Mercredi 7 Décembre 2016
Rédigé par Raphaël Abd El Nour. Modifié le 7 Décembre 2016

La vraie fausse guerre des timbres rue Drouot


Caphila, Philatelia, Berck, Aumont, Robin Patrice... Plus de huit magasins de philatélie se côtoient dans la rue Drouot, cœur historique de l'hôtel des ventes. Les commerçants sont des passionnés de cet art de collectionner des timbres. Et ils se concurrencent... tout en s'entraidant parfois.


La Maison-Aumont, au 22 rue Drouot, vend du matériel philatélique. ©RaphaëlAbdelnour/D9
La Maison-Aumont, au 22 rue Drouot, vend du matériel philatélique. ©RaphaëlAbdelnour/D9


Le matin, ils arrivent souvent très tôt, et certains se retrouvent à la brasserie du coin. Puis chacun retourne dans son propre commerce de timbres, situé quelques mètres plus loin. Ces commerces sont concentrés dans la rue Drouot, depuis les années 1920. Autrefois une vingtaine, les magasins de philatélie sont à peine dix aujourd'hui à cohabiter dans la même rue.

 

«Ça crée un appel d'air: plus c'est concentré, plus les gens viennent», souligne Jean-Philippe Kalkstein, philatéliste depuis son plus jeune âge et vendeur au 25, rue Drouot depuis quarante ans. «On est tous copains, on est de la même génération», poursuit-il.


Une seule solution: la spécialisation

La pièce la plus chère de la boutique Caphila, tenue par Jean-Pierre Kalkstein: 70 000 euros la série de quinze. ©RaphaëlAbdelnour/D9
La pièce la plus chère de la boutique Caphila, tenue par Jean-Pierre Kalkstein: 70 000 euros la série de quinze. ©RaphaëlAbdelnour/D9


Avec une telle concentration de timbres au mètre carré dans une même zone, il faut bien tirer son épingle du jeu pour attirer les rares clients. Si Jean-Philippe Kalkstein mise sur les timbres internationaux, la maison Roumet, au numéro 17 de la rue, procède uniquement par la vente aux enchères de timbres français anciens. «Cette concurrence est belle, elle crée de l'émulation», estime le vendeur de cette maison.

 

D'autres préfèrent non pas les timbres finis, mais les épreuves, c'est-à-dire les ébauches de timbres sur feuillets encore non découpés et réalisés avant l'impression en série, comme Elysabeth Berck, 56 ans, qui a repris un ancien commerce philatélique il y a huit ans. D'autres encore ne vendent pas le contenu, mais le contenant: l'album de timbres, souvent massif, coloré, décoré.


« On se dépanne entre nous »

Les albums de timbres de la maison Roumet, au 17 rue Drouot. ©RaphaëlAbdelnour/D9
Les albums de timbres de la maison Roumet, au 17 rue Drouot. ©RaphaëlAbdelnour/D9


Le business de la philatélie est en difficulté, et continue de régresser aujourd'hui. «C'est un métier difficile», note Jean-Philippe Kalkstein. «En cinquante ans, on est passé de 20 000 philatélistes à 4 000 environ, en France», déplore-t-il. Dans un tel contexte, nos commerçants philatélistes ne peuvent pas faire cavalier seul. «Pour moi ça n'est pas de la concurrence, mais de la synergie», résume Marc Plet, le vendeur d'albums de timbres du numéro 22. «On se dépanne parfois les uns les autres, on se transmet des clients».
 

Mais les affinités interviennent, évidemment. Et elles jouent dans les rapports entre philatélistes. «Certains me disent bonjour régulièrement, d'autres non», sourit Elysabeth Berck. «C'est aussi parce que je suis ici depuis moins longtemps... Mais j'ai des bonbons à l'entrée, ça attire», se rassure-t-elle.
 

«On se connaît tous, on prend des cafés deux fois par jour ensemble», confie Marc Plet. La proximité entre les commerçants philatélistes n'est pas que géographique. «Il y a une concurrence indirecte, mais c'est quand même beaucoup d'entraide», conclut Marc. Deux ou trois fois par an, nos amoureux des timbres de la rue Drouot se retrouvent même pour une fête, entre eux... Et ils parlent de tout, sauf de timbres.
 


Dans son magasin, Jean-Philippe Kalkstein attend les rares clients. ©RaphaëlAbdelnour/D9
Dans son magasin, Jean-Philippe Kalkstein attend les rares clients. ©RaphaëlAbdelnour/D9
Infos pratiques:
Rue Drouot, numéro au choix: 4, 5, 15, 17, 18, 22, 23, 25 (carte interactive ci-dessous)
Ligne 7 - Le Peletier
Lignes 8 et 9 - Richelieu-Drouot


 

Raphaël Abd El Nour




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1.Posté par Sylvain le 08/12/2016 11:30
Bonjour et merci pour cet article qui promeut la philatélie. Deux petites remarques cependant :
- il manque au moins la maison Calves/Jacquard au n°2, comptoir des timbres au 5, Drouot et philatélie au 8, Feldman au 10, Pilate au 16, Beauvais au 18, etc ... donc beaucoup plus que 8 dans la rue
- l'un des commerçants parle de 4.000 philatélistes en France, alors que l'encyclopédie Universalis en recense presque 600.000,
http://www.universalis.fr/encyclopedie/philatelie/6-la-philatelie-dans-le-monde/
et que la Fédération des associations Philatéliques revendique plus de 30.000 adhérents fédérés
Notre association, PHILAPOSTEL, regroupe à elle seule 2.500 adhérents philatélistes
Je pense qu'il y a une erreur, à moins que ce commerçant ne s'intéresse qu'aux seules personnes intéressées par son magasin et les ventes sur offre, ce qui ne représente pas du tout la population des philatélistes français.

2.Posté par massard le 11/01/2017 21:28
et THEODORE CHAMPION IL EST OUBLIE ???

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