Jeudi 23 Mars 2017
Rédigé par Romain Métairie . Modifié le 24 Mars 2017

Caroline de Haas, oser l'Assemblée


Dans le cadre des élections législatives, le D9 réalise une série de portrait des candidats. Après avoir milité pour les droits des femmes et au sein du Parti socialiste, Caroline de Haas s'est lancée un nouveau défi : participer aux législatives de la 18e circonscription. Une candidature qui se donne pour objectif de réconcilier politique et citoyen.


Crédit: FB Caroline de Haas
Crédit: FB Caroline de Haas

Parmi les habitants sondés dans la 18e circonscription de Paris, près de 60 % la connaissent ou, au moins, en ont vaguement entendu parler, selon une enquête en ligne qu'elle-même a réalisé via l'application Typeform. En se lançant dans la course aux législatives, Caroline de Haas n'arrive donc pas en terrain inconnu. « Tous les jours, j'arpente avec mon équipe les rues du 18e et du 9e  arrondissement. Nous avons déjà rencontré plus de 700 personnes. Avec notre smartphone, nous interpellons les habitants en leur posant trois questions. » Il en ressort, par exemple, que 19 % des habitants interrogés n'étaient pas au courant de la tenue d'élections législatives les 11 et 18 juin prochain. Une autre conclusion concerne les propositions de lois. « C'est assez fascinant de constater que ce qui ressort le plus dans les réponses, c'est la question de la transparence dans les dépenses, surtout depuis l'affaire Fillon. » 

L'affaire Fillon justement a eu un impact « déflagrateur » sur l'image que renvoient les politiques. Pour Caroline de Haas, aller à la rencontre des habitants doit permettre avant tout de renouer avec le dialogue et la proximité. L'heure doit être à la réconciliation entre les citoyens et les élites. « Nous devons, en tant qu'acteurs du monde politique, nous poser deux questions essentielles : est-ce que les mesures que nous prenons améliorent la vie des gens, et comment s'organiser pour retisser du lien entre les politiques et le peuple. » 

Constituer une assemblée citoyenne

Cela passe par une lutte radicale contre l'enrichissement illicite des élites, qu'elle considère comme « un fléau dévastateur » pour le monde politique. De l'intérieur, l'ex militante du Mouvement des jeunes socialistes et ancienne attachée de presse de Benoît Hamon a pu en comprendre les mécanismes : « Je suis lucide. A travers mes expériences politiques, j'ai pu voir à quel point le pouvoir et l'argent peuvent corrompre. Surtout lorsqu'ils sont mis entre les mains d'hommes blancs, de plus de 50 ans siégeant à l'Assemblée Nationale et gagnant 4 à 5 fois le Smic. »
 
La candidate à la gauche de la gauche a déjà imaginé plusieurs propositions de loi : lutte contre la fraude fiscale et les banques ; augmentation du Smic et des salaires ; réduction du nombre d'enfants par classe ; interdiction des pesticides ; et bien-être au travail. Elle souhaite également innover en souhaitant mettre en place « une assemblée citoyenne qui aurait entre autres prérogatives un droit de contrôle sur les députés. » Une mesure qui rencontre quelques réfractaires, tout comme sa volonté d'effectuer un seul mandat non-renouvelable si elle est élue.

Tout sauf une revanche

Crédit: Elliot Lepers
Crédit: Elliot Lepers
Soutenue par le Parti Communiste et les écologistes, la jeune femme de 36 ans sera notamment en concurrence avec l'actuelle ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont la candidature est appuyée par le député PS sortant Christophe Caresche. Malgré la bataille menée en 2016 contre la ministre du travail – Caroline de Haas était alors à l'initiative d'une pétition intitulée « Loi Travail : non merci ! » visant à abroger la réforme du Code du Travail initiée par Myriam El Khomri, et qui avait récolté plus d'1,3 million de signatures – elle refuse de voir cette candidature comme une revanche. L'ex-membre du PS demeure néanmoins très critique envers la ministre du Travail, et invite à voir sa candidature comme une alternative crédible à gauche : « L'offre politique, tous les cinq ans, est un désastre. Pour que la gauche gagne, elle doit pouvoir reposer sur des valeurs de gauche, avec des gens qui tiennent leurs convictions. En somme, nous avons besoin d'une gauche forte si nous voulons gagner. »
 
Une division à gauche qui pourrait profiter à Pierre-Yves Bournazel, candidat Les Républicains. La cheffe d'entreprise balaie net l'hypothèse. « Il n'a aucune connaissance du monde du travail. Or notre époque actuelle doit aboutir à l'avènement du candidat-citoyen, issu de la société civile, et qui connaît les problématiques du monde du travail. » Dès lors, qui de mieux qu'une femme née d'un couple de médecins, ex-secrétaire générale de l'UNEF jusqu'en 2009 et fondatrice de l'association « Osez le féminisme  », pour tenter d'investir une circonscription par ailleurs tenue par la gauche depuis 1997 ? 
 
Si elle concède qu'un poste de député « serait certes un gros changement » dans son parcours personnel, la jeune femme originaire de Bourg-en-Bresse n'est pourtant pas une novice du milieu. « J'ai ce sentiment d'avoir toujours été dans la politique, d'avoir participé à un même mouvement, à travers mes expériences passées. Le fait d'être député, c'est un moyen parmi d'autres de faire de la politique. Je l'ai déjà fait quand j'étais au cabinet de Najat [Vallaud-Belkacem]. C'est ce que je raconte dans Oser le politique : comment la politique peut changer la vie des gens, comment créer une association, c'est aussi faire de la politique. » Après avoir osé le féminisme, puis la politique, Caroline de Haas compte bien s'appuyer sur ses convictions et son franc-parler, et oser siéger à l'Assemblée, en véritable candidate-citoyenne.

Romain Métairie


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Jeudi 2 Mars 2017 - 17:27 Touche pas à mon piano !



1.Posté par JULIE le 26/03/2017 15:32
C'est incroyable. Caroline de Haas fait exactement ce qu'elle dénonce. Elle se parachute dans une circonscription après avoir hésité avec d'autres comme elle a pu le dire. Elle critique le système alors qu'elle a travaillé à Solferino pour le PS pendant plusieurs années, qu'elle a travaillé dans un ministère à partir de 2012. Et c'est grâce à cela en grande partie qu'elle a créé une activité !!!! Cela s'appelle mordre la main qui te nourrit ! et aussi faites comme je dis pas comme je fais !!!! c'est ridicule ! Si j'étais comme elle, je ferais une pétition pour qu'elle se concentre sur ces activités associatives !!!!!

2.Posté par pl le 29/03/2017 22:36 (depuis mobile)
Une candidature complètement hors sol. Elle va utiliser dans chaque phrase le mot "gauche", pour masquer la vacuité de ses propos. Le but est très simple, comme son mentor Duflot : vivre de l'argent public, grassement, cyniquement. À fuir absolument.

3.Posté par Julien le 30/03/2017 13:19
J'habite dans la circonscription en question.
Je suis habituellement non votant.....mais je cours de ce pas m'inscrire sur les listes pour faire barrage a cette petite idéologue sans envergure.

4.Posté par Francois le 02/04/2017 17:11 (depuis mobile)
Très bobo, chere et inutile

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