Mensch, le quatrième film de Steve Suissia (photo DR), sort en salles ce mercredi 9 décembre. Un bon présage... Primé au festival de Sarlat (Grand prix de la ville, prix du meilleur scénario), ce polar réaliste a été tourné exclusivement dans le 9e, "un personnage du film à part entière" pour le réalisateur. Interview.
Mensch, c'est l'histoire d'un homme de 35 ans qui tente d'échapper à son destin de perceur de coffres-forts pour devenir un "Mensch", un homme. Et vous l'avez tourné dans le 9e...
Steve Suissa : Exclusivement dans le 9e ! C'était en janvier dernier, pendant six semaines. On y voit notamment la rue Richer, la cité Rougemont, les grands boulevards, la rue Saulnier, la rue de Trévise... tout le quartier du Faubourg Montmartre. C'est un personnage à part entière dans le film, il n'a jamais été filmé comme ça. J'ai trouvé intéressant de raconter aussi son histoire à travers un film.
Pourquoi le 9e, en quoi est-il différent des autres arrondissements?
S.S. : Le 9e, j'y suis né, j'y ai grandi, j'y vis encore (rue Richer, NDLR), et je ne voudrais pas le quitter. C'est un quartier populaire, avec une histoire, un mélange hétéroclite de gens et de lieux, entre les passages de Grévin, et plus haut, des rues résidentielles. Il est très authentique, sans fioritures, il laisse transparaître beaucoup de choses très différentes.
Mais il a changé depuis votre enfance. C'est en tout cas le sentiment de très nombreux habitants...
S.S. : Il a énormément changé mais le monde aussi. C'est vrai que des lieux auxquels j'étais attaché ont disparu, comme par exemple des cinémas. Cependant, il y a des choses qui restent les mêmes, comme la cité Rougemont, et les grands boulevards ne sont pas trop mal. Mes lieux de prédilection restent ceux où j'ai tourné, la place Saint-Georges, la cité Trévise, la rue des Martyrs... Quant à la "boboïsation" du quartier, elle touche seulement la rue des Martyrs, pas le Faubourg !
Aux côtés de Nicolas Cazalé, on retrouve Sami Frey, Anthony Delon, Maurice Benichou, et Sara Martin qui, selon les critiques, réalisent une belle performance d'acteurs. Partagent-ils votre amour du 9e ?
S.S. : Nicolas Cazalé, l'interprète principal, le connaissait déjà, comme Anthony Delon, mais là, il y a vécu trois mois avant le tournage, pour s'en imprégner. Certains l'ont découvert, comme Samy Frey. Quant à Sara Martins, elle y habite elle aussi.
Vous êtes content du premier accueil réservé à Mensch ?
S.S. : C'est un film très personnel, je pense que plus on est personnel, plus on est universel. Il a été primé à Sarlat, a eu des bonnes critiques de plusieurs journaux. Maintenant, il faut que le buzz se crée !
Propos recueillis par Emmanuelle Cohendet pour le Daily Neuvième
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