Faute de budget, les élèves ne peuvent pas profiter des quelques créneaux trouvés à la périphérie de Paris. Si les solutions "les meilleures possibles" ont été trouvées pour les clubs et associations privés du gymnase Paul Gauguin, transformé en centre de vaccination contre la grippe A , c'est loin d'être le cas pour les 460 élèves du collège Paul Gauguin, rue Milton.
"Il y a des relogements partiels, mais ils ne peuvent pas être satisfaisants et ne satisfont pas les enseignants et les familles", déplore le principal Gilles Soumare. Et pour cause: en temps normal, chacune des seize classes de ce collège doit avoir deux cours hebdomadaires d'EPS (éducation physique et sportive), l'un d'une heure, l'autre de deux heures, effectuées à 95% au gymnase Gauguin.
Or, les trois professeurs du collège, renvoyés par le Rectorat vers les coordinateurs des équipements, n'ont pu obtenir que 2/3 des créneaux nécessaires. Des solutions très théoriques en réalité, puisqu'elles concernent des équipements extérieurs (que faire quand il pleut ?) et surtout à la périphérie de Paris.
Des solutions insatisfaisantes
"Il faut au moins une demi-heure pour y aller, en bus ou en métro", expliquent deux d'entre eux, Grégoire Nedelec et Florence Credoz. Ce qui ampute largement nos cours de deux heures, et exclut ceux d'une heure. "Nous avions pensé faire ça plutôt que rien. Mais le problème, c'est que ces trajets ont un coût et qu'aucun budget ne nous est alloué!"Alors, hormis quelques créneaux à la piscine ou à Valeyre, les élèves jouent dans la cour (100 mètres de périmètre), étudient parfois l'histoire du sport, vont en étude, ou n'ont pas de cours du tout quand ceux-ci sont en début ou fin de journée.
"C'est toujours la même chose, pestent les professeurs, on nous fait passer un Capes pour enseigner et nous sommes toujours la dernière roue du char. Aurait-on supprimé trois mois de maths ou de français?"
En collaboration avec les parents d'élève de la FCPE, ils adressent des courriers au recteur, aux inspecteurs pédagogiques régionaux, à la mairie… "On ne s'attendait pas à une solution miracle, souligne encore Grégoire Nedelec, mais il n'y a eu aucune redistribution prioritaire des cours entre les établissements. Cela aurait pu être harmonisé par le Rectorat, en particulier pour les élèves de 3e. Ceux-ci doivent avoir des contrôles continus dans le cadre de leur brevet, ce qui pose des gros problèmes."
Pas de solidarité
Emmanuelle Cohendet pour le Daily Neuvième
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