Fréquentez-vous les esthéticiennes du 9e arrondissement? Le Daily Neuvième a essayé... Premier volet d'une série "bien-être et beauté" sous la forme de reportages dans les établissements du quartier. Coup d'envoi avec Citron vert, 60 rue de Provence. Et quelques surprises...
Rendez-vous à 10 heures. A l'heure pile, je pousse la porte. Ou plutôt j'essaie de la pousser, car elle est fermée. Me serais-je trompée ? Mais non, je suis sûre de moi. Je m'acharne, tandis que les trois jeunes femmes à l'intérieur me regardent d'abord sans réagir. L'une d'elles enfin prend des clefs, mais se contente de déverrouiller la porte avant de tourner les talons. Ça ne commence pas très bien...
Donc, je pousse la porte. A mon bonjour souriant, on répond sans entrain : Vous avez votre carte Smart box ? Ah non, quelle carte ? Mais on ne peut pas vous prendre sans, on a dû vous le dire au téléphone ! On ne m'a rien dit. Mais on ne prend que les Smart box sur rendez-vous!
Flottement...
L'une d'elles enfin concède, "il n'y a personne, on peut la prendre quand même". Ouf! Je contourne l'aspirateur bruyant pour la première cabine de ce cadre agréable aux couleurs claires. Mon esthéticienne est douce, mains gantées, mais se passera de la grosse lampe loupe à laquelle j'étais habituée ailleurs, et sans me demander ce que je souhaite, me colle six petites bandes de cire, dessous, dessus, avant d'enlever à la pince quatre ou cinq poils récalcitrants. Ça, c'est fait!
Puis direction le sous-sol aux lumières tamisées par des variateurs de lumière pour les cabines de soin. Lequel je préfère pour le visage? Sans regarder ma peau, on m'en propose deux : un soin nettoyant-éclat, un autre plus spécifiquement nettoyant, que je préfère.
Je dois demander une couverture - ce sera une serviette - car il ne fait pas très chaud en soutien-gorge (en fait, j'aurais pu garder mon pull, les mains douces ne descendront pas au-dessous de mon cou).
En une petite heure, le soin est exécuté, après deux brefs échanges polis qui m'apprennent qu'il sera à base de produits "agrumes et plantes". Je ne les sens pas pénétrer ma peau, j'ai du mal à distinguer si l'on en est au démaquillage, au gommage...
Front en feu
Le vaporisateur qui doit dilater mes pores est installé derrière ma tête, un peu avancé quand je fais remarquer que la vapeur n'atteint pas tout mon visage. Au bout de quelques secondes, mon front est en feu, j'essaie de m'en tirer toute seule avant d'appeler au secours. L'appareil est déplacé sur le côté, là, il devrait être efficace, en tout cas j'échappe au service des grands brûlés.
Mais le vrai point noir, ce sera... les points noirs : l'opération comédons promise consiste en six ou sept pressions, ce qui m'étonne, puisque mon dernier soin remonte à bien longtemps. Mais soyons juste : l'esthéticienne réussit un exploit puisque la chasse s'est faite dans la demi-pénombre !
Encore quelques légers passages de crèmes, et voilà!
Il m'en coûte 10 euros pour les sourcils, 39 euros pour le soin. Mais si je veux prendre un abonnement, ce sera encore beaucoup plus économique... Les au revoir sont plus chaleureux. De mon côté, c'est un adieu. Car ma glace me le confirme : côté sourcils, je peux reprendre ma pince. Quant à la peau de mon visage, je ne la sens ni ne la vois changée. Chez Citron vert, pour le soin comme pour l'accueil, je n'ai eu droit qu'à des zestes!
Emmanuelle Cohendet pour Le Daily Neuvième