Né à Alger d'un père russe médecin et d'une mère avocate, il rentre en France dans les années 60. Il s'installe avec sa mère à Nice. A sept ans, il entend pour la première fois de sa vie les Beatles. "Une jeune américaine de quatorze ans que j'avais rencontrée dans une pension de famille possédait un 45 tours des Beatles. J'ai écouté son disque et cela m'a rendu fou. Il me le fallait à tout prix, raconte Gregori. Ensuite, je tannais ma mère pour m'acheter des disques de mon groupe favori."
Comme un grand maniaque obsessionnel, Gregori va s'amuser des heures durant à accompagner les Beatles avec ses caisses de batterie faite de boites de lessive en carton. Plusieurs années plus tard, à l'âge de 9 ans, il viendra avec sa maman, rue Victor Massé, se faire offrir sa première caisse claire et cymbale. "Ça me rendait fou d'attendre mon cadeau pour Noël. J'étais fasciné par ces prostituées que je trouvais belles. Il y a avait une certaine poésie", se souvient-il.
Toute sa vie, Gregori est habité par la musique. Percussionniste, il enregistre pour Henry Salvador, Julien Clerc, Nicole Croisille ou Alain Chamfort. Dans les années 80 et 90, il sera le chanteur de Mikado, une période teintée de féeries qui rappellent celles de Pierre et Gilles. En solo, dans les années 90, Natacha sera un tube.
Récemment, il vient avec Philippe Katerine de signer la chanson "Les filles du Crazy" de la nouvelle revue du Crazy Horse mise en scène par Philippe Decouflé. Son nouvel album, qu'il espère sortir début janvier? "Il ne ressemble pas à ce que je fais d''habitude. Les textes sont drôles parfois tristes... Il y a de tout et c'est loufoque", résume-t-il. Je vais aussi m'amuser à chanter dans de petites salles au contact du public."
Entre son studio d'enregistrement et ses rares apparitions dans le quartier, voici son neuvième.
Un souvenir: Une belle histoire d'amour! J'ai croisé cette femme dans le quartier récemment. Le 9e c'est aussi ma vie avec mes deux enfants quand ils avaient entre 9 et 10 ans. Le lieu où j'habite abrite un sous-sol très bien aménagé où j'ai installé mon studio. Je suis un obsédé de l'indépendance alors je fais tout moi-même.
Un artiste: Dans les années 2000, j'ai lu les mémoires de Paul Léautaud. Il a passé son enfance rue Rodier. D'autres personnages? Offenbach et... Fernandel qui possédait l'immeuble du 15 avenue Trudaine.
Un lieu: Je vais au cinéma uniquement sur les grands Boulevards. J'ai un rituel immuable. Les après-midis, je descends seul la rue Rodier pour rejoindre la rue Laffitte et me retrouver sur le boulevard avec toutes les salles de cinéma.
Un café: J'aime bien les terrasses des cafés restaurants de l'avenue Trudaine. Je dîne peu au restaurant. Je travaille beaucoup chez moi et pour sortir de mon isolement, j'aime bien me mettre à une terrasse d'un café. Chez El Café, au coin de la rue Rodier et de la rue Condorcet, il y a beaucoup de chanteurs et musiciens qui s'y retrouvent.
Ce qu'il faudrait préserver: L'avenue Trudaine. Il ne faut pas que le 9e devienne trop à la mode comme cela a été le cas à Saint-Germain-des-Près. Dans le terme de Bobo, c'est le "bourgeois" qui me gène. Je souhaite que le quartier garde sa mixité sociale. Il ne faut pas qu'il devienne un arrondissement uniquement de blancs et de riches.
Propose recueillis par Katia Kermoal