Mercredi 26 Avril 2017
Rédigé par Le Daily Neuvième. Modifié le 27 Avril 2017

Emmanuel Macron, vainqueur du premier tour dans le 9e


Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour à Paris avec près de 35% des voix, devançant ainsi François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Dans le 9e arrondissement parisien, le candidat d’En Marche l’emporte largement avec 42,59% des voix.


©Ouest France
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Les Français ont voté dimanche, et l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron sera bien présent au second tour de la présidentielle face à la candidate frontiste Marine Le Pen. A Paris, 13 arrondissements sur 20 se sont ainsi prononcés pour le candidat d’En Marche, le 9e en fait partie.

Macron marche sur le 9e

Le candidat d'En marche, Emmanuel Macron, l'emporte dans 13 arrondissements parisiens sur 20 ©LeBonbon
Le candidat d'En marche, Emmanuel Macron, l'emporte dans 13 arrondissements parisiens sur 20 ©LeBonbon
Les habitants du 9e ont été nombreux à se déplacer dans les bureaux de vote pour ce premier tour des élections présidentielles. La maire Les Républicains, Delphine Bürkli, s’est d’ailleurs félicitée du taux de participation dans son arrondissement : 86,6% des électeurs sont allés voter tandis que la moyenne parisienne s’élève à 84%.
 
Le 9e est, derrière le 3e et le 2e, l’un des arrondissements de la capitale qui s’est le plus fortement rallié à Emmanuel Macron qui y comptabilise 42,59% des voix. Un score remarquable puisque François Fillon n’obtient que 26,96% des votes dans un quartier dirigé par le parti LR.
 
 

Les résultats du premier tour dans le 9e arrondissement de Paris ©Ministère de l'Intérieur
Les résultats du premier tour dans le 9e arrondissement de Paris ©Ministère de l'Intérieur
La victoire de l’ex-ministre de l’Economie dans le 9e peut être expliquée par la typologie des habitants du quartier. La population de l’arrondissement est jeune : les adultes âgés de 25 à 39 ans y sont en effet plus nombreux qu’ailleurs à Paris, le 9e est donc plus enclin à voter pour un Président également jeune et dont le mantra est le renouveau. Par ailleurs, la répartition de la population active par catégories socioprofessionnelles montre une proportion élevée de chefs d’entreprise et de cadres. Le discours pro-entreprenariat d’Emmanuel Macron a donc sans doute aussi séduit les habitants. 

Pauline Véron, conseillère municipale socialiste du 9e, et candidate à la députation, avance d’autres raisons : « La campagne présidentielle polluée par les affaires, le désarroi de nombreux électeurs de gauche déçus par le PS et motivés soit par la proposition de renouvellement, soit par un « vote utile » dès le premier tour sont une grande partie des raisons de ce vote.»

Le vote utile a joué à plein pour Emmanuel Macron ©Les Echos/Source : Sondage Opinionway du 23 avril
Le vote utile a joué à plein pour Emmanuel Macron ©Les Echos/Source : Sondage Opinionway du 23 avril

La débâcle des grands partis

Lors des dernières élections, les municipales de 2014, les deux grands partis français, l’UMP (aujourd’hui Les Républicains) et le PS étaient très solidement implantés dans le 9e. Au 1er tour, la droite et la gauche étaient au coude-à-coude avec respectivement 39,42% et 39,15% des voix. C’est finalement la candidate LR Delphine Bürkli qui l’avait emporté de justesse avec 50,36% des votes.
 
Les résultats du 1er tour de la présidentielle sont toutefois différents et Delphine Bürkli évoque, dans une lettre adressée aux habitants du 9e, « un paysage politique aujourd’hui émietté entre quatre forces de puissance quasiment égales qui pourrait rendre le pays très difficile à gouverner ». Si l’on constate en effet une dispersion des votes dans le 9e, il est toutefois difficile de parler de « puissance quasiment égales » entre les partis.
 

Le candidat de la droite, François Fillon, comptabilise près de deux fois moins de votes que le tout nouveau parti En Marche mené par Emmanuel Macron (8 879 voix contre 14 029). Une mauvaise performance que regrette la maire du 9e et qui, selon Jonathan Sorel, conseiller municipal de l’opposition (EELV), est le résultat « de la défiance des Français face aux fautes morales d’un homme et la faute collective d’un parti qui n’a pas su remplacer son candidat quand il était encore temps ».
 
Le score du Parti socialiste, représenté par Benoît Hamon, est encore plus décevant. Avec seulement 9,6% des voix, le parti au pouvoir est distancé par l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon qui obtient 14,52% des votes. « Il y a eu un véritable éclatement de la gauche parisienne. Les électeurs se sont divisés entre Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon », constate Jonathan Sorel. La socialiste Pauline Véron, appelle à tirer les leçons de cet échec : « Nous ne pouvons plus faire de la politique comme auparavant, nous devons renouveler les idées et les pratiques politiques. » Tous deux se tournent à présent vers les élections législatives de juin pour relever la gauche : « L’enjeu maintenant, ce sont les législatives, il faut refaire peser la balance à gauche pour faire en sorte que Macron ne soit pas le cheval de Troie de la droite. »

Un front républicain

Alors que Marine Le Pen a enregistré une percée dans le pays en recueillant plus de 7 millions de suffrages, le Front National, historiquement bas à Paris, recule encore dans la capitale et tout particulièrement dans le 9e. Dans l’arrondissement, seuls 3,32% des électeurs se sont tournés vers un vote frontiste, c’est l’un des scores les plus faibles de la capitale.
 
« Pourtant, ce score sans précédent doit nous appeler à la plus grande vigilance sur l’exaspération de beaucoup de nos concitoyens », alarme la maire, Delphine Bürkli. Pauline Véron parle d’une « banalisation du Front national réussie ».
 
En vue du second tour, les différentes sensibilités politiques présentes à la tête du 9e arrondissement parisien s’accordent sur un point : l’importance de faire barrage au Front national. « Le 7 mai (…) c’est un bulletin «Emmanuel Macron» que je déposerai dans l’urne », a ainsi indiqué Delphine Bürkli. 

Mathilde Benezet


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