Dans le 9e, tout le monde connaît ses girafes. Yves Henry (photo) est peintre et tient une galerie 6 avenue Trudaine. Cet artiste aux multiples facettes est aussi engagé auprès de l'association "Soleil d'enfance "pour laquelle il a monté l'opération 99 girafes. Récit d'une belle aventure.
Yves Henry a installé sa galerie dans le 9e il y a dix ans, lorsqu'il a abandonné son métier de décorateur d'intérieur pour vivre en "artiste peintre autodidacte" comme il se définit lui-même. Il dit aimer l'action painting, travailler beaucoup le collage sur ses tableaux, façon pop art des années 70. Et ça plait: "La galerie a marché très vite, alors j'ai décidé de partager ma chance et de faire quelque chose pour aider les enfants handicapés", explique-t-il.
A l'origine de cette décision, une rencontre. "Un de mes clients avait une enfant handicapée, se rappelle-t-il. Un jour où il était déprimé, je lui ai donné l'un de mes tableaux pour elle. Quand il m'a dit que ça avait redonné le sourire à sa fille, j'ai eu envie de continuer."
Yves Henry part à la recherche d'une association pour laquelle il serait utile, tâche plus difficile qu'il n'y parait. "Puis j'ai contacté Soleil d'enfance et on a tout de suite accroché, raconte-t-il. Leur objectif précis m'a plu: acheter des minicars pour les enfants handicapés en centres."
Des girafes magiques
Il s'est lancé à corps perdu dans cette cause depuis un an et demi. "Je voulais avoir de l'impact alors j'ai choisi un animal que tout le monde aime: la girafe", explique-t-il.
La forme de l'animal se prête bien aux sculptures. Yves Henry achète des girafes en papier mâché et commence à les relooker à la manière des crocodiles de Richard Orlinski. "Mes girafes sont une création artistique à part entière, elles sont même devenues ma signature", dit-il. Décorer une girafe lui prend une semaine, alors Yves Henry se fixe une limite: 99. Il n'en fera pas plus. "Je me suis bougé: j'ai organisé des freeze
mob dans les gares, je promenais mes girafes en pick-up ou
dans le métro dans tous Paris, raconte-t-il. Elle est vraiment
magique cette girafe, les gens aiment la toucher, l'embrasser, surtout
les enfants."
Une belle récompense
L'opération rencontre un succès qui surprend l'artiste lui-même. "J'arrive déjà au bout de mes 99 girafes, compte-t-il. 70 sont déjà achetées, par des particuliers le plus souvent." Avec les bénéfices dégagés grâce à leur vente, Yves Henry a acheté son premier minicar la semaine dernière. "Nous l'avons remis à un petit centre qui s'occupent d'autistes, explique-t-il, un peu ému. J'étais très fier de ce que j'avais fait."
L'artiste ne compte pas s'arrêter là. Un nouveau projet lui tient à cœur: l'implantation d'une balançoire pour enfants handicapés à Paris. "Il n'y en a qu'une à Nancy en France. Mon nouveau combat est de convaincre les élus d'en installer dans la capitale". Avec sa détermination, Yves Henry arrivera bien à se faire entendre...
Aude Gérard pour le Daily Neuvième