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Mardi 22 Mai
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Béatrice Agenin, le théâtre et le 9e

Captivante Marie de Médicis dans le superbe "Henri IV le bien-aimé" au théâtre des Mathurins, la comédienne est une inconditionnelle de l'arrondissement qu'elle n'a "presque jamais quitté".


Béatrice Agenin, le théâtre et le 9e

C'est grâce à son soutien au lycée Saint-Louis menacé de fermeture en 2012 et où sa fille fut élève que nous avons eu le plaisir de découvrir que Béatrice Agenin est une habitante inconditionnelle du  9e.
Et si elle n'avait pas un mari, médecin spécialisé dans le rapatriement, et une fille plutôt attirée par la musique, on pourrait dire que l'arrondissement est l'un de ses deux amours, avec le théâtre...

Cinéma et télévision
"Mon nom ne vous dit peut-être rien, mais je suis comédienne."
Son nom, peut-être pas, quand on n'est pas du métier, mais son visage... Dès qu'on la rencontre, belle blonde élégante et fine, si l'on est un tant soit peu cinéphile, on la revoit aux côtés de Belmondo dans Itinéraire d'un enfant gâté, de Lino Ventura pour La septième cible. On se souvient de la Femme de ma vie, Mauvaise passe ou Mariage mixte,  et d'autres films dirigés par Pierre Granier-Deferre, Claude Pinoteau ou Claude Miller...

Si l'on est plutôt adepte du petit écran, ce sont ses personnages dans des épisodes de Navarro, de Joséphine, ange gardien et surtout celui de Reine dans une Une famille formidable qui s'imposent. Un prénom qui collerait comme un gant à l'allure aristocratique qu'on lui prête. "Pourtant, je suis d'origine paysanne, et mes parents, même s'ils étaient très fiers, étaient d'abord très inquiets de me voir entrer dans un monde qui leur apparaissait comme dépravé".

Le théâtre par la grande porte
Ce monde de la comédie, il sera surtout pour elle, celui du théâtre. "Pour tout un ensemble de choses" explique-t-elle dans son charmant appartement proche des rues Blanche et de Clichy. "Notamment parce que le théâtre m'a comblée, qu'on m'y a fait davantage de propositions qu'au cinéma, où il est une quasi nécessité d'avoir un physique incroyable pour les premiers rôles".

Il faut dire qu'au théâtre, elle y entrée très vite par la grande porte, après ses études de lettres, celle de la Comédie française dont elle est sociétaire de 1979 à 1984. Elle y apprend, sous la férule de son "grand maître" Jean-Paul Roussillon que, sur les planches, "rien n'est anodin", y interprète des grands rôles du répertoire.

"Je m'y trouvais absolument à ma place dans ce voyage à travers les mots, mais j'étais plus aventureuse que ne le proposait la structure, j'avais besoin de respirer."
Jean-Paul Belmondo, qui fait son retour sur les planches, l'engage immédiatement pour jouer Kean, Cyrano de Bergerac, La puce à l'oreille... "C'est un homme extrêmement attachant, mais là encore je me suis retrouvée sous l'emprise d'une très grosse institution."
Sa carrière se poursuit, ponctuée par deux nominations aux Molière du meilleur second rôle, sur d'autres scènes, souvent dans le 9e, avec des textes du répertoire ou contemporains.

Mais c'est bien un personnage de reine qui l'amène aujourd'hui sur les planches des Mathurins aux côtés de Jean-François Balmer dans Henri IV, le bien-aimé.

Henri IV, le très aimé
Un spectacle que nous avons plus que bien aimé. Un spectacle à son image, élégant et esthétique comme rarement par les temps qui jouent, des superbes costumes au décor à la sobriété raffinée. Magnifiquement éclairés par des clairs-obscurs à la Caravage, les dix-huit comédiens rivalisent de talent, tandis qu'on applaudit tant à la mise en scène qu'aux mots de Daniel Colas qui sait montrer toute la complexité de personnages qui, pour êtres roi et reine, n'en sont pas moins homme amoureux et femme jalouse. Celle d'une Histoire qui, pour avoir plusieurs siècles, n'en est pas moins terriblement contemporaine quand il s'agit de politique ou de tolérance religieuse.

Et le succès est là, notamment par le bouche-à-oreilles. "C'est vrai que cela se passe très bien, se réjouit Béatrice Agenin, tout le monde avait vraiment envie de réaliser ce projet, et Jean-François Balmer a une grande vertu, celle d'accepter le partage, qu'il s'agisse du plateau, de l'affiche..."

"Maître à bord"
Ce spectacle mérite absolument le détour jusqu'au 8e, y compris avec ses têtes blondes (pas trop petites quand même...), avant qu'il ne parte en tournée, puis que la comédienne ne se lance de nouvelles aventures.
Si elle a tourné en mai une nouvelle saison d'Une famille formidable, elle projette de revivre une cinquième fois le bonheur de mettre en scène, "on est maître à bord", en montant Macbeth.
Peut-être dans un théâtre de ce 9e cher à son coeur ? "Je suis insomniaque, le 9e est un quartier qui vit la nuit, avec ses théâtres, ses petits commerçants. Mon histoire est liée au 9e, je ne l'ai jamais vraiment quitté. Je devais y habiter !"



Béatrice Agenin, le théâtre et le 9e
Son 9e
Un lieu.
J'adore le Moulin rouge (même s'il est à la frontière !), avec ses filles sublimes, pleines de strass, les passages, les grands boulevards, la Villa des Platanes, où j'ai habité, avec ses petits jardins, tous les petits endroits préservés du vieux Paris, la rue Lepic, la rue des Martyrs...

Des commerces.
Les tartes du P'tit mitron, rue Lepic, les chaussures coquines d'Ernest, boulevard de Clichy.

Ce qu'il faudrait préserver.
Je crois qu'il est difficile de lutter contre le phénomène économique, avec les boutiques de fringues qui envahissent tout Paris, mais ici, il y a toujours beaucoup de théâtres !

Emmanuelle Cohendet
Henri IV, le bien-aimé, théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris. Du mardi au vendredi à 20h45, le samedi à 16 heures et 20h45, le dimanche à 15 heures. Tarif : 26, 36 ou 47 euros.


Emmanuelle Cohendet
           

Commentaires

1.Posté par Murielle Levy le 05/01/2011 10:50
1992, Théâtre La Bruyère, la pièce C'était bien mise en scène par Stéphane Meldegg.
J'avais 17 ans et j'ai découvert Béatrice Agenin qui était formidable, cela reste un magnifique souvenir.

2.Posté par Stéphanie le 11/01/2011 13:49
Alors, Murielle, il faut absolument aller voir "Henri IV".
J'ai eu cette chance, c'était le 15 décembre dernier et je n'en suis pas revenue! Tout y est: acteurs, décors, costumes, musique, répliques, mise en scène.
Un vrai beau moment de théâtre, à ne pas rater, surtout si, comme moi, on apprécie particulièrement Béatrice Agenin.

3.Posté par Marc Leroi le 07/11/2011 18:23
J ' ai découvert Béatrice Agenin il y a quelques années dans Maigret et la vieille dame.
je suis encore étonné au sens éthymologique du terme.
La Dame parle des filles sublimes du Moulin rouge, c'est le mot que je cherchais.
Sublime son visage de lumière profonde qui parait parfois dissimuler un secret douloureux
sublime l'exquise pudeur de son sourire
sublime sa beauté
sublimes son allure, ses gestes,son élégance
sublime la délicatesse de son interprétation
Merci Madame

4.Posté par de la Gironière le 30/12/2011 13:57
J'ai découvert hier au soir cette Dame et actrice remarquable.
Elle a une très grande classe et sait admirablement utiliser les expressions de son visage pour être à fond dans son rôle nous attendrir et nous donner envie d'en savoir davantage. Soutenue par d'autrs acteurs de renom, j'ai passé un moment délicieux à "la maison du lac" sur France2 JKL

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Publié par Le Daily Neuvième le 09/04/2012 à 19:08 | 0 Commentaire