ses portes en septembre 2014, n’a comptabilisé qu’environ mille entrées pour l’année dernière.

Alors, l’association tente de diversifier au maximum son offre.  Elle propose des visites guidées données par des bénévoles collectionneurs. «Nos visites sont sonorisées et sur-mesure. Nous les adaptons en fonction de l’âge, de l’intérêt et des connaissances des visiteurs», explique Jalal Aro qui, en plus de l’entretien des appareils, prend en charge des visites le weekend. 

Le musée organise aussi des expositions thématiques et des concerts chaque premier dimanche du mois. Il propose également de la réparation et de la location de matériel notamment pour les besoins du cinéma. «Nous avons prêté tout le matériel du film Marguerite avec Catherine Frot qui vient d’être primée césars», confie Jalal Aro avec fierté, en pointant du doigts de beaux appareils à musique. Les rentrées d’argent sont ensuite affectées au musée. 

Pour pallier le manque de communication au moment de l’ouverture, l’association qui gère le musée se rattrape aujourd’hui en alimentant régulièrement une page Facebook et un site internet tout neuf. Les nombreux articles de presse écrits ces dernières semaines à propos du musée, jouent en faveur du musée. Mais le fondateur, lucide, constate que ce genre d’engouement «s’essouffle bien vite», et espère maintenant attirer durablement de nouveaux visiteurs.

Informations pratiques
Le Phono Museum
53 boulevard de Rochechouart
Ligne 2, Anvers
Tel: 06.80.61.59.37
Ouverture : du jeudi au dimanche inclus de 14h à 18h
Tarifs : 10 €


 
Marie-Alix Maes



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