Pauline Dutheil (photo) et Clémence Gancel viennent d'ouvrir au 17 rue Henry Monnier une nouvelle boutique, Gals rock, tout entière dédiée à la culture rock féminine. On y trouve une sélection de CD et vinyles de jeunes artistes, notamment françaises, autrichiennes ou américaines. Le lieu propose également une ligne de vêtements dans l'esprit rock. Enfin, Pauline organise des concerts pour promouvoir les artistes qu'elle aime. Interview.
Pauline Dutheil: Avec Clémence, nous sommes passionnées de musique rock. Nous allons très fréquemment aux concerts et nous avons rencontré beaucoup d'artistes. Nous avions envie de partager notre passion et de soutenir plus particulièrement les chanteuses de rock. Ce projet a muri pendant quatre ans avant de nous installer rue Henry Monnier, un emplacement hautement légitime. Il est à deux pas de toutes les boutiques d'instruments de musique et à proximité également des deux maisons de production du 9e, Naïve et Pias qui nous soutiennent dans ce projet.
Pourquoi le neuvième? Ce n'est pas forcément le quartier des salles de concert ou des bars pour écouter du rock...
PD: Le quartier est en train de changer. Des créateurs s'y installent et avec Gals rock, j'ai envie de participer à ce changement.
Que veut dire Gals rock?
PD: En anglais, "Gals" est l'argot de "girls" qui signifie "filles" et "rock" veut dire "t'es génial"!
N'est-ce pas un pari un peu fou aujourd'hui de vendre des CD alors qu'il est facile d'acheter de la musique en ligne?
PD: J'ai la passion de l'objet même si je ne m'inscris pas dans l'air du temps. Le choix des disques est très éclectique. Par rock, l'on couvre autant l'électro que le folk ou la pop. Si l'on trouve les classiques comme Patti Smith, Marianne Faithfull ou Beth Dito du groupe Gossip, nous proposons des artistes qui méritent d'être plus largement connues. Par exemple, Clara Luzia a remporté les Victoires de la musique à Vienne en Autriche. Vale Poher, une lyonnaise de trente ans ou Helluvah font aussi partie de mes coups de cœur. Toutes les semaines, au rayon CD, il y a des nouveautés. Nous avons pas moins de 300 références.
Pourquoi mettre l'accent sur le rock féminin?
PD: J'avais envie de donner un coup de projecteur sur les femmes car on leur demande toujours plus par rapport aux hommes. Il est plus difficile pour une femme de réussir. Au delà de l'artiste, il faut un coté extravagant, provocateur et Beth Dito en est un exemple. Il faut exploiter son obésité et son homosexualité. C'est ce que je déplore. Je ne veux pas non plus stigmatiser mon engagement en excluant les hommes. L'idée est de soutenir des groupes où les femmes jouent un rôle majeur.
Vous proposez aussi une ligne de vêtements. Comment résumer le style rock?
PD: C'est un style androgyne, street wear, parfois aussi un look ado baskets et jeans qui écoute Nirvana en boucle dans sa chambre... Il y a aussi l'idée de l'uniforme et du classique représentée par la marque Fred Perry. J'aime beaucoup Vienne, où nous allons fréquemment avec Clémence. C'est une ville extrêmement dynamique par sa culture musicale et artistique. Nous avons déniché des créateurs qui fabriquent des tee-shirts en séries limitées. Ils sont très peu distribués en France.
Peut-on venir écouter de la musique au Gals Rock?
PD: En effet, nous allons organiser régulièrement des concerts soit privés soit publics car il y a une réelle demande. Mais les concerts que je prépare se déroulent majoritairement à l'International. Le prochain aura lieu le 25 janvier prochain avec Vale Poher, dont le groupe s'appellera dorénavant Mensch et Melissa Laveaux.
Où sortez-vous dans le 9e?
PD: Il n'y a pas grand chose dans l'arrondissement. J'aime bien le Petit Douai. A la différence de Vienne, Paris n'est pas une ville aussi bouillonnante. Les deux salles qui proposent une programmation vraiment bien sont le Point Éphémère dans le 10e, et l'International dans le 11e arrondissement.
Propos recueillis par Katia Kermoal
Gals rock, 17 rue Henry Monnier 75009 Paris. Du mardi au samedi de 12 à 21 heures et le dimanche de 10 à 18 heures.