Depuis deux ans, les Roms (photo CB) font la manche dans la journée et installent leur camp de fortune, le soir, à proximité des grands magasins, de la place de la Madeleine et des rues adjacentes. Environ 200 Roms campent dans ces rues. Cela crée des tensions avec les commerçants et les riverains, pour des raisons d'hygiène et de sécurité. La question de l'accompagnement social de cette population a été évoquée par Laurent Chabas, adjoint au Maire du 9e et responsable de la propreté dans l'arrondissement, lors du conseil de quartier Provence-Opéra, le 12 mars.
Les commerçants et les riverains n'ont pas caché leur exaspération concernant la présence des Roms dans les rues proches des grands magasins.
Ces personnes qui mendient dans la journée stockent leurs matelas et effets personnels dans des bouches d'aérations où des lieux comme les conduits de chauffage pouvant faire office de "consignes illégales". Le soir, des campements réunissent plusieurs dizaines personnes en des dortoirs improvisés sans aucune hygiène possible. Parfois, des barbecues de fortune sont allumés.
"L'occupation de l'espace public ne constitue pas une effraction sauf si elle met en cause l'ordre public", a répondu Laurent Chabas, visiblement embarrassé, à certaines personnes qui considèrent que "c'est une honte" de voir les Roms s'installer avec leur barda dans les rues.
Le stockage de leurs affaires sur les bouches de ventilations a déjà provoqué des départs de feux. "Des scellés ont été posées sur les grilles d'aération mais elles sont régulièrement enlevées", constate Laurent Chabas.
Le ramassage des matelas et des cartons semble une solution vaine pour l'élu. Les riverains ne sont pas d'accord. Ils considèrent qu'il faut le faire systématiquement et fréquemment pour décourager les Roms de camper.
"Nous avons, avec les services sociaux de la Mairie de Paris, sollicité les associations qui connaissent bien cette population. Leur action consiste notamment à les convaincre de rejoindre des centres d'hébergement mais les roms ne sollicitent rien, observe Laurent Chabas. Ils ne veulent pas de centre d'hébergement. Ils savent qu'ils ne seront jamais acceptés avec leurs animaux. Ils sont là pour trois mois, puis repartent deux mois pendant que de nouveaux Roms arrivent."
Gardes à vue
Laurent Chabas insiste sur le rôle limité de la municipalité en matière d'action sociale. "La Mairie de Paris n'a aucun pouvoir de police. Seuls les policiers peuvent verbaliser. Dans la situation actuelle, nous nous trouvons dans une impasse juridique. Seule l'absence de ressources financières pour vivre sur le territoire français peut conduire les policiers à intervenir. Il y a déjà eu des gardes à vue."
"Ce problème complexe va au delà du 9e arrondissement, poursuit-il. Il ne peut être résolu sans l'intervention de l'Etat, du Ministère de l'intérieur et du Préfet de police avec la Mairie de Paris". Prenant acte, les commerçants et les riverains demandent l'organisation d'une réunion avec l'ensemble des acteurs concernés par ce sujet. Le Daily Neuvième