Quel est l'objectif de l'association Club XXIe siècle?
Amadou Ngom: L'objectif de l'association est de promouvoir la diversité. Elle est une chance pour la France. Or, le modèle français d'intégration ne fonctionne pas. La société française a beaucoup évolué mais les élites sont en retard par rapport à la population. C'est pourquoi il faut interpeller les responsables politiques et les grands patrons des sociétés du CAC 40. Notre rôle est aussi auprès de jeunes. Il faut leur montrer qu'eux aussi peuvent réussir et combattre ainsi l'autocensure.
Comment procédez-vous ?
AN : Pour avoir une démarche d’identification aux personnes qui ont réussi, une fois par an, nous emmenons des jeunes de milieux défavorisés dans des écoles prestigieuses comme Sciences Po à Paris ou Sup Aéro à Toulouse. Nous organisons à cette occasion les « Entretiens de l’excellence » pendant lesquels ont lieu des conférences sur les métiers, les filières… Nous intervenons dans treize grandes villes de France. Nous touchons ainsi près de 5000 jeunes.
De même, chaque année, notre opération « Talents des cités » prime les jeunes entrepreneurs de banlieue. Ils bénéficient de mesures d’accompagnement et de financement. Financités est un fonds d’investissement et d’accompagnement crée par Planet Finance sous la houlette de Jacques Attali.
Le Club XXIe siècle réfléchit aussi à l’élaboration d’outils de gestion de la diversité dans les entreprises. L’université Dauphine s’est dotée d’un module d’enseignement « Management de la diversité ». Avec le cabinet de recrutement Korn Ferry, nous avons aussi constitué un annuaire d’administrateurs indépendants issu de la diversité.
Autre action, avec le « Young mediterranean leaders », les dirigeants français et leurs homologues du bassin méditerranéen se retrouvent pour faciliter notamment les échanges commerciaux.
Que pensez-vous de la discrimination positive sur le modèle américain?
AN : Chaque pays a son histoire. On ne peut pas faire évoluer un pays sans son histoire. En France, il y a une égalité républicaine. Une société peut bouger sans la discrimination positive. Elle existe dans les faits, comme dans l’attribution de logements sociaux, par exemple.
Allez-vous interpeller les candidats aux élections présidentielles sur le sujet de la diversité ?
AN : Nous allons travailler sur une plateforme de propositions et la présenter aux différents candidats.
Allez-vous les présenter aussi à Marine Le Pen ?
AN : (Après un moment d’hésitation). Si c’est un débat d’idées, il faut débattre avec tous les gens. L’enjeu est de contrecarrer le risque de fractionnement de la société. Chacun doit pouvoir avoir la place qu’il y mérite.
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