Anastasia Bolchakova, moscovite d'origine, vit à Paris depuis son jeune âge. Elle a pris un peu de distance avec ses origines, estimant que la pratique artistique est universelle.
"J'aime particulièrement travailler à partir de contextes très variés. Être là où on me m'attend pas, par exemple louer un stand dans une brocante et créer une installation, explique-t-elle. J'aime aussi les contrastes et l'inattendu, le mélange de l'ordinaire et du spectaculaire, du banal et du précieux."
Pour l'occasion, Anastasia a transformé la galerie en boulangerie-pâtisserie. "J'aime introduire une dualité entre le fait de rentrer dans une galerie et de ressortir avec un gâteau qui fait œuvre d'art."
Avec amusement, dérision et beaucoup de précision, Anastasia nous offre ses "terrelettes", "gâteau poussière"," gaufre tricolore" ou "cake au crayon" qu'elle a cuisinés elle-même. Un air de gourmandise qui flirte avec la "nourriture sacrée"; celle que l'on respecte.
"Il y a comme un sacrilège à jouer avec la nourriture mais c'est quelque chose qui reste et qui se digère autrement. Je peux me nourrir avec un geste. Ce n'est pas de la provocation", observe Anastasia. Elle veut d'ailleurs que ses œuvres soient accessibles au public. Ainsi, on peut repartir avec sa pâtisserie ou son "pain armé" (photo) pour quelque dizaines d'euros. Et si vous avez les yeux plus gros que le ventre, rien ne vous empêche de commander votre propre gâteau. Le Daily Neuvième
Galerie d'art contemporain russe, 1 avenue Trudaine, 75009 Paris. T/01.45.26.04.60.

Les commerçants de la rue Condorcet en portraits



