Lundi 6 Février 2017
Rédigé par Aurélie Pasquier. Modifié le 23 Février 2017

Le Paris Mozart Orchestra s’invite dans le neuvième


Un dimanche par mois, le Paris Mozart Orchestra, qui compte entre 11 et 45 musiciens selon les périodes, s’installe salle Rossini, dans la mairie du 9e rue Drouot. Pendant une heure ils partagent avec pédagogie leur passion devant une salle comble.


Sabine Vatin au piano et Makeda Monnet jouent "Le Bois Solitaire" de Mozart / Aurélie Pasquier ©D9
Sabine Vatin au piano et Makeda Monnet jouent "Le Bois Solitaire" de Mozart / Aurélie Pasquier ©D9
Le piano laqué et noir à queue trône seul sur la scène. La salle Rossini de la mairie du neuvième arrondissement accueille les visiteurs et se remplit peu à peu. Jusqu’à ce que toutes les places soient occupées. Certains spectateurs s’assoient même dans l’escalier ou restent adossés aux murs. 

Ce dimanche 5 février se donne un concert reprenant les thèmes de Mozart. Au piano, Sabine Vatin, pianiste à la longue carrière. À la voix, Makeda Monnet, jeune soliste prometteuse. Elles offrent cette représentation aux riverains avec le Paris Mozart Orchestra. Cet ensemble, fondé en 2011, a choisi de diffuser la musique classique à grande échelle. Il se déplace dans des prisons, à Fresnes en Novembre 2016, ou dans des lycées où il partage sa passion grâce à un accompagnement pédagogique et pluridisciplinaire. Avec la «Mairie du Neuf», il offre, un dimanche par mois, un concert de qualité aux habitants du 9e. 

«Mozart Forever»

Le concert commence face à une salle bondée. Les derniers mélomanes se glissent dans l’obscurité. Sabine Vatin dit quelques mots avant de s’asseoir au clavier. Elle conte Mozart et son état d’esprit lors de l’écriture des morceaux qu’elle s’apprête à jouer : «Lorsqu’il écrit la Sonate pour piano n°8 en la mineur, Mozart vit à Paris avec sa mère. Il déteste cette ville, il ne rencontre plus le même succès qu’au début et doit faire ses preuves. Lors de l’écriture, il est très mélancolique. Mais pour moi, les notes reflètent aussi sa tendresse.» Ainsi, la musique prend corps et devient intelligible. Sabine Vatin  laisse courir ses mains sur le clavier à la vue de tous. Son buste tangue avec la musique emportant les spectateurs dans son émotion. 

Makeda Monnet la rejoint alors sur scène pour interpréter un extrait d’opéra puis un air de concert. Là encore, elle apprend au public l’histoire racontée ensuite par son chant: «Mozart parle de l’amour et de la fidélité, enfin surtout d’infidélité.» En harmonie avec le piano, elle pousse sa voix vers le fond de la salle. Elle ne porte pas de micro et son chant parvient difficilement jusqu’aux derniers rangs. Seul bémol de cette organisation: la salle, tout en longueur, n’est pas prévue pour accueillir de tels concerts.
 

Musique pour tous

Michaël, 34 ans, est venu avec sa fille de 4 ans, Maya. Anciens habitants du neuvième, ils ont aujourd’hui déménagé dans un autre arrondissement, mais sont toujours ravis de profiter des évènements organisés par leur ancienne mairie : «C’est une super initiative ! Il y a les dimanches en musique mais aussi des conférences, cela permet un accès bien plus facile à la culture», confie-t-il. «On ne va pas mentir, l’aspect financier est parfois un frein à la culture, ici c’est gratuit, et puis le dimanche c’est parfait pour les familles!» Derrière lui Maya acquiesce, elle adore la musique classique. 

Claire Gannet, adjointe à la culture de Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement, insiste justement sur le choix du dimanche comme moment privilégié : «Auparavant, ces évènements étaient en semaine au milieu de l’après-midi. Pour nous, le dimanche a été un vrai choix, les familles et les actifs peuvent venir et cela n’exclut pas les retraités.» Le format d’une heure joue aussi son rôle: «Pour un art qui semble parfois inaccessible, commencer par un format court -une heure-, très variés, permet également d’attirer de plus en plus de curieux.» Démocratiser la musique et notamment la musique classique, c’est l’objectif de Delphine Bürki et Claire Gannet. Dans le public, se mêlent personnes âgées et jeunes enfants, spectateurs solitaires et adolescents avec leurs parents. «Notre seul stress, qu’il y ait trop de monde!» conclut l’élue.

Informations pratiques: 
Salle Rossini, mairie du neuvième
6 rue Drouot

Prochain concert du Paris Musique Orchestra: le 5 mars, «Beethoven sonate pour piano»
  Aurélie Pasquier



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