"Ouvert pour inventaire" est le nom de l'exposition sur le 9e arrondissement présentée jusqu'au 30 octobre à la Mairie, sise 6 rue Drouot. Des centaines de prises de vues du quartier traversent le temps. Chaque photo du passé est en miroir avec une photo prise aujourd'hui. Visite avec Jacques Ménage (photo), qui n'a jamais quitté la rue des Martyrs. Il y habite depuis sa naissance, il y a 77 ans.
Cette exposition est particulièrement émouvante pour Jacques Ménage. Il ne regarde pas seulement les anciennes photos du quartier comme un simple témoignage mais comme une tranche de vie et plus particulièrement la sienne, immortalisée par ces photos. La famille de Jacques Ménage est ancrée dans le 9e arrondissement depuis 1900. Ses parents se sont mariés en 1925 à la Mairie du 9e. Il est né, ainsi que sa sœur Huguette, au 3 rue des Martyrs, avant d'y déménager au 19 puis au 22.
Jacques se réjouit que son arrondissement n'ait pas souffert des bombardements de la seconde guerre mondiale. "Parfois, j'ai l'impression que rien n'a changé. Mais les rues sont plus belles car tous les bâtiments ont été ravalés. J'ai le souvenir d'immeubles complètement noirs", se rappelle Jacques.
Boulevard de Clichy, le spectacle permanent
Au fil de sa visite, Jacques se souvient du quartier Pigalle qui était un lieu de vie sans comparaison avec aujourd'hui. "Boulevards de Clichy, le spectacle était permanent. Il y avait des cracheurs de feu, des marchands, des musiciens et des baraques à frites. C'était un passage obligé pour tout provincial qui venait à Paris et qui cherchait à s'encanailler. Pigalle a perdu de sa superbe, regrette Jacques. Cela s'explique probablement par le modernisme. Le coquin se vit sur Internet maintenant."
Les commerces ouverts 7 jours sur 7
Selon Jacques, il y avait aussi beaucoup plus de monde dans les rues. Les rues des Martyrs, Hippolyte Lebas, Saint-Lazare, regroupaient de nombreux marchands de saison et les commerces étaient ouvert 7 jours sur 7.
"Les boulevards étaient beaucoup plus fréquentés qu'aujourd'hui, notamment le dimanche. Les parisiens n'avait pas de maison à la campagne. Les voyages que nous faisions avec ma mère en Seine-et-Marne consistaient à aller s'approvisionner en nourriture, se remémore-t-il. Nous cachions nos victuailles en raison des contrôles sous l'occupation. Nous avions, rue Rodier, une boulangerie qui acceptait les faux tickets de rationnement."
L'Hôtel Drouot et la rue Choron étaient un lieu de vie pour Jacques. "L'Hôtel Drouot n'a pas perdu de son attractivité, bien au contraire. Nous y allions souvent par temps de pluie. Les charges passaient de père en fils et de nombreux jeunes originaires de la Haute-Savoie se retrouvaient au patronage rue Choron. Il y avait une vie associative et d'entre-aide intense", ajoute Jacques. Le Daily Neuvième
Exposition visible jusqu'au 30 octobre à la Mairie du 9e arrondissement, 6 rue Drouot, 75009 Paris