Pas simple de venir à bout du tabac ! Certains ont tout essayé, de la cure thermale aux patches, en passant par l'acupuncture, les anti-dépresseurs et autres gommes à sucer. Jusqu'à l'hypnose... Mais ce n'est pas plus facile pour les pouvoirs publics et les commerçants.
La loi anti-tabac au sein des établissements a conduit nombre de fumeurs sur les trottoirs. Conséquences : les décibels nocturnes sont en nette hausse, et les filtres de cigarettes sont en passe de détrôner les déjections canines question pollution... sachant qu'ils ont, eux, une durée de vie de un à cinq ans.
Les débits de boisson, restaurants et bars à chicha ont parfois tenté de résister en se montant en clubs privés, une idée qui, trop fumeuse, a fait long feu.
D'autres ont créé, à grand frais, des fumoirs qui correspondent aux normes imposées. Mais l'expérience a tourné court, comme au Charlain, rue Clauzel.
Quant aux vingt bars à chicha que comptait l'arrondissement, la moitié n'ont pas survécu à la législation, soit qu'ils aient préféré s'installer ailleurs, soit qu'ils aient subi une fermeture administrative.
Pour les dix qui restent, si certains ont fait les aménagements nécessaires, les autres ont été verbalisés... dans un premier temps. "Nous sommes très vigilants, et nous le resterons également avec les autres établissements, précise le commissaire Stéphane Wierzba, car on voit les cigarettes réapparaître dans les terrasses fermées. Nous faisons preuve de discernement, nous ne voulons pas nuire aux activités commerçantes, mais nous avons averti les propriétaires. Si la loi n'est pas respectée, nous verbaliserons." A bon entendeur...
Emmanuelle Cohendet pour le Daily Neuvième